PRESSAFRIQUE 01.05.05 J+7
 CRIME CONTRE L'HUMANITE AU TOGO -DENI DE DEMOCRATIE - LE "COUP DE BLUFF' DE LA  CEDEAO ET DE CHIRAC 

 Faure Eyadéma sans la constitution d'un gouvernement d'union nationale se retrouve dans une situation des plus difficiles. En effet malgré les pressions exercées par Chirac, selon Comi Toulabor et Le Monde cité par Togoélections,pour que la communauté internationale reconnaisse son élection, il n'a aucune légitimité internationale. Pour l'instant, ni les USA, ni le Canada, ni l'UE, ont reconnu Faure comme le président des Togolais le plaçant dans la nécessité impérieuse d'un compromis avec l'opposition. Même en France seule la Chiraquie a reconnu ce gouvernement d'usurpation tellement la fraude était de grande ampleur et évidente (selon l'UE d'après Diastode , voir les images de la fraude sur le journal du 29.04.05 à 09h00GMT TV5 ). Ni le parti socialiste français ni le parti des verts ne reconnaissent cette démocrature.  Ce gouvernement d'union nationale relève selon Chirac d'un stratagème délibéré de "coup de bluff" selon ses propres termes (d'après Comi Toulabor). Il faut donc diviser l'opposition comme Faure et Obasanjo avaient commencé à le faire à la veille du scrutin en tentant d'arracher l'accord de Gilchrist Olympio dans la perspective du trucage des élections qui allait donner Faure gagnant. Si Faure ne parvenait pas à diviser l'opposition, son pouvoir n'aurait aux yeux du monde aucune légitimité. l'Allemagne suite à l'incendie du centre Goethe par les milices du RPT, ayant déja décidé de faire partir ses ressortissants et a dit ne plus vouloir investir au Togo obligeant la Chiraquie par la voie de Mattéi à condamner fermement cet acte inadmissible. La même France qui a qualifié l'assassinat de  plusieurs personnes par les militaires de la junte lors du scrutin du 24.04.05 "d'incidents isolés" exprime encore une fois son mépris raciste à la face des peuples d'Afrique francophone qu'elle entend maintenir sous sa coupe.

Si Faure ne parvenait pas à obtenir cette division de l'opposition, il pourrait très vite se voir accuser de crimes contre l'humanité au regard des massacres perpétrés par la junte militaire au pouvoir. Et Chirac de complicité de crimes contre l'humanité. Car les médias occidentaux ont beau minimiser le bilan de la contre-insurection où le compteur médiatique semble bloqué à 22 morts à Lomé d'après les sources hospitalières. La Chiraquie, la junte togolaise ont beau qualifier le drame du Togo, de violences, d'émeutes, il n'en est rien. Il s'agit d'un massacre. Pour preuve, la répression a été telle qu'au moins 11.000 personnes ont du fuir au Bénin ou au Ghana selon le HCR. La plupart des sources indépendantes (envoyés spéciaux, observateurs indépendants) ont révélé que les militaires et les milices n'arrêtaient pas les manifestants mais tiraient à balles réelles (L'Humanité 29.04.05,  Libération 28.04.05 , L'Humanité 27.04.05) , des milices descendaient dans les fiefs de l'opposition pour terroriser la population : viols massacres, tirs à balles réelles. Il a même été question "d'escadrons de la mort' (Le Togolais.com et la Ligue Togolaise des droits de l'Homme) venus faire des rafles et nettoyer les fiefs de l'opposition : disparitions massives de personnes, violences, tueries, répression avec des chars à Atakpamé contraignant la population à fuir massivement (Togoélections 30.04.05  Togoélections 29.04.05). Beaucoup de blessés ont agonisé chez eux devant l'impossibilité d'obtenir du secours ou de peur d'être achevés par les milices dans les hôpitaux. La Croix-rouge dans la seule ville de Lomé a soigné 150 blessés dont l'AFP confirme que 90% des blessés à Lomé l'étaient par balles. Tandis qu'ailleurs selon l'AP (29.04.05), une répression des plus violentes s'est abbatue sur la population, l'AP fait état d'un enfant de 6 ans tué par balles par des miliciens du RPT. Le bilan donné par l'opposition qui semble le plus probable se chiffre sans doute en centaines de morts et en milliers de blessés par balles. Koffi Yamgnane ( AFP 28.04.05)  évoque d'après ses sources à Lomé un bilan d'au moins cent morts dans la capitale. Les médias étant muselés, et n'ayant pas accès au reste du pays le bilan pourrait être beaucoup plus élevé. On ne saura sans doute que beaucoup plus tardivement l'ampleur des massacres des populations civiles par la junte militaire de Baby Gnass.

La stratégie de propagande de la junte au pouvoir est de définir les évènements dramatiques ayant eu lieu au Togo comme le bilan des émeutes, minimisant sa responsabilité dans les massacres qui ont eu lieu dans tout le pays. Ainsi on dénombre effectivement la mort de 8 Maliens et d'1 Nigérien  (confirmée par les autorités politiques du Mali) lynchés par la population en insurrection parcequ'ils étaient originaire de pays appartenant à la CEDEAO (à confirmer néanmoins de sources sûres car la junte avait attribué initialement ces morts à des ressortissants du Niger, pays qui a infirmé ces faits). Selon le pouvoir les présumés criminels auraient été arrêtés. Si ils étaient avérés responsable dans ces crimes, ils devront bien sûr être jugés par une justice impartiale. De même que les auteurs de crimes contre l'humanité de Baby Gnass devront être jugés devant la cour pénale internationale en raison de l'importance des  massacres.  Ces crimes relèvent de la cour pénale selon l'article 7 de la CPI : il y a eu en effet une attaque généralisée ou systématique dirigée contre la population civile dans les fiefs de l'opposition et en connaissance de l'attaque, des  meurtres a une échelle importante pouvant à bien des égards ,rien qu'à Lomé, être qualifiés de massacres, des transferts forcés de population et la disparition forcée de personnes ont été observés à Aného et Atakpamé, et dans d'autres villes tels que Sokodé. Ces massacres engagent directement la responsabilité de Baby Gnass sous l'aile protectrice de son mentor Jacques Chirac. Un recours pourrait être fait en ce sens auprès de la CPI. Considérer ce qui s'est passé au Togo comme de simples émeutes, comme des "incidents isolés", comme de simples violences, comme le résultat d'un affrontement entre partisan du RPT et de l'opposition s'est faire injure aux peuples africains et afficher tout son mépris en une sorte d'énième déshumanisation des citoyens africains d'Afrique francophone.        

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