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    USA-AFRIQUE : DE LA CONSTRUCTION DE L'ENNEMI?

« Pour survivre l'Empire a besoin d'un ennemi et de faire la guerre : une guerre sans fin.» Richard Labévière, rédacteur en chef et éditorialiste à Radio France Internationale.

      Au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste les USA déploient leur troupe dans toute l'Afrique. Le déploiement des troupes correspond souvent aux zones géopolitiques stratégiques (Djibouti, ) ou particulièrement riche en pétrole (Algérie, golfe de Guinée : Nigeria, Gabon, Sao Tomé). Le prétexte est la lutte contre les terroristes islamistes avec une justification fondée le plus souvent sur des présupposés psychoethniques que l'on pourrait qualifier aisément de raciologiques. Ainsi un amiral de la Navy a justifié le récent déploiement des forces américaines dans le Golfe de Guinée de la manière suivante : 
 « 
Notre priorité, c'est la lutte contre le terrorisme parce que les terroristes peuvent quitter le Moyen-Orient pour l'Afrique, où les frontières sont poreuses et les contrôles moins efficaces, c'est une éventualité", a-t-il noté, en citant notamment le cas du nord du Nigeria, « majoritairement musulman ». (AFP, 04.06.04)

      Les zones à haute densité de musulmans deviennent de façon logique des zones à risque, des zones qu'il faut contrôler militairement. Mais l'on en devine aisément les intentions sous-jacentes au discours de démonisation du musulman intégriste. Une partie de la presse nigériane a interprété cette opération comme une volonté américaine de protéger ses intérêts économiques et notamment pétroliers dans le Golfe de Guinée et surtout au Nigeria, premier producteur et exportateur de pétrole brut du continent africain. Mais aucune opération commune n'est prévue cette fois. Au prétexte de relancer l'ancien programme de sécurité des côtes africaines, pour assurer la défense des côtes africaines, le secrétaire d'Etat adjoint américain en charge des Affaires africaines, Charles Snyder, dans un discours le 13 avril, avait déclaré :

"Nous devons relancer et nous allons relancer le vieux Programme de sécurité des côtes africaines qui aide les forces de sécurité africaines à protéger leurs rivages et leurs ressources maritimes", soulignant que la plupart des gisement pétroliers en Afrique sont off-shore . "Personne ne peut protéger (ces gisements), sauf si nous bâtissons des flottes sur les côtes africaines", avait-il ajouté, expliquant que "les Etats-Unis ont de réels intérêts en Afrique. L'Afrique va nous fournir 30% de notre pétrole dans les dix prochaines années"(AFP, 04.06.04).

"Le pétrole vient de fournisseurs traditionnels comme le Nigeria, le Gabon et l'Angola, mais aussi de producteurs émergents comme la Guinée Equatoriale, le Tchad, Sao Tome et Principe", a-t-il indiqué. (source AFP, 04.06.04)

 Démonstration de force" américaine dans le Golfe de Guinée
LAGOS, 4 juin (AFP) - 15h38 - La marine américaine, dans le cadre d'une opération mondiale baptisée "Summer Pulse 04", va effectuer à partir de la semaine prochaine et jusqu'en août "une démonstration de force" dans le Golfe de Guinée, a appris l'AFP vendredi de source diplomatique au Nigeria...                    
          
           

La marine américaine en opération - 7/6/2004

Acheter du pétrole aux producteurs d'Afrique centrale, c'est bien, sécuriser les acheminements, c'est encore mieux. A partir de cette semaine, la marine US lance l'opération « Summer Pulse O4 ». Sept porte-avions et leurs bâtiments d'escorte sont engagés dans cet exercice.

En l'espace de quelques semaines, la Maison Blanche a reçu deux visiteurs de marque, le président d'Angola, José Eduardo Dos Santos et celui du Gabon, Omar Bongo Ondimba. Pas vraiment un hasard. L'administration américaine s'est lancée dans une campagne de séduction en direction des pays du Golfe de Guinée et, plus particulièrement, vers ceux disposant de richesses énergétiques. C'est le cas de l'Angola, du Gabon, mais aussi de la Guinée Equatoriale et du Congo Brazzaville. Notre priorité, c'est la lutte contre le terrorisme parce que les terroristes peuvent quitter le Moyen-Orient pour l'Afrique, où les frontières sont poreuses et les contrôles moins efficaces, c'est une éventualité", explique un responsable US.

Dans un discours le 13 avril, le secrétaire d'Etat adjoint américain en charge des Affaires africaines, Charles Snyder avait déclaré que son pays allait relancer l'ancien Programme de sécurité des côtes africaines.

« L'Afrique va nous fournir 30% de notre pétrole dans les dix prochaines années" (a déclaré Charles Snyder).  

"Le pétrole vient de fournisseurs traditionnels comme le Nigeria, le Gabon et l'Angola, mais aussi de producteurs émergents comme la Guinée Equatoriale, le Tchad, Sao Tome et Principe", a-t-il dit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 


     Soucieux de son ravitaillement en pétrole les USA lorgnent de plus en plus sur les réserves africaines (mahgreb et afrique centrale). Ainsi au prétexte du terrorisme, la néocolonisation de ces zones s'installe par les pressions économiques ou/et par l'installation de base militaire dans ces pays. En Algérie, selon Richard Labévière, chef du service de politique internationale de RFI, les USA auraient installé une base militaire au sud de Tamanrasset.

 

               

 Cela nous amène à parler de la fameuse base américaine à l'extrême Sud algérien. Une information démentie par les autorités algériennes, mais également par l'ambassade des Etats-Unis.
Bien sûr que les Américains ne reconnaîtront pas publiquement l'existence de cette base. Pourtant, elle existe bel et bien au sud de Tamanrasset. Cette petite base fait partie d'un dispositif secret qui dépend du commandement des forces américaines en Europe. Cette base a, entre autres missions, d'épauler les armées de la région sahélienne, notamment celles du Mali et de la Mauritanie dans leur lutte antiterroriste et d'assurer la formation d'une élite spécialisée dan la lutte antiterroriste.
Richard Labévière
Propos recueillis par Ghada Hamrouche.Le Matin.


Selon Salih Booker et Anne-Louise Colgan, expert et analyste deForeign Policy in Focus ,
les priorités de l'administration Bush ont eu un impact globalement négatif sur les pays africains. La lutte contre le terrorisme et la mésaventure américaine en Irak se sont soldées par une baisse drastique des aides économiques et politiques envers les pays africains. La maison blanche aurait par ailleurs évaluée et définie ses priorités sur le continent africain en fonction des zones riches en pétrole et des possibilité d'installation de bases militaires. Plus grave les priorités en terme de santé, notamment de lutte contre le SIDA et de lutte contre la pauvreté, sont délibérément oubliées ou sabordées par l'administration Bush . 

       

More broadly, to the extent that U.S. actions undermine the very notion of multilateralism, they are directly at odds with Africa 's interests. Africa 's priorities--the fight against HIV/AIDS and poverty--are being ignored, as U.S. unilateralism threatens the principle of international cooperation.
Foreign Policy in Focus . Africa Policy Outlook 2004


Africa and AIDS activists say the Bush Administration's pledge to expedite its approval process for low-cost, generic anti-retroviral drugs by the U.S. Food and Drug Administration will really slow delivery of drugs to those suffering while undermining the authority of the United Nations and World Health Organization.
Bush's AIDS Relief Plan Will Delay Drugs, Reward Big Pharma
 


     En somme derrière les raisons hautement généreuses et la lutte contre le terrorisme islamiste invoquées par WASHINGTON il n'y a rien d'autre qu'une guerre de conquête pour capter l'or noir et piller les richesses africaines. Elle aboutit indéniablement à légitimer et surmilitariser des régimes criminels tout en fermant les yeux sur les atteintes aux droits de l'homme et en renforçant l'installation de bases US en Afrique. Au sommet du récent G8, G.W. Bush est allé jusqu'à proposer que l'aide au développement soit fournie par des sociétés privées, autant dire un désengagement total de l'aide humanitaire US en Afrique .

    

L'ancien premier minisitre centrafricain dénonce l'égoïsme américain.
AFP 11.06.04

Les dirigeants des pays les plus riches réunis en sommet du G8 à Sea Island, aux Etats-Unis ont invité jeudi des chefs d'Etat africains à déjeuner pour les entendre mais n'ont pris aucune mesure concrète et immédiate pour soulager le continent le plus pauvre au monde. L'ancien Premier ministre centrafricain et essayiste Jean-Paul Ngoupandé, auteur de l'ouvrage "L'Afrique sans la France", dénonce "l'égoïsme de l'hyperpuissance américaine" dans un entretien téléphonique, depuis Bangui.
QUESTION - Quel enseignement tirez-vous de ce nouveau sommet du G8 qui ne semble pas s'être engagé à aider enfin l'Afrique à sortir de la misère?
REPONSE - Je trouve ça scandaleux, c'est la preuve de l'égoïsme d'une hyperpuissance foncièrement attachée à ses intérêts. Mais la vision que les Etats-Unis ont de leur intérêt est tellement étriquée qu'ils ne se rendent pas compte qu'en étant aussi égoïstes, ils créent de nouveaux problèmes ailleurs, de nouveaux Irak. Ils agissent en fonction de leurs intérêts et de leur idéologie. Mais la chose la plus surprenante que j'ai entendue pendant ce G8 est cette histoire de faire financer l'aide au développement par des fondations privées, c'est typiquement américain cette idée, alors que l'Aide publique au développement reste une nécessité.



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