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PRESSAFRIQUE |
| L'ami et le
souteneur des démocratures ouest-africaines n'a pas hésité a
déclaré mercredi 02.02.05 à Dakar, en présence d'Abdoulaye Wade
: "Le Président Mbeki a engagé
une négociation et nous le soutenons. Mais jusqu'ici, cela n'a pas eu un
effet particulièrement fort, il faut bien le reconnaître. C'est l'Afrique
de l'Ouest avec ses propres caractéristiques, il faut bien la connaître et
je souhaite beaucoup que le Président Mbeki s'immerge dans l'Afrique de
l'Ouest pour comprendre la psychologie et l'âme de l'Afrique de l'Ouest,
car dans les périodes de crise, il faut connaître la psychologie et l'âme
des gens" (1). Avec de tels arguments objectifs, Jacques Chirac voulait-il faire part de sa connaissance de la "psychologie et de l'âme des gens" africains, c'est à dire de ces peuples qui ne sont pas encore "mûrs pour la démocratie" et "naturellement joyeux"(2)? Ou bien s'agissait-il de faire part de son analyse psychologique des "gens" décideurs et criminels contre l'humanité sévissant dans la région avec l'indéfectible appui de leurs parrains françafricains(3) dont Sassou Nguesso éternellement reconnaissant(4)? Dans cette même conférence de presse le président a enfoncé un peu plus le clou à l'égard du rival Mbecki, évoquant l'absence d'efficacité de la mission Mbeki dont l'implication pour l'instant "n'a pas eu un effet particulièrement fort"(1 ). Il faut bien reconnaître que la décision de bombarder de manière unilatérale, toute la flotte aérienne de la Côte d'Ivoire suite aux bombardements du camp militaire français de Bouaké a eu un impact particulièrement fort sur le processus de paix et sur nos ressortissants à Abidjan. Heureusement, non avare de pirouettes rhétoriques en tout genre le chef de l'état français après le tollé soulevé en Afrique du sud et ailleurs par ses déclarations a su amorcer un virage à 180° en revenant sur ses déclarations de la veille à Dakar : "Nous soutenons sans réserves les accords d'Accra III et la médiation de l'Union africaine menée avec méthode et autorité par le président Mbeki". Ces couacs entre la délégation française et la mission de l'Union Africaine conduite par Tabo Mbeki exprime plus qu'une simple divergence de point de vue quant à la gestion de la crise ivoirienne. A la vision néocoloniale françafricaine s'oppose celle plus panafricaine de Tabo Mbeki avec des conceptions différentes quant à la légitimité des peuples d'Afrique de l'Ouest ou d'ailleurs à aspirer à la démocratie. Faut-il rappeler le soutien équivoque apporté par une partie de la Françafrique au tyran Blaise Compaoré pour armer les rebelles ivoiriens en Septembre 2002 à partir du Burkina Faso?(5, 6, 7) Référence : 1. LE MONDE (FRATERNITE MATIN 05.02.05) MBEKI SE FÂCHE, CHIRAC RECULE 2. MWINDA 27.11.04 « Jacques Chirac et son Africain » 3. PRESSAFRIQUE juin 2004 La Face cachée de la politique africaine de la France 4. LIBERATION 05.02.05 (AFRICATIME) Jacques Chirac en visite chez son ami Sassou 5. LE FIGARO 26.11.04 Blaise Compaoré au centre des intrigues de la région 6.CANARD ENCHAINE 17 au 23.11.04 "La mystérieuse virée de trois barbouzes tricolores en Côte d'Ivoire" 7. BILLETS D'AFRIQUE Novembre 2004Paris pas blanc PRESSAFRIQUE 05.02.05 |