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RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE EN AFRIQUE, IMPACT?
L'UNION AFRICAINE. Partout dans le monde, il semble que les principaux décideurs politiques soient sensibilisés au risque de réchauffement climatique et de ses effets désastreux sur l'écosystème et sur la population. Ainsi en Afrique, lors du sommet de l'Union Africaine (UA) à Syrte en Libye fin février 2004, le principal thème de discussion a porté sur le problème du partage et de l'utilisation de l'eau. Selon les experts de l'ONU, le continent compte pour environ 12% de la population mondiale et dispose de 9% des ressources en eau douce, inégalement réparties, mal utilisées et menacées. http://www.secheresse.info/article.php3?id_article=907
Lors du sommet de l'UA il a été décidé de favoriser des politiques concertées et les travaux d'assainissement pour permettre à tous d'accéder aux ressources hydrauliques et de faire « face aux problèmes de la désertification, de la conservation des sols, de l'eau et de la protection de l'environnement en vue d'un développement durable des ressources agricoles et animales ». Il s'agira d'encourager la conclusion « d'accords bilatéraux sur les ressources communes en eau » et charger les communautés économiques régionales de conclure les protocoles régionaux pour une gestion intégrée de l'eau mais aussi de renforcer les organisations de mise en valeur des bassins fluviaux et de créer, si nécessaire de nouvelles organisations pour le développement des ressources en eau.
La déclaration sur "les défis du développement durable de l'agriculture et des ressources en eau" entérine les recommandations des ministres qui préconisent notamment "une étude de faisabilité pour la création rapide du Fonds africain pour le développement de l'Agriculture". Elle veut aussi "accélérer la mise en place de la Banque africaine d'investissement pour assurer le financement de projets de développement dans les secteurs de l'agriculture et de l'eau".
IL est évident, qu'en cas de réchauffement climatique, si une politique d'assainissement n'est pas mise en ouvre avec des moyens financiers et techniques ad hoc, de futurs conflits pour l'acquisition de réserves d'eau risque d'apparaîtrent sur le continent. On peut donc aisément imaginer qu'ils se porteront autour des principales zones fluviales à savoir le Bassin du fleuve du Nil, du fleuve Congo et du Niger, principales réserves d'eau du continent.NIGER. C'est dans cette droite ligne que les 9 pays parcourus par le fleuve Niger se sont réunis à Paris, à la suite du sommet de l'UA, pour mettre en place une politique intégrée pour une gestion équitable des ressources hydriques que constituent le fleuve « Niger ». Les présidents du Niger, du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Mali, du Nigeria, du Tchad, le Premier ministre de Guinée et un ministre d'Etat de Côte-d'Ivoire ont signé la «Déclaration de Paris» qui fixe des principes de «bonne gouvernance pour un développement durable et partagé du bassin du Niger» et appelle à la mobilisation pour sauver le fleuve. En effet, 110 millions d'habitants vivent au bord du fleuve, long de 4 200 kilomètres. En 2020, ils seront probablement 200 millions. Leurs conditions de vie sont aujourd'hui menacées par l'assèchement du Niger et l'ensablement de son lit. Depuis les années 70, la baisse de la pluviométrie, les sécheresses à répétition et des techniques de production inadaptées ont engendré un déséquilibre écologique profond, de l'avis des experts. La navigation et la pêche sont devenues impossibles à certaines périodes. En 1984, le fleuve avait cessé de couler à Niamey (Niger) pendant trois jours. Cet incident s'est reproduit en août et le spectre de l'ensablement de l'un des plus grands fleuves du monde n'est plus une lointaine menace. (Neuf pays au chevet du Niger: A Paris, une conférence sur la gestion du fleuve, menacé par l'assèchement. Liberation 27/04/2004 ) http://www.africatime.com/niger/nouvelle.asp?no_nouvelle=115623&no_categorie
Même si le président Jacques Chirac a promis lors de son voyage au Niger, en octobre, une aide française de 10 millions d'euros, pour aider à l'aménagement du fleuve, cette somme est pour le moment insuffisante. Selon l'Autorité du bassin du Niger, plus de 32 millions d'euros sont nécessaires pour la réalisation des aménagements «prioritaires». Malheureusement lors de la déclaration de Paris, aucun nouveau financement n'a été annoncé par les bailleurs de fonds (Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement, Banque africaine de développement, Canada...) présents à la réunion.
NIL. Plusieurs pays se trouvent en situation de dépendance, parce que la nature les a placés en aval d'un fleuve que d'autres utilisent en premier : c'est le cas en Afrique pour le partage du Nil, entre le Soudan, l'Ethiopie et l'Egypte. Bénéficiant d'un traité colonial vieux de 75 ans, l'Egypte reste le principal bénéficiaire des ressources hydrauliques du Nil et cela au grand dam des pays riverains (Ethiopie, Soudan, Kenya). « Dès 1929, un accord signé par Londres au nom de ses colonies d'Afrique de l'Est a donné à l'Egypte un droit de véto sur toute l'utilisation des eaux qui mettait en péril son approvisionnement. En 1978, le président égyptien Anouar al-Sadate avait même menacé d'entrer en guerre contre l'Ethiopie si celle-ci ne renonçait pas à un projet de barrage sur le lac Tana..En vertu d'un traité signé en 1858 avec le Soudan, elle a en effet droit à 55,5 milliards de mètres cubes d'eau par an, sur un total de 84 milliards (débit moyen du fleuve)». Sans les eaux du Nil l'Egypte est un immense désert : seuls 4% de son territoire est habitable et cultivable, le Nil fournissant 95% des ressources hydrauliques de l'Egypte. « L'Egypte représente 28% de la population totale des riverains mais elle consomme déjà 66% des eaux du fleuve ». (L'Egypte refuse de partager son Nil aux trésors par Claude Guibal, Libération, 28 février 2004) http://www.liberation.fr/page.php?Article=182234 D'où vient donc l'attitude de retenue qui accompagne la possession de l'eau, dont tout le monde s'accorde à reconnaître l'importance et le caractère particulier dans les relations entre les pays détenteurs et les pays qui en manquent ? Il est évident qu'en cas de réchauffement climatique, si une politique concertée et intégrée n'est pas mise en oeuvre à l'échelle du continent, afin d'assurer une mise en valeur et une répartition équitable transfrontalière des ressources hydrauliques, les tensions entre pays riverains pour s'accaparer l'eau pourrait gérer des conflits armés. « Les querelles de l'Egypte avec les pays du Sud baignés par le Nil ne datent pas d'hier. Au XVIIIème siècle, des conflits armés l'avaient opposée à l'Ethiopie pour le contrôle du Nil Bleu (qui représente 85% des eaux du Nil arrivant en mer Méditerranée) ».
« Les guerres du futur seront des guerres pour l'eau estime Halifa Drammeth, directeur adjoint de la division légale du Programme pour l'environnement de l'ONU. L'accès à l'eau va devenir une question essentielle de l'agenda politique international ».
(La distribution, relique coloniale Par Alexis MASCIARELLI, Libération 28 février 2004 http://www.liberation.fr/page.php?Article=182235 )
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