|
Selon
le PNUD les pays riches entravent la croissance
des pays en développement Selon un rapport de
372 pages publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) et présenté mercredi 06.09.05 à New-York et à Vienne, de nombreux
pays régressent quant à leur croissance en dépit de certains progrès.
Ce rapport évalue le "développement humain" à partir de trois indices : la
santé et l'espérance de vie, l'alphabétisation et la scolarité, le produit
intérieur brut par habitant. Pour la cinquième année consécutive la
Norvège est en tête de l'indice mondial du développement
humain tandis que le Niger est descendu en dernière place. Selon
les résultats du rapport on constate une augmentation de la pauvreté dans
des pays dits à développement élevés ( USA, Australie, Royaume-Uni,
Belgique, Suède) et un appauvrisement de nombreux pays à faible ou moyen
développement. Dans les pays à développement élevé, les disparités
économiques sont de plus en plus fortes entre les couches sociales
favorisées et défavorisées. C'est particulièrement vrai aux USA où
selon le PNUD, une partie de la population est en voie de
tiers-mondisation notamment les minorités ethniques afro-américaines
et hispano-américaines. Selon le PNUD "Les indicateurs de santé
publique aux Etats-Unis sont biaisés par des inégalités profondes liées au
revenu, à la couverture par l'assurance santé, à la race, à l'origine
ethnique, à la situation géographique et - ce qui est grave - à l'accès
aux soins..." Depuis 2000, la
mortalité infantile aurait augmenté en l'espace de trois ans. Du fait
du manque de couverture sociale, d'assurance santé, de nombreux américains
ne peuvent disposer de soins médicaux adaptés entraînant une augmentation
de la morbi-mortalité. Selon le PNUD "L'Institute of
Medecine estime qu'au moins 18 000 Américains meurent prématurément chaque
année uniquement parce qu'ils n'ont pas d'assurance santé".
La chute de l'espérance de vie dans le monde est dûe pour partie aux pandémies tels
que le VIH, la tuberculose, le
paludisme... entraînant un véritable choc démographique notamment au
Bostwana où l'espérance de vie a chuté de 31 ans mais aussi aux guerres.
Le
réseau Voltaire signale "...les décès dûs à la guerre. Dans la
période considérée, le carnage le plus important n'a pas été commis dans
le conflit le plus médiatique. Ce ne sont ni le génocide du Rwanda, ni les
guerres de Yougoslavie, d'Afghanistan et d'Irak qui ont été les plus
meurtrières, mais celle du Congo avec plus de 4 millions de morts, soit le
bilan le plus lourd depuis la seconde guerre
mondiale".
Le rapport du PNUD met particulièrement
en évidence la manière dont les politiques commerciales inéquitables des
pays riches constituent un frein à la croissance des pays à
faible ou moyen "développement humain". "Les barrières commerciales
auxquelles sont confrontés les pays en développement exportant vers les
pays riches sont, en moyenne, trois fois plus élevées que celles qui
frappent les échanges entre pays riches". De même, les pays pauvres
constituent les deux tiers des recettes douanières des pays riches alors
que les importations en provenance des pays pauvres sont considérablement
limités. Au point de maintenir des "inégalités obscènes" selon ce rapport
: "Cette taxation perverse et ces politiques commerciales
inéquitables continuent d'empêcher des millions d'habitants dans les pays
les plus pauvres du monde de sortir de la pauvreté, maintenant des
inégalités obscènes ". Les subventions agricoles versées par
les pays riches leur "permettent de garder un quasi monopole sur
le marché mondial des exportations". Ainsi "Les pays en
développement perdent environ 24 milliards de dollars (USD, 19,7 Milliards
d'euros) par an en raison du protectionnisme agricole et des subventions
pratiquées
" par les
pays riches (signalé par l'AFP,
07.09.05, Les pays riches empêchent la croissance des pays pauvres, selon le
PNUD).
Qui a
organisé les attentats terroristes à Paris en 1995? Un article
du Guardian (THE GUARDIAN 08.09.05,
Who really bombed Paris?) revient sur la
responsabilité des services secrets algériens concernant les attentats
terroristes qui ont touché la France en 1995. En s'appuyant sur le travail
d'investigation de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire
publiés dans "La Françalgérie" ainsi que celui de
François Gèze, Narina Bouteldja, journaliste française et chercheuse au
Transnational Institut, évoque l'instrumentalisation du terrorisme
par la junte militaire algérienne. Celle-ci est parvenue au pouvoir par la
force en annulant la victoire du FIS dont
le programme religieux intégriste et de nationalisation était contraire
aux intérêts de la France et de l'oligarchie militaire algérienne. Cette
arrivée au pouvoir par un coup d'état militaire soutenu par la France
s'est faite par la diabolisation du FIS en l'associant au terrorisme
fortement organisé en sous-main par la junte militaire algérienne. A
cette fin, dès 1992, les services secret algériens ont infiltré les
réseaux islamistes et ont pris la tête du GIA en 1994 en y plaçant
leur homme de main Djamel Zitouni. "Chaque fois que les généraux
subissaient des pressions de la communauté internationale, la terreur
s'intensifiait". En janvier 1995, la "sale guerre" algérienne a
commencé à choquer l'opinion internationale et une réunion des partis
politiques algériens comprenant le FIS a eu lieu à Rome sous l'égide
du gouvernement italien. Les partis poltiques sont tombés d'accord pour
obtenir une enquête sur la violence en Algérie, la fin de la main
mise de l'armée algérienne sur les affaires politiques et le retour aux
règles constitutionnelles. La France en 1995 a soutenu cet accord. C'est
dans ce contexte que les services secrets algériens se sentant lâchés par
une partie des politiques français ont organisé sur le territoire français
des attentats terroristes sous couvert de soit-disant Islamistes.
L'hystérie anti-Islamistes qui s'est emparée des médias et de l'opinion
publique française a contraint le gouvernement a faire marche arrière
et renier les accords de Rome tout en resserrant les liens avec le
régime criminel algérien. Le principal cerveau des attentats terroristes,
Ali Touchent, coule des jours paisibles au su et au vu de
tous dans un quartier sécurisé d'Alger. Qui plus est, l'auteur de
l'article, en s'appuyant sur le livre de François Gèze évoque le système
françalgérien construit sur un système de corruption. Selon François
Gèze les entreprises françaises à l'export payaient 10 à 15% de commission
sur les biens, manne se retrouvant dans les mains de la junte algérienne
qui en reversait une partie pour subventionner les partis politiques
français.
L'article du Guardian prévient les autorités
britanniques du risque encouru à suivre un tel exemple fondé sur
l'instrumentalisation du terrorisme, attribué à de prétendus
islamistes, pour justifier des politiques criminelles.
Gestion de
Katrina ou la ségrégation raciale américaine révélée A deux
semaines du passage de Katrina les modalités de gestion de la
catastrophe générée par l'Ouragan en Louisianne, au Mississippi
et en Alabama révèlent une fracture sociale qui prend le masque d'une
ségrégation selon un phénotype racial. Selon l'AFP, l'Afrique a denoncé le
racisme aux Etats-Unis dans la gestion de la
catastrophe : "La non-évacuation de la
Nouvelle-Orleans avant le passage annoncé du cyclone Katrina, puis la
lenteur à secourir les victimes dans cette ville peuplée en majorité
de noirs pauvres, a été durement ressentie en Afrique ou l'on relève que
Katrina a mis en lumiere le caractère raciste de la société
américaine." Les
minorités ethniques notamment afro-américaines de niveau social très défavorisé n'ont
pas obtenu l'aide nécessaire dans les suites de la
catastrophe. Bon nombre sont restées cantonner dans le Superdome sans recevoir de
secours. A l'hôpital de la Charité, à la Nouvelle-Orléans, "des
malades sont morts juste parce qu'il n'y a plus d'électricité"..."le
manque d'oxygène, d'insuline et d'autres médicaments aurait entraîné de
nombreux décès, selon plusieurs témoignages, sans que des chiffres
puissent être avancés. "Ils n'ont presque rien à manger, poursuivait
Paula, hier matin, que des haricots verts". (Le Figaro,
03.09.05, Des pénuries aux effets dramatiques). Des bébés, des enfants, des malades, des
vieillards sont morts tandis que les polices des états avoisinants ont
fait refluer les rescapés qui essayaient de s'enfuir. Le Superdome a
pris alors des allures de camp de détention pour indésirables
considérés comme des "réfugiés" sur leur propre territoire. Selon The
Independent (Racist police blocked bridge and forced evacuees back
at gunpoint ), un chef de police de la
Louisianne a admis qu'il avait ordonné à ses officiers de bloquer un
pont sur la rivière du Mississippi et obliger les
rescapés, essentiellement noirs, à retourner dans le chaos et le
danger de la Nouvelle Orléans. "Des témoins ont raconté que les
officiers ont pointé leurs pistolets sur les têtes des gens terrifiés
afin de protéger leurs villes de l'afflux massif de réfugiés et pour
qu'ils retournent chez eux". Même discrimination dans certains
médias américains dans le traitement de l'information et des images en
provenance de Louisiane. Les noirs en présence de vivres étaient présentés
comme des pillards tandis que dans ces mêmes médias les blancs dans les
mêmes circonstances étaient présentés comme des rescapés à la recherche de
nourriture.
L'envoi d'un contingent
militaire très important armé jusqu'aux dents (plus de 42.000 militaires,
gardes nationaux selon Le Monde, 03.09.05, militaires, Garde nationale,
Bush mobilise 42.000 hommes...) donne l'impression d'une gestion militaire
d'une véritable guérilla. Les militaires ont mis plus de quatre
jours pour arriver à la Nouvelle-Orléans tandis que
les secours pendant la première semaine ont essentiellement été constitués par des
bénévoles. Le nombre d'exactions serait fréquent selon RFI qui
décrit des témoignages de bavures où "des gens désespérés vont
au-devant des forces de l'ordre dans l'espoir d'être protégés ou de porter
secours à une victime en difficulté, et abbatus sans sommation."
( RFI, Le tiers- monde, version américiane, 06.09.05).
La peur d'une révolte des minorités afro-américaines semblent être
la principale inquiétude des autorités américaines pouvant expliquer la gestion
répressive de la catastrophe à la manière d'une entrée en guerre. La
hantise de l'arrivée de rescapés noirs dans un sud américain profondément raciste est aussi un
élément important expliquant les retards pris par les forces fédérales des états
limitrophes. Barbara Bush a peur des refugiés
(Nouvel Obs.com 07.09.05) "Les réfugiés du stade de Houston étaient
défavorisés de toutes manières, alors tout cela n'est pas si mal pour eux,
a dit la mère du president. Barbara Bush, mère du président en exercice et
ancienne première dame des Etats-Unis, s'est effrayée dans un
entretien à une radio le mardi 6 septembre de la volonté des rescapés
du cyclone Katrina refugiés au Texas de vouloir y
rester..." Les plus grandes critiques s'adressent à l'administration Bush
incapable d'intervenir en temps
et en heure pour secourir les rescapés de la catastrophe. Le directeur
Mike Brown, de la FEMA, a été démis de ses fonctions en
attendant d'être remercié suite aux cafouillages dans l'organisation des
secours. (Le Figaro, 10.09.05, La Nouvelle-Orleans, ville
fantome). Mike Brown avant la crise n'avait pas
hésité à déclarer, la veille de l'arrivée de l'Ouragan, que les digues
tiendraient bon et que les eaux seraient siphonés sans
problèmes. Enfin The Independent révèle que selon des experts la
façon dont sont pompées les eaux devraient majorer la toxicité des
sols et des nappes phréatiques de la Nouvelle-Orléans pendant plus de
dix ans (Cover-up: toxic waters 'will make New Orleans unsafe
for a decade' ). De plus, en pleine
catastrophe le Pentagone a refusé de mobiliser les soldats de sa plus
grande base de Louisianne. Le motif en était la nécessité de garder ses
militaires disponibles pour une intervention en Irak. Les retards des
secours US ont été fatales à nombre de rescapés. Contrairement aux
affirmations de Bush selon lequel " Personne ne pouvait prévoir la
rupture des digues", la fragilité de la Nouvelle-Orléans était
argumentée depuis longtemps. Ainsi le journal local Times-Picayan avait
prévu la catastrophe il y a 3 ans : "l'Ouragan de force 5, effondrement
des digues, immersion de la Nouvelle-Orléans...". Cette publication ainsi
que nombre d'autes publications scientifiques alertant les autorités n'ont
entraîné aucun écho. Dès 2002, des experts avaient annoncé la catastrophe
(Le scénario détaillé d'une catastrophe annoncée,
Libération 06.09.05). Même la
multinationale Halliburton avait
envisagé une telle catastrophe puisqu'elle a signé un contrat en juillet 2004 avec la
marine américaine en cas d'innondation des bases navales du sud des
Etats-Unis. Elle vient de recevoir 500 millions de dollars US pour commencer
les travaux (Canal Plus, Le Vrai Journal Karl Zero, 11.09.05). Pendant ce
temps la cote de popularité de Bush sombre comme une pierre dans l'eau
(The Independent 10.09.05, The water is going down slowly.
The President's popularity is sinking like a stone ). L'Amérique découvre que Georges Bush avait refusé les crédits
pour renforcer les digues de la Nouvelle-Orléans (JT France 2).
Selon les autorités US, le bilan pourrait être moins élevé que les
10.000 morts annoncés. Les journalistes n'ont plus le droit de passer à la
TV des images de cadavres. Malgré ces interdictions, les journalistes ont
continué à présenter de telles images. Depuis, ils sont
interdits d'accès sur les sites de récupération et de repêchage des corps
des victimes dont bon nombre pourrait être dévoré par les alligators qui
affluent dans la région. On s'achemine en catimini vers une minimisation du
bilan des victimes de l'Ouragan Katrina et de l'incurie de
l'administration Bush alors qu'une commission d'enquête vient d'être
lancée.
Le Dr la mort,
planificateur du "project coast", pourrait être rejugé
Accusé des meurtres de 46
personnes , de trafic de drogues et de crimes contre l'Humanité, le
dr Wouter Basson dit "Dr la mort" fut acquitté et réintégré dans l'armée
d'Afrique du Sud en Avril 2002. L'ancien chef du programme d'armes
chimiques et bactériologiques de l'Afrique du Sud testé sur la population
noire, notamment des membres de l'ANC et de l'opposition
politique pendant le régime d'apartheid, pourrait être rejugé. Selon
la BBC 09.09.05,
Retrial for SA's
'Doctor Death', et The Independent (Apartheid's 'Dr Death' faces retrial on poisoning
claims ), un procureur et des avocats
d'Afrique du Sud ont obtenu de la Cour constitutionnelle qu'il soit rejugé
pour la bonne et simple raison que le jury qui l'avait jugé était partial.
D'autant que le juge très conservateur, et très controversé Willie
Hartzenberg (frère du président du parti conservateur sud-africain et
nommé sous l'apartheid) s'était empressé de réhabiliter Wouter Basson tout
en évitant que la justice remonte la filière bioterroriste du régime.
Wouter Basson, ce "Mengele" d'Afrique, fut accusé d'expérimenter
des armes chimiques, bactériologiques et virales sur la population noire
et notamment sur les militants de l'ANC. Un ancien légionnaire
français a déclaré l'avoir vu faire des piqûres à cinq hommes, avant
qu'ils soient jetés d'un avion en plein vol. Frank Chikane, l'actuel
directeur de cabinet du président Thabo Mbeki, a lui-même échappé de
justesse à la mort, après avoir été intoxiqué par un poison déposé sur ses
vêtements. Wouter Basson aurait aussi oeuvré, dans les années 80, à la
production massive de mandrax. Cette drogue a été déversée dans les
townships pour étouffer la révolte qui grondait. Ce Bioterrorisme d'état fut soutenu
financièrement par les grandes puissances selon le Réseau Voltaire (USA, Angleterre, France,
Suisse, Israël, Libye, Irak ). La
Commission
Vérité et réconciliation a montré qu'il était probable que plusieurs
milliers de noirs aient disparu dans les expériences ou les assassinats
politiques pilotés par les laboratoires qu'il dirigeait. Tristan Mendès-France, asistant parlementaire,
journaliste-écrivain et documentariste, a largement contribué, à partir
des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation, à faire
connaître au grand public le "project Coast" et
l'expérimentation d'armes biologiques sur les noirs d'Afrique du
Sud ainsi que les ramifications internationales de ce sinistre projet
: "véritable incarnation nazie des temps modernes". Cela a donné lieu
à un documentaire
et à un
livre.
Lire le dossier de
pressafrique.
Des méthodes de "nettoyage" à l'atavisme colonial
? La codification culturelle
de l'altérité exotique emprunte grandement aux schèmes de représentation
coloniale. Ces derniers, impensés, continuent de surdéterminer l'imaginaire collectif
et les comportements (alternant paternalisme et mépris) de nos concitoyens à
l'égard des descendants des peuples colonisés. Le langage utilisé par le
ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, relève-t-il de
manière subconsciente du stock lexical colonial indissociable de l'économie de la violence qu'il légitime?
Le terme de "Nettoyage au karcher" pour stigmatiser les cités
et leurs habitants ne fut-il pas utilisé, certes dans
un autre contexte, par les paras lors du "nettoyage" de la Casbah au moment
de la guerre dAlgérie? Ne renvoie-t-il pas à la notion de
"nettoyage ethnique", processus fréquemment utilisé lors des pacifications
coloniales au travers des razzias et enfumades pratiquées en Algérie*
passées dans les oubliettes de l'histoire? Le terme de
"sauvageon" utilisé par Jean-Pierre Chevènement, un autre ministre de l'intérieur, n'est-il pas
lui aussi emprunt de clichés coloniaux? L'éthymologie nous ferait aisément
remonter à leurs ancêtres considérés comme des "sauvages" que la République
s'est acharnée à "civiliser" soit-disant pour "leur plus grand bien"
tout en exhibant certains "spécimens" dans les zoos
coloniaux . Autre époque autre lieu mêmes moeurs, mêmes représentations?
Cette fois-ci les squateurs (dont certains enfants sont français
car nés sur le territoire français), les immigrés, les sans papiers
sont traqués avec des méthodes qui pourraient rappeler les méthodes
expéditives "africaines" de la coloniale : répression policière,
internement abusif, expulsions
sans sommation, discrimination et inéquités socio-politiques pouvant évoquer un
apartheid officieux.... Même si on est encore loin de la barbarie coloniale,
du système d'Etat d'exception, du code de lindigénat, de la "tyrannie
militaire", des tortures systématisées et de la guerre antisubversive, le mépris
avec lequel les autorités traitent les Africains en les présentant
comme les boucs émissaires d'une société en crise n'est pas sans
rappeler le mépris raciste avec lesquels on traîtait les indigènes
dans les colonies. Enfourcher le cheval de bataille de
l'extrême droite peut mener à perdre son humanité. Au
lieu de capter l'électorat d'extrême droite en vue des élections présidentielles de
2007, le risque collatéral de cette politique en est
la légitimation des dérives racistes et populistes au coeur de la République.
Ainsi l'expulsion sans sommation de familles ivoiriennes du squat de
la Fraternité sans discussion préalable avec les intéressés,
avec les services sociaux, avec la mairie de Paris a contribué
à plonger ces familles dans le plus grand dénuement le jour de
la rentrée scolaire . Faut-il y voir comme le suggère Afrikara : "le
spectacle hallucinant d'un zoo humain débordant de petits enfants
désemparés, éparpillés dans un gymnase devant des parents
impuissants"? (Afrikara 05.09.05, L'Etat français embrigade les Africains rescapés des
incendies parisiens : Que cache t-il ?) De même les
consignes données aux préfets de police pour toujours plus
d'expulsions entraînent de nombreuses bavures et révèlent
l'inhumanité avec laquelle on traite les immigrés dans le prétendu pays
des droits de l'homme. Selon Libération du 10.09.05, "Nicolas Sarkozy agite sa cravache au nez des
préfets. Le ministre de l'Intérieur les a priés, vendredi, d'«accentuer
l'effort» en matière d'expulsion, les invitant à «résister aux pressions
de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent
qu'eux-mêmes». Exigeant une «obligation de résultat», il leur a
précisé qu'à la fin août 12 849 étrangers en situation
irrégulière avaient fait l'objet d'une mesure
effective d'éloignement, alors même qu'il avait fixé l'objectif plancher à
23 000 reconduites à la frontière pour 2005". (France: 12849 étrangers
expulsés et Sarkozy promet d'en faire plus). Le nombre d'enfants dans les centres de rétention est en
constante augmentation selon la Cimade.
Récemment un communiqué de presse de cet organisme
dénonçait l'internement dans un centre de rétention d'une femme somalienne
et de son nourrisson de 1 mois dans le plus grand dénuement.
Est on
en train de revoir fleurir en toute impunité une économie étatique de la
violence assortie d'une économie morale fondée sur des présupposés
raciologiques? Multiplication des contrôles au faciès, des bavures,
augmentation des actes discriminatoires au logement, à l'embauche sans que
les pouvoirs publiques et les autorités politiques n'interviennent?
Récemment un rapport commmandé par le ministère de l'emploi a montré
l'importance du racisme dans le monde de travail (La lutte contre les discriminations
ethniques dans le domaine de l'emploi). La
Ligue des droits de l'homme (LDH) a jugé dans un communiqué que les
propositions du gouvernement pour lutter contre la discrimination raciale
n'étaient "pas nouvelles" et a estimé que c'était "la mise à l'index
constante de l'étranger par les pouvoirs publics qui (conduisait)
rapidement aux amalgames pervers". (Reuters 08.09.05, Un
rapport dénonce le racisme dans le monde du travail). Pour la LDH,
"
ces situations évoquées de manière impropre et maladroite comme discriminations « ethniques » sont,
en fait, des actes de racisme au quotidien envers les noirs et les maghrébins.
Ceux-ci sont mis à l'écart des emplois comme étrangers d'apparence..."
(LDH 07.09.05, Discriminations Rapport Fauroux sur les discriminations
racistes : une action gouvernementale globale plutôt que la chasse aux
étrangers !)
* En
guise de nettoyage ethnique il s'agissait en fait de véritable nettoyage
tribal où des tribus, des populations entières résistantes à
l'envahisseur colonial furent exterminées, lors des pacifications
coloniales, à l'aide d'enfumades ou de razzias planifiées
initialement par les éminences grises des troupes coloniales, notamment le
général Bugeaud... Lire Coloniser,
exterminer de Olivier Le Cour
Grandmaison. |