PRESSAFRIQUE
 LES PREVISIONS CLIMATIQUES APOCALYPTIQUES DU PENTAGONE
 



« 
Vous avez un Président qui dit que le réchauffement global est un canular, et sur l'autre rive du Potomac, vous avez un Pentagone qui se prépare à des guerres climatiques. Il est assez effrayant de voir Bush se mettre à ignorer son propre gouvernement sur la question. » Rob Gueterbock(Greenpeace).1

Un rapport scientifique commandé par le Pentagone en Octobre 2003 sur les modifications climatiques liées à l'activité humaine contredit complètement la politique mise en place par le président Georges W. Bush. Le Pentagone avait demandé dans la plus grande confidentialité à des « chercheurs scientifiques » d'« imaginer l'impensable » concernant les conséquences des changements climatiques à venir. Commandé par un influent conseiller du Pentagone, Andrew Marshall, le document prédit que des changements climatiques brutaux pourraient mettre la planète au bord de l'anarchie et de la guerre nucléaire en raison d'une raréfaction de la nourriture, de l'eau et des sources d'énergie. Les conséquences désastreuses du réchauffement planétaire pourraient selon ce rapport se faire ressentir entre 2010-2020.

An Abrupt Climate Change Scenario and Its Implications for United
States National Security. October 2003. By Peter Schwartz and Doug Randall (fichier PDF )
Version française : Le scénario d'un brusque changement de climat et
ses implications pour la sécurité nationale des Etats-Unis. (fichier PDF ) [1]
EXTRAIT :

Il y a des preuves substantielles qui indiquent qu'un réchauffement global significatif aura lieu au cours du 21e siècle.Cependant, de récentes recherches suggèrent qu'il est possible que ce réchauffement progressif entraîne un ralentissement abrupt de la circulation thermohaline océanique, ce qui pourrait entraîner des hivers beaucoup plus rudes, une réduction drastique de l'humidité au sol et l'apparition de vents plus violents dans certaines des régions qui fournissent actuellement une partie importante de la production mondiale de nourriture.La recherche indique qu'à partir du moment où la température dépasse un certain seuil, des conditions météorologiques défavorables pourraient brusquement se développer, entraînant des changements persistants dans la circulation atmosphérique, ce qui provoquerait dans certaines régions des baisses de température de l'ordre de 2,75°C à 5,5°C en l'espace d'une seule décennie. Des faits climatiques datant du Paléolithique apportent la preuve que les perturbations climatiques pourraient s'étaler sur un siècle,

comme cela est déjà arrivé lorsque le courant océanique s'est effondré il y a 8200 années, ou, dans un cas extrême, pourrait durer jusqu'à mille ans, comme ce fut le cas durant l'ère du "Dryas Récent", qui a débuté il y a environ 12 700 ans. Dans ce rapport, qui propose un scénario différent de ceux si habituels d'un changement climatique progressif, nous décrivons un changement brusque, calqué sur l'événement qui s'est produit il y a 8200 ans et qui a duré 100 ans. Ce scénario de brusque changement est caractérisé par les conditions suivantes :

. Une baisse annuelle de la température moyenne de 2,75°C au-dessus de l'Asie et de l'Amérique du Nord et de 3,3°C en Europe.

. Une hausse annuelle de la température moyenne de 2,2°C dans toute l'Australie, l'Amérique du Sud et le sud de l'Afrique.

. Des sécheresses persistantes tout au long de la décennie dans des régions

agricoles vitales et dans les régions réservoirs d'eau pour les principaux bassins

de population en Europe et dans la partie est de l'Amérique du Nord.

. Les tempêtes de neige et les vents allant en s'intensifiant, amplifiant les impacts

des changements. L'Europe de l'Ouest et le Pacifique Nord connaissent des vents renforcés.

L'intention des chercheurs étaient de dramatiser les répercussions que celui-ci pourrait avoir sur la société si nous ne prenions aucune mesure. Les chercheurs se sont donc placés d'emblée dans une configuration d'aggravation climatique brutale, scénario moins probable que celui d'un réchauffement climatique progressif mais relativement inquiétant quant à ses conséquences sur l'écosystème de la terre et sa population. Censuré initialement par des responsables militaires du Pentagone, ce rapport a été révélé au grand public fin janvier par  la revue Fortune (CLIMATE COLLAPSE . The Pentagon's Weather Nightmare. The climate could change radically, and fast. That would be the mother of all national security issues. 26.01.04, By David Stipp).
S
elon le rapport de Randall et Schwartz, le déclenchement brutal du déséquilibre climatique en Europe serait essentiellement dû à l'interruption d'un mécanisme intrinsèquement fragile : le grand courant de l'atlantique. Il y aurait une interruption brutale du courant chaud du Gulf Stream, à cause de l'arrêt du courant froid de retour qui court sur le fond de l'Atlantique pour boucler la boucle en direction du sud. Ce courant de retour peut être interrompu par l'effet de la fonte accélérée des glaces et glaciers de l'arctique. Cette fonte accélérée des glaces de l'arctique composées d'eau douce, diminue la salinité de l'eau refroidie du Gulf Stream au terme de son périple (et donc sa densité), ce qui l'empêche de s'enfoncer au fond de l'océan et d'entâmer son lent retour vers la zone sub-tropicale du Golfe du Mexique via le sfonds marins. La circulation du Gulf Stream dans l'atlantique s'en trouve interrompu presqu'instantanément (enfin ça prendra quelques mois). L'Europe se trouvera ainsi privée de l'immense apport énergétique qui explique la douceur de son climat et retrouvera son « véritable » climat de zone nordique. (OBSAC, 22.02.04, Le Pentagone met Bush en garde : le réchauffement de la planète nous détruira tous !. Pierre Bigras). Ces changements climatiques risquent par ailleurs d'entraîner sécheresses, famines, émeutes voire conflit nucléaire dans d'autres parties du globe, estime les auteurs du rapport, Peter Schwartz, consultant à la CIA (centrale américaine du renseignement) et Doug Randall, du centre de recherches californien Global Business Network. Un mois après la publication de l'article de David Stipp dans Fortune, les quotidiens britaniques : The Guardian, The Observer et le quotidien américain Mother Jones révèleront eux aussi l'existence de ce rapport. Mother Jones (24.02.04, Feeling The Heat ) explique que les auteurs ont élaboré un scénario à moyen terme selon lequel en 2020, un refroidissement dramatique de certaines régions de l'hémisphère Nord, dû à un affaiblissement du Gulf Stream, provoquera « des hivers plus durs, des sécheresses hors du commun, de violentes tempêtes, le tout à une échelle apocalyptique, et que des vagues boat peoples seront rejetés dans l'errance. Les luttes pour les ressources de base comme le pétrole, la nourriture et l'eau seront le lot commun. La guerre et la famine causeront des millions de morts.l'humanité sera à nouveau défini par l'état de guerre ». « Le débat scientifique sur les changements climatiques devrait être élevé au rang de priorité de la sécurité nationale des Etats-Unis » rapporte Mother Jones.

Pour le journal The Guardian, (Now the Pentagon tells Bush: climate change will destroy us , Mark Townsend and Paul Harris in New York, Sunday February 22, 2004  (traduction française Maintenant le Pentagone avertit Bush : le changement climatique nous détruira, The Observer [1] le rapport du Pentagone confirme le phénomène de réchauffement climatique et affirme que celui-ci pourrait être beaucoup plus rapide que prévu. Ainsi selon le haut commandement américain, le climat du Royaume-Uni deviendra sibérien d'ici à 2020. L'Europe continentale verra sa température descendre de 3,3°C (6degré farenheit). Dès 2007, de violentes tempêtes pourraient détruire les digues aux Pays-Bas, rendant inhabitable une grande partie du pays ainsi que des villes comme La Haye. A l'instar du journal Mother Jones, The Guardian souligne l'aveuglement de l'équipe Bush et l'on peut d'ailleurs considérer que cette menace climatique pourrait de part ses implications sur l'humanité être bien supérieure à la menace terroriste. The Guardian considère que la politique néo-libérale de G.W. Bush ne répond qu'à deux signaux forts ceux du Pentagone et ceux des lobby militaro-industriel. Si ces prévisions s'avéraient fondées en totalité ou en partie Georges W. Bush, qui refuse de ratifier le protocole de Kyoto et minore l'impact de l'activité humaine (industrielle) sur notre écosystème, devrait en tenir compte et cela d'autant plus qu'elle émane d'un rapport interne du Pentagone. Dans l'article de l'Observer (Key findings of the Pentagon, Sunday February 22, 2004), reprenant le rapport du Pentagone, l'accès à l'eau pourrait être à l'origine de guerres du future qui ne seraient rien d'autres que des guerres de survie. Ainsi toutes les grandes régions fluviales telles que celles du Nil, de l'Amazone, du Danube pourraient être des régions à risque.

Key findings of the Pentagon, Sunday February 22, 2004
The Observer
EXTRAITS :
  • Les guerres de l'avenir seront des guerres de survie plutôt que des guerres religieuse, idéologiques ou d'honneur national.
  • D'ici à 2007 de violentes tempêtes fracasseront les digues côtières de la Hollande rendant une grande partie du pays inhabitable. Des villes comme La Haye devront être abandonnée. En Californie, les digues des îles du delta de la rivière Sacramento seront rompues, détruisant ainsi l'aqueduc qui transport l'eau potable du nord au sud de l'État.
  • Entre 2010 et 2020 l'Europe sera la région la plus durement touchée par le changement climatique, avec une baisse moyenne des température de 6 degrés Farenheit. Le climat du Royaume-Uni deviendra plus froid et plus sec et ressemblera de plus en plus à celui de la Sibérie.
  • Les morts causées par les guerres et les famines se conteront par millions, jusqu'à ce que la population planétaire soit réduite à une échelle que les ressources de la terre pourront supporter.
  • L'accès à l'eau deviendra une cause majeure de conflits. Le Nil, le Danube, et l'Amazone sont tous mentionnés dans l'étude du Pentagone, comme étant des zones à hauts risques.
  • Une 'baisse significative' de la capacité de la planète à maintenir la présente population humaine deviendra apparente au cours des 20 prochaines années.
  • Des zones riches comme les États-Unis et l'Europe deviendront virtuellement des 'forteresses' pour empêcher des millions de migrants d'y pénétrer après qu'ils auront été chassés de régions envahies par la mer ou incapables de produire des récoltes. Des vagues de boatpeople causeront des problème significatifs
  • La prolifération des armes nucléaire deviendra inévitable. Le Japon, la Corée du Sud et l'Allemagne développeront leur arsenal nucléaire, tout comme l'Iran, l'égypte et la Corée du Nord. Israel, la Chine, l'inde et le Pakistan seront continuellement à deux doigts d'utiliser l'arme atomique.
  • D'ici à l'an 2010 les États-Unis et l'Europe connaîtront 33% de jours de plus par année où les températures dépasseront 30 C. Avec la multiplication des tempêtes, des sécheresses et des canicules qui nuieront à l'agriculture, le climat deviendra un facteur économique négatif.
  • La vie de plus de 400 millions d'habitants dans les zones subtropicales deviendra extrêmement précaire.
  • L'Europe devra faire face à de graves tensions internes causées par une arrivée massives de personnes qui tenteront d'y trouver refuge. Un grand nombre de Scandinaves chercheront à se déplacer vers un climat plus chaud dans le sud de l'Europe. Cette même Europe méridionale sera prise d'assaut par des réfugiés en provenance des pays africains les plus durement touchés.
  • Des méga-sécheresses affecteront les greniers à blé de la planète, y compris le Midwest américain, où des vents violents causeront l'érosion des sols. L'immense population chinoise et la demande en aliment de cette dernière rendra la Chine particulièrement vulnérable. Le Bangladesh deviendra presque inhabitable à cause de l'augmentation du niveau de la mer qui contaminera les sources d'eau douce de ce pays.


Même si ces prévisions digne de Nostradamus restent faiblement probable, les auteurs ayant reconnus eux mêmes qu'ils ont pensé l'impensable et se sont mis dans un contexte des plus dramatiques, ce rapport a le mérite de tirer le signal d'alarme de gouvernements peu enclin aux considérations écologiques, pour les aider à mettre une politique préventive plus soucieuse de la nature, de l'homme et de son écosystème visant à éviter une catastrophe climatique.

Il semble bien que de nombreux scientifiques soient sur la même longueur d'ondes en soulignant les effets du réchauffement de la planète (même si la plupart s'accorde pour dire qu'il sera progressif). L'impact de l'activité humaine sur l'écosystème de la planète ne cesse de croître selon bon nombre de scientifiques. Ainsi dès décembre 2003, l'Institut de Géophysique Américaine confirmait la dégradation de l'écosystème avec un accroissement du monoxyde de Carbone qui pourrait n'avoir jamais été aussi élevé dans l'histoire. (BBC, US science body warns on climate , 16.12.2003)

Plus récemment un panel de Prix Nobel et d'illustres scientifiques accuse l'administration Bush de jeter la science au rebut quand elle ne va pas dans le sens des intérêts du lobby militaro-industriel et de n'en retenir que ce qui s'accorde à des fins commerciales. Intitulé "L'intégrité scientifique dans la décision politique", le rapport de 38 pages a été rendu public, mercredi 18 février, par l'Union des scientifiques inquiets (Union of Concerned Scientists )Il détaille les "distorsions" imputables à l'administration Bush, qui porteraient sur le changement climatique, la contraception, la protection des espèces, la santé publique, la recherche médicale ou encore la sécurité nucléaire.  Tandis que l'administration Bush réfute ce rapport scientifique en disant qu'il s'agit d'une manouvre politique à visée électorale selon Allan Bromley, conseiller scientifique de George Bush Senior. Il est probable que les scientifiques, déçus par les positions de Bush sonnent l'alerte pour être sûr que le candidat Kerry en tienne compte dans sa campagne. L'aveuglement de l'administration Bush, refusant toujours de ratifier le protocole de Kyoto et de s'intéresser aux questions écologiques urgentes,  est pour le moins inquiétant.


REFERENCES : 

- US National Security.
An Abrupt Climate Change Scenario and Its Implications for United
States National Security. October 2003. By Peter Schwartz and Doug Randall . fichier PDF  
 
- Fortune. Climate Collapse. The Pentagon's Weather Nightmare . The climate could change radically, and fast. That would be the mother of all national security issues. 26.01.04, By David Stipp .
- Observer.   Now the Pentagone tells Bush : climate change will destroy us, Mark Townsend and Paul Harris in New York, Sunday February 22, 2004.    
- Mother Jones 024.02.04. Feeling The Heat

- The Guardian.  Key findings of the Pentagon, Sunday February 22, 2004

- OBSAC ,22.02.04. Le Pentagone met Bush en garde : le réchauffement de la planète nous détruira tous!. Pierre Bigras.
-  BBC, US science body warns on climate , 16.12.2003)
-  Union of Concerned Scientists


1 Traduction des Humains Associés