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PRESSAFRIQUE
04.09.05 | |
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Katrina : chronique d'un chaos annoncé Une semaine après le passage
dévastateur de l'ouragan Katrina, les Etats-Unis commencent à prendre
conscience de l'ampleur de la catastrophe humanitaire qui pourrait devenir
sanitaire selon AP. A Biloxi, un centre d'hébergement a du être fermé en
raison d'une épidemie de dysenterie. Le secrétaire américain à la
Santé et aux Services humains Michael Leavitt évoque un bilan qui
pourrait être de plusieurs milliers de morts rejoignant les
déclarations du sénateur David Vitter qui estimait à au moins 10.000
morts le nombre de victimes de l'Ouragan Katrina tandisque le bilan
officiel en date du 03.09 se chiffrait à 164 morts selon Nouvel Obs.com . Des villes entières ont disparu sous les eaux
en Louisianne et dans le Mississipi. Selon un expert dans Libération,
"l
es digues mises en place en
Louisiane pour protéger une région côtière située au dessous du niveau de
la mer ont été construites pour faire face à des ouragans de catégorie 3
maximum. Or Katrina était de catégorie 4. Résultat : la digue du lac
Pontchartrain a cédé sous la furie de l'ouragan, qui a ouvert une brèche
de plus de soixante mètres dans le béton....Au point qu'aujourd'hui, elle
est majoritairement sous l'eau
." Incendies des logements à Paris, Région Parisienne : halte aux feux! Depuis le 15 avril, plus de
60 personnes pour la plupart issus de la communauté africaine sont mortes dans
des incendies qui ont frappé Paris et sa région. Même si ces incendies n'ont aucun
rapport entre eux, un certain nombre de ces incendies pourraient être
criminels. Le dernier en date, probablement criminel selon les
enquêteurs, a fait au moins 15 morts à l'Hay-les-roses dans la
nuit du 03.09.05 au 04.09. - 29 août: un feu éclate dans un immeuble vétuste
de la rue du Roi-Doré squatté par des ressortissants sans papiers d'origine ivoirienne dans le IIIe arrondissement, fait
sept morts, dont quatre enfants. L'hypothèse d'un incendie accidentel est
privilégié par les enquêteurs en raison de l'état d'insalubrité
de cet immeuble. Selon l'enquête en cours, un court-circuit aurait été
à l'origine du départ du feu. - 4 septembre: un incendie survenu dans un immeuble d'habitation type HLM de L'Hay-les-Roses (Val-de-Marne) fait au moins 15 morts, dont trois enfants. L'hypothèse criminelle est privilégiée par les enquêteurs, selon le maire, Patrick Sève(AP). Selon les enquêteurs, trois adolescentes de 16 à 18 ans pourraient être à l'origine de l'incendie, elles sont actuellement en garde vue. Cet immeuble n'était pas comme les précédents un immeube insalubre, il abritait des familles françaises dont bon nombre d'origine africaine.
Telle est la question que l'on peut
légitimement se poser à lire une certaine presse qui n'hésite pas à
euphémiser les crimes coloniaux de la France impériale et à user des
clichés coloniaux les plus méprisants envers les ressortissants africains.
Une histoire coloniale impensée qui resurgit sans cesse
de manière traumatique au regard de la conscience
collective. L'impensé colonial et néocolonial renforce les défenses
réactionnaires et stimagtise les minorités dites "visibles". Ces défenses
réactionnaires, marquées d'un fort atavisme colonial sont constituées
par le mépris et la falsification de la réalité entre autres petits
arrangements avec des faits historiques dérangeants. Le point d'orgue sans
aucun doute en est le traitement médiatique du génocide rwandais
par une presse française qui a marché dans les pas du régime
collaborationniste français de 1994,
sans jamais, à l'image du gouvernement, faire le moindre
méa-culpa. Jean-Paul Gouteux revient sur le traitement ethniste de
certains journaux du crime des crimes au Rwanda dans Dominion (Génocide rwandais : La presse française au ban des
accusés). Lire aussi le dossier exemplaire d'une école de
journalisme : JOURNALPES Méprises de parole :
quand les médias caricaturent... ou disent n'importe
quoi et les déclarations de journalistes qui ont couvert
le génocide rwandais dans Rwanda, les médias en question.
Cette conception fondée sur une approche emprunte de relativisme culturel justifiant l'infériorité des peuples africains, est un argument souvent repris par certains journalistes formatés aux clichés coloniaux véhiculés par une société néocoloniale qui n'a pas rompu avec ses schèmes de représentations raciologiques archaïques. Ceux-ci sont fondés sur le mépris de l'Autre et une catégorisation tribalo-ethnomaniaque des africains. Ainsi, Schneidermann n'hésitait pas à considérer dans un article de Libération (09.04.04), intitulé « Des reporters et un génocide »que les Rwandais avaient probablement « un autre rapport à la mort », et plutôt que d'évoquer les responsabilités françaises dans le génocide au Rwanda pourtant bien étayées, il n'hésitait pas à adopter la posture négrologique usuelle :« En contrepoint, les mots inattendus d'un autre reporter, Stephen Smith (le Monde). Il connaît l'Afrique aussi bien qu'Hatzfeld et Saint-Exupéry. Mais lui évoque le «péché d'orgueil» qui consiste à chercher «les clés de la tragédie rwandaise partout sauf au "pays des Mille Collines"». Troublante formule, parce qu'on y pressent quelque chose de juste. Oui, il y a du péché d'orgueil à ne nous intéresser qu'à nous-mêmes. Comme si les Africains eux-mêmes étaient incapables, seuls, d'une si mystérieuse monstruosité». Il suffit d'aborder les responsabilités de notre pays dans les crimes coloniaux et néocoloniaux et les "euphémisateurs" faisant "référence" sur la question surgissent et tentent de minimiser aux yeux de l'opinion publique ces abominations quant il ne s'agit pas purement et simplement de sombrer dans le révisionnisme le plus cynique voire le négationnisme. Lors de l'acte de repentance effectué par Jacques Chirac à Madagascar au sujet du massacre de plus 89.000 malgaches (selon l'état-major français en 1949) par les troupes coloniales françaises en 1947 qualifié par le président de "dérives du colonialisme", une partie de la presse conservatrice et progressiste s'était empressée d'en minimiser le bilan. Dans Le Figaro, ce massacre monstrueux se voyait qualifié du doux euphémisme de "troubles malgaches", La France fait acte de repentance,Le Figaro 22/07 (Philippe Goulliaud) : « Des paysans armés de sagaies et de coupe-coupe se livrent à des pillages et massacrent des colons français. Le gouvernement de Paul Ramadier et son ministre de la France d’Outre-Mer, le socialiste Marius Moutet, l’un des 80 parlementaires ayant refusé les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940, ne peuvent laisser faire. La répression est d’une violence extrême. On parle d’exécutions sommaires, de tortures, de rebelles précipités dans le vide depuis des avions militaires… À combien s’élève le bilan ? Aujourd’hui encore, personne ne peut le dire avec certitude. Certains, comme à l’époque le parti communiste, évoquent 100 000 à 150 000 morts. D’autres avancent 89 000 décès. Un chiffre aujourd’hui largement revu à la baisse. Il y aurait eu, selon certains historiens, moins de 10 000 morts dans les affrontements, 15 000 au total, si on prend en compte les conséquences de ces troubles malgaches. » Le Figaro, Libération et Le Monde se sont empressés de légitimer les positions d'un historien connu pour ses positions révisionnistes sur la question. Lire cet extrait édifiant dans l'article de Libération du 22.07.05 (15.000 ou 100.000 mille morts?) : «La répression fut bien moins excessive que ce que l'on propage depuis plus d'un demi-siècle», explique Jean Frémigacci. Maître de conférences à Paris-I, cet historien coordonne les travaux d'une équipe franco-malgache dirigée par Lucile Rabearimanana, de l'université d'Antananarivo. L'ouverture, il y a deux ans, des archives militaires permet d'aller dans le sens d'une diminution du nombre des victimes, initialement établi «sur les exagérations démesurées du Parti communiste», rapportait Jean Frémigacci dans les Nouvelles, un quotidien d'Antananarivo. «Il y a eu moins de 10 000 morts de mort violente, soit un peu moins de 2 000 Malgaches tués par les insurgés, entre 1 000 et 2 000 victimes de crimes de guerre, et 5 000 à 6 000 insurgés tués par les forces coloniales, disait-il. Avec les morts de misère physiologique, de malnutrition et de maladie en forêt, dont nombre d'enfants, de femmes et de vieillards, nos évaluations se situent entre 20 000 et 30 000 morts, qu'il n'est pas possible de présenter comme "tués par les forces coloniales".» Et nous n'aborderons pas le passage de cet article où la réaction outrée du représentant malgache face aux propos révisionnistes de Frémigacci est associée perfidement à "sa sensibilité communiste". Dans Billets d'Afrique (n°139, 29 mars 1947 : des chiffres et des mots autour d’un massacre), Jean-Luc Raharimanana, dresse une critique au vitriol de ce processus de révision de l'histoire : "Traduction : si ces gens se sont réfugiés dans la forêt pendant des mois et ont péri dedans, c’est de leur faute ! Si l’Occupant a brûlé les villages où ils s’approvisionnaient, brûlé les rizières où ils pouvaient s’alimenter, massacré les troupeaux qui pouvaient les nourrir, c’est de leur faute. Si les mitrailleuses des tirailleurs ou de la légion les attendaient à la lisière de la forêt, c’est de leur faute. S’ils ne voulaient pas se rendre, par orgueil, par liberté, s’ils ont préféré la mort au lieu de la servitude et de la colonisation, c’est de leur faute. A l’évidence oui, ils étaient morts tous seuls, seuls au monde…" Les trois quotidiens ont en vérité la même source : Jean Fremigacci, Maître de conférences à Paris I, Sorbonne. Cet historien a été dénoncé par l’AFASPA (Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique) comme celui qui a entrepris depuis des années de réécrire l’histoire de mars 1947. Selon Jean-Luc Raharimanana dans Billets d'Afrique (29 mars 1947 : des chiffres et des mots autour d’un massacre colonial), cet historien en juin 2001, lors du colloque « France et Afrique : répression des indépendances et décolonisation » organisé par l’association AIRCRIGE, suscita le scandale en attribuant le traumatisme des malgaches non sur la répression elle-même mais sur leur « désillusion romantique ». On l'aura bien compris, il s'agit d'euphémiser une réalité traumatique pour ne pas penser la dette imprescriptible de la France à l'égard de l'Afrique. Et l'on pourrait évoquer la polémique qui a opposé Alger à Paris concernant la non reconnaissance par le gouvernement français des crimes contre l'humanité qui ont jalonné la colonisation de l'Algérie où "l'extermination", la déportation, les internements arbitraires, l'apartheid socio-politique, la torture des indigènes furent systématisés du début de la pacification coloniale jusqu'à l'indépendance. Une longue généalogie de crimes contre l'humanité qui a décimé en Afrique sub-saharienne jusqu'à la moitié des populations selon des données démographiques (cf. massacres coloniaux). Cette généalogie de crimes contre l'humanité est considérée par la loi du 23 février 2005 votée à l'Assemblée nationale comme "un acte positif". A quand une loi pour glorifier l'action de notre pays au Rwanda? Même si Bouteflika a pris comme monnaie d'échange la mémoire coloniale traumatique de son peuple pour faire avaliser par le gouvernement français l'amnistie des crimes contre l'humanité de la junte alégrienne actuellement au pouvoir, il n'en reste pas moins vrai que cette loi n'est pas sans poser de graves questionnements au regard des prétendus droits de l'homme fondateurs de la Répubique. Faut-il croire qu'ils ne sont que subterfuges et que comme le considérait les Bugeaud, Pélissier, massacreurs du peuple algérien au moyen de razzias et d'enfumades, que des méthodes criminelles "dignes" des nazis sont justifiées pour civiliser les "races inférieures"? Que comme le considérait François Mitterrand, cité par Patrick de saint-Exupéry dans le Figaro , "dans ces pays là un génocide c'est pas trop important"? On aura bien compris que la presse n'est pas indépendante et qu'il est bien difficile pour les journalistes d'exprimer un point de vue divergent de l'histoire officielle que l'on est en train de batir pour les futures générations. Une presse dont 80% de l'édition et 70% des grands quotidiens sont contrôlés par les marchands de canons (Dassault, Lagardère...) eux-mêmes tributaires des commandes d'Etat, peut-elle faire autrement que de relayer la propagande nationaliste en vigueur? D'autant plus que l'AFP est contrôlée à plus de 50% par l'Etat. Une société néocoloniale qui se refuse à exhumer son passé colonial et renvoie les récalcitrants aux "euphémisateurs" de service (Pétré-Grenouilleau pour la traîte négrière et les politiques de circonstance, le Négrologue pour la Françafrique néocoloniale, les historiens révisionnistes pour les massacres coloniaux...). Lorsqu'Alger a demandé quelques comptes à Paris pour la loi du 23 février, on s'est empressé de l'adresser aux historiens tenants de la version officielle du discours national. (LE NOUVEL OBSERVATEUR 27.08.05 COLONISATION : Paris renvoie Bouteflika au travail des historiens). Une loi, pour reprendre l'expression de la Ligue des Droits de l'Homme qui "légalise un communautarisme nationaliste suscitant en réaction le communautarisme de groupes ainsi interdits de tout passé". On aura bien compris, il s'agit de nier le fardeau colonial pour éviter tout processus de réparation. Une stratégie de non reconnaissance fondée sur le mépris comme en témoigne un article assez révélateur (parmi d'autres) d'un correspondant du Monde épinglé par Amnistia.net dans la plus grande indifférence médiatique : Le mensuel Corsica, le correspondant du Monde et la nostalgie coloniale "Antoine Albertini nous raconte une anecdote des temps de guerre. Quand le jeune sous-lieutenant d'Infanterie de marine Charles Pellegrini rencontra Paul, "un ami du village": "Ensemble, ils vont traquer l'ennemi numéro un: un sanglier qui vient la nuit retourner la terre devant leur avant-poste. Pendant une battue, ils tomberont sur un autre gibier: la dernière bande de fellaghas du secteur, détruite en quelques rafales". Etrange parallèle que celui qui nous est imposé entre un sanglier et "un autre gibier": des guérilleros algériens, des hommes se battant pour l'indépendance de leur pays, dont la vie a été "détruite en quelques rafales". Une rafale, nous précise Antoine Albertini, qui a valu la première décoration de Pellegrini. "Avec des souvenirs pareils", insiste le journaliste, "normal qu'on le trouve chagriné du décès de son compagnon d'armes (Ce dernier vient de disparaître en cet été 2005)".Que de la normalité, sous la plume nonchalante et cynique d'Antoine Albertini...".
Selon un article du FIGARO en date du
31.08.05 (Lockerbie : doutes sur l'implication de
la Libye ) "De nouveaux éléments du
dossier et une révélation sensationnelle viennent tarauder le bien-fondé
du verdict qui, en janvier 2001, a condamné le Libyen Abdel Basset Ali
al-Megrahi à 27 ans de détention pour 270 meurtres : les 259 passagers et
membres d'équipage du vol PanAm 103 et 11 résidents du village de
Lockerbie, en Écosse." 17 ans après la tragédie
de Lockerbie : La Libye disculpée par un des enquêteurs (Le
Quotidien) |