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PRESSAFRIQUE 10.09.05
 Semaine du 03.09 au 09.09.05
Selon le PNUD les pays riches entravent la croissance des pays en développement - Qui a organisé les attentats terroristes à Paris en 1995? - Gestion de Katrina ou la ségrégation raciale américaine révélée - Le Dr la mort, planificateur du "project coast" pourrait être rejugé - Des méthodes de "nettoyage" à l'atavisme colonial? 

Selon le PNUD les pays riches entravent la croissance  des pays en développement 
Selon un rapport de 372 pages publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et présenté mercredi 06.09.05 à New-York et à Vienne,  de nombreux pays régressent quant à leur croissance en dépit de certains progrès. Ce rapport évalue le "développement humain" à partir de trois indices : la santé et l'espérance de vie, l'alphabétisation et la scolarité, le produit intérieur brut par habitant. Pour la cinquième année consécutive la Norvège est en tête de l'indice mondial du développement humain tandis que le Niger est descendu en dernière place. Selon les résultats du rapport on constate une augmentation de la pauvreté dans des pays dits à développement élevés ( USA, Australie, Royaume-Uni, Belgique, Suède) et un appauvrisement de nombreux pays à faible ou moyen développement. Dans les pays à développement élevé, les disparités économiques sont de plus en plus fortes entre les couches sociales favorisées et défavorisées. C'est particulièrement vrai aux USA où selon le PNUD, une partie de la population est en voie de tiers-mondisation notamment les minorités ethniques afro-américaines et hispano-américaines. Selon le PNUD "Les indicateurs de santé publique aux Etats-Unis sont biaisés par des inégalités profondes liées au revenu, à la couverture par l'assurance santé, à la race, à l'origine ethnique, à la situation géographique et - ce qui est grave - à l'accès aux soins..." Depuis  2000, la mortalité infantile aurait augmenté en l'espace de trois ans. Du fait du manque de couverture sociale, d'assurance santé, de nombreux américains ne peuvent disposer de soins médicaux adaptés entraînant une augmentation de la morbi-mortalité. Selon le PNUD "L'Institute of Medecine estime qu'au moins 18 000 Américains meurent prématurément chaque année uniquement parce qu'ils n'ont pas d'assurance santé".

La chute de l'espérance de vie dans le monde est dûe pour partie aux pandémies tels que le VIH, la tuberculose, le paludisme... entraînant un véritable choc démographique notamment au Bostwana où l'espérance de vie a chuté de 31 ans mais aussi aux guerres. Le réseau Voltaire signale "...les décès dûs à la guerre. Dans la période considérée, le carnage le plus important n'a pas été commis dans le conflit le plus médiatique. Ce ne sont ni le génocide du Rwanda, ni les guerres de Yougoslavie, d'Afghanistan et d'Irak qui ont été les plus meurtrières, mais celle du Congo avec plus de 4 millions de morts, soit le bilan le plus lourd depuis la seconde guerre mondiale".  

Le rapport du PNUD met particulièrement en évidence la manière dont les politiques commerciales inéquitables des pays riches constituent un frein à la croissance des pays à faible ou moyen "développement humain". "Les barrières commerciales auxquelles sont confrontés les pays en développement exportant vers les pays riches sont, en moyenne, trois fois plus élevées que celles qui frappent les échanges entre pays riches". De même, les pays pauvres constituent les deux tiers des recettes douanières des pays riches alors que les importations en provenance des pays pauvres sont considérablement limités. Au point de maintenir des "inégalités obscènes" selon ce rapport :
"Cette taxation perverse et ces politiques commerciales inéquitables continuent d'empêcher des millions d'habitants dans les pays les plus pauvres du monde de sortir de la pauvreté, maintenant des inégalités obscènes ". Les subventions agricoles versées par les pays riches leur "permettent de garder un quasi monopole sur le marché mondial des exportations". Ainsi "Les pays en développement perdent environ 24 milliards de dollars (USD, 19,7 Milliards d'euros) par an en raison du protectionnisme agricole et des subventions pratiquées " par les pays riches (signalé par l'AFP, 07.09.05, Les pays riches empêchent la croissance des pays pauvres, selon le PNUD).

   

Qui a organisé les attentats terroristes à Paris en 1995?
Un article du Guardian (THE GUARDIAN 08.09.05, Who really bombed Paris?) revient sur la responsabilité des services secrets algériens concernant les attentats terroristes qui ont touché la France en 1995. En s'appuyant sur le travail d'investigation de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire publiés dans "La Françalgérie" ainsi que celui de François Gèze, Narina Bouteldja, journaliste française et chercheuse au Transnational Institut, évoque l'instrumentalisation du terrorisme par la junte militaire algérienne. Celle-ci est parvenue au pouvoir par la force
en annulant la victoire du FIS dont le programme religieux intégriste et de nationalisation était contraire aux intérêts de la France et de l'oligarchie militaire algérienne. Cette arrivée au pouvoir par un coup d'état militaire soutenu par la France s'est faite par la diabolisation du FIS en l'associant au terrorisme fortement organisé en sous-main par la junte militaire algérienne. A cette fin, dès 1992, les services secret algériens ont infiltré les réseaux islamistes et ont pris la tête du GIA en 1994 en y plaçant leur homme de main Djamel Zitouni. "Chaque fois que les généraux subissaient des pressions de la communauté internationale, la terreur s'intensifiait". En janvier 1995, la "sale guerre" algérienne a commencé à choquer l'opinion internationale et une réunion des partis politiques algériens comprenant le FIS a eu lieu à Rome sous l'égide du gouvernement italien. Les partis poltiques sont tombés d'accord pour obtenir une enquête sur la violence en Algérie, la fin de la main mise de l'armée algérienne sur les affaires politiques et le retour aux règles constitutionnelles. La France en 1995 a soutenu cet accord. C'est dans ce contexte que les services secrets algériens se sentant lâchés par une partie des politiques français ont organisé sur le territoire français des attentats terroristes sous couvert de soit-disant Islamistes. L'hystérie anti-Islamistes qui s'est emparée des médias et de l'opinion publique française a contraint le gouvernement a faire marche arrière et renier les accords de Rome tout en resserrant les liens avec le régime criminel algérien. Le principal cerveau des attentats terroristes, Ali Touchent, coule des jours paisibles au su et au vu de tous dans un quartier sécurisé d'Alger. Qui plus est, l'auteur de l'article, en s'appuyant sur le livre de François Gèze évoque le système françalgérien construit sur un système de corruption. Selon François Gèze les entreprises françaises à l'export payaient 10 à 15% de commission sur les biens, manne se retrouvant dans les mains de la junte algérienne qui en reversait une partie pour subventionner les partis politiques français. 

L'article du Guardian prévient les autorités britanniques du risque encouru à suivre un tel exemple fondé sur l'instrumentalisation du terrorisme, attribué à de prétendus islamistes, pour justifier des politiques criminelles.

      Gestion de Katrina ou la ségrégation raciale américaine révélée
A deux semaines du passage de Katrina les modalités de gestion de la catastrophe générée par l'Ouragan en Louisianne, au Mississippi et en Alabama révèlent une fracture sociale qui prend le masque d'une ségrégation selon un phénotype racial. Selon l'AFP,
l'Afrique a denoncé le racisme aux Etats-Unis dans la gestion de la catastrophe :
"La non-évacuation de la Nouvelle-Orleans avant le passage annoncé du cyclone Katrina, puis la lenteur à secourir les victimes dans cette ville peuplée en majorité de noirs pauvres, a été durement ressentie en Afrique ou l'on relève que Katrina a mis en lumiere le caractère raciste de la société américaine." Les minorités ethniques notamment afro-américaines de niveau social très défavorisé n'ont pas obtenu l'aide nécessaire dans les suites de la catastrophe. Bon nombre sont  restées cantonner dans le Superdome sans recevoir de secours. A l'hôpital de la Charité, à la Nouvelle-Orléans, "des malades sont morts juste parce qu'il n'y a plus d'électricité"..."le manque d'oxygène, d'insuline et d'autres médicaments aurait entraîné de nombreux décès, selon plusieurs témoignages, sans que des chiffres puissent être avancés. "Ils n'ont presque rien à manger, poursuivait Paula, hier matin, que des haricots verts". (Le Figaro, 03.09.05, Des pénuries aux effets dramatiques).
Des bébés, des enfants, des malades, des vieillards sont morts tandis que les polices des états avoisinants ont fait refluer les rescapés qui essayaient de s'enfuir. Le Superdome a pris alors des allures de camp de détention pour indésirables considérés comme des "réfugiés" sur leur propre territoire. Selon The Independent (Racist police blocked bridge and forced evacuees back at gunpoint ), un chef de police de la Louisianne a admis qu'il avait ordonné à ses officiers de bloquer un pont sur la rivière du Mississippi et obliger les rescapés, essentiellement noirs, à retourner dans le chaos et le danger de la Nouvelle Orléans. "Des témoins ont raconté que les officiers ont pointé leurs pistolets sur les têtes des gens terrifiés afin de protéger leurs villes de l'afflux massif de réfugiés et pour qu'ils retournent chez eux". Même discrimination dans certains médias américains dans le traitement de l'information et des images en provenance de Louisiane. Les noirs en présence de vivres étaient présentés comme des pillards tandis que dans ces mêmes médias les blancs dans les mêmes circonstances étaient présentés comme des rescapés à la recherche de nourriture.

L'envoi d'un contingent militaire très important armé jusqu'aux dents (plus de 42.000 militaires, gardes nationaux  selon Le Monde, 03.09.05, militaires, Garde nationale, Bush mobilise 42.000 hommes...)  donne l'impression d'une gestion militaire d'une véritable guérilla. Les militaires ont mis plus de quatre jours pour arriver à la Nouvelle-Orléans tandis que les secours pendant la première semaine ont essentiellement été constitués par des bénévoles. Le nombre d'exactions serait fréquent selon RFI qui décrit des témoignages de bavures où "des gens désespérés vont au-devant des forces de l'ordre dans l'espoir d'être protégés ou de porter secours à une victime en difficulté, et abbatus sans sommation." ( RFI, Le tiers- monde, version américiane, 06.09.05). La peur d'une révolte des minorités afro-américaines semblent être la principale inquiétude des autorités américaines pouvant expliquer la gestion répressive de la catastrophe à la manière d'une entrée en guerre. La hantise de l'arrivée de rescapés noirs dans un sud américain profondément raciste est aussi un élément important expliquant  les retards pris par les forces fédérales des états limitrophes. Barbara Bush a peur des refugiés (Nouvel Obs.com 07.09.05) "Les réfugiés du stade de Houston étaient défavorisés de toutes manières, alors tout cela n'est pas si mal pour eux, a dit la mère du president. Barbara Bush, mère du président en exercice et ancienne première dame des Etats-Unis, s'est effrayée dans un entretien à une radio le mardi 6 septembre de la volonté des rescapés du cyclone Katrina refugiés au Texas de vouloir y rester..."  
 
Les plus grandes critiques s'adressent à l'administration Bush incapable d'intervenir en temps et en heure pour secourir les rescapés de la catastrophe. Le directeur Mike Brown, de la FEMA,  a été démis de ses fonctions en attendant d'être remercié suite aux cafouillages dans l'organisation des secours. (Le Figaro, 10.09.05, La Nouvelle-Orleans, ville fantome).  Mike Brown avant la crise n'avait pas hésité à déclarer, la veille de l'arrivée de l'Ouragan, que les digues tiendraient bon et que les eaux seraient siphonés sans problèmes. Enfin The Independent révèle que selon des experts la façon dont sont pompées les eaux devraient majorer la toxicité des sols et des nappes phréatiques de la Nouvelle-Orléans pendant plus de dix ans (
Cover-up: toxic waters 'will make New Orleans unsafe for a decade' ). De plus, en pleine catastrophe le Pentagone a refusé de mobiliser les soldats de sa plus grande base de Louisianne. Le motif en était la nécessité de garder ses militaires disponibles pour une intervention en Irak. Les retards des secours US ont été fatales à nombre de rescapés.  Contrairement aux affirmations de Bush selon lequel " Personne ne pouvait prévoir la rupture des digues", la fragilité de la Nouvelle-Orléans était argumentée depuis longtemps. Ainsi le journal local Times-Picayan avait prévu la catastrophe il y a 3 ans : "l'Ouragan de force 5, effondrement des digues, immersion de la Nouvelle-Orléans...". Cette publication ainsi que nombre d'autes publications scientifiques alertant les autorités n'ont entraîné aucun écho. Dès 2002, des experts avaient annoncé la catastrophe (Le scénario détaillé d'une catastrophe annoncée, Libération 06.09.05).  Même la multinationale  Halliburton avait envisagé une telle catastrophe puisqu'elle a signé un contrat en juillet 2004 avec la marine américaine en cas d'innondation des bases navales du sud des Etats-Unis. Elle vient de recevoir 500 millions de dollars US pour commencer les travaux (Canal Plus, Le Vrai Journal Karl Zero, 11.09.05). Pendant ce temps la cote de popularité de Bush sombre comme une pierre dans l'eau (The Independent 10.09.05, The water is going down slowly. The President's popularity is sinking like a stone ). L'Amérique découvre que Georges Bush avait refusé les crédits pour renforcer les digues de la Nouvelle-Orléans (JT France 2).  Selon les autorités US, le bilan pourrait être moins élevé que les 10.000 morts annoncés. Les journalistes n'ont plus le droit de passer à la TV des images de cadavres. Malgré ces interdictions, les journalistes ont continué à présenter de telles images. Depuis, ils sont interdits d'accès sur les sites de récupération et de repêchage des corps des victimes dont bon nombre pourrait être dévoré par les alligators qui affluent dans la région. On s'achemine en catimini vers une minimisation du bilan des victimes de l'Ouragan Katrina et de l'incurie de l'administration Bush alors qu'une commission d'enquête vient d'être lancée. 


Le Dr la mort, planificateur du "project coast", pourrait être rejugé


Quatrième de couverture : cliquez ici



Accusé des meurtres de 46 personnes , de trafic de drogues et de crimes contre l'Humanité, le dr Wouter Basson dit "Dr la mort" fut acquitté et réintégré dans l'armée d'Afrique du Sud en Avril 2002. L'ancien chef du programme d'armes chimiques et bactériologiques de l'Afrique du Sud testé sur la population noire, notamment des membres de l'ANC et de l'opposition politique pendant le régime d'apartheid, pourrait être rejugé. Selon la BBC 09.09.05, Retrial for SA's 'Doctor Death', et The Independent (Apartheid's 'Dr Death' faces retrial on poisoning claims ), un procureur et des avocats d'Afrique du Sud ont obtenu de la Cour constitutionnelle qu'il soit rejugé pour la bonne et simple raison que le jury qui l'avait jugé était partial. D'autant que le juge très conservateur, et très controversé Willie Hartzenberg (frère du président du parti conservateur sud-africain et nommé sous l'apartheid) s'était empressé de réhabiliter Wouter Basson tout en évitant que la justice remonte la filière bioterroriste du régime. Wouter Basson, ce "Mengele" d'Afrique, fut accusé d'expérimenter des armes chimiques, bactériologiques et virales sur la population noire et notamment sur les militants de l'ANC.  Un ancien légionnaire français a déclaré l'avoir vu faire des piqûres à cinq hommes, avant qu'ils soient jetés d'un avion en plein vol. Frank Chikane, l'actuel directeur de cabinet du président Thabo Mbeki, a lui-même échappé de justesse à la mort, après avoir été intoxiqué par un poison déposé sur ses vêtements. Wouter Basson aurait aussi oeuvré, dans les années 80, à la production massive de mandrax. Cette drogue a été déversée dans les townships pour étouffer la révolte qui grondait. Ce Bioterrorisme d'état fut soutenu financièrement par les grandes puissances selon le Réseau Voltaire (USA,  Angleterre, France, Suisse, Israël, Libye, Irak ). La Commission Vérité et réconciliation a montré qu'il était probable que plusieurs milliers de noirs aient disparu dans les expériences ou les assassinats politiques pilotés par les laboratoires qu'il dirigeait. Tristan Mendès-France, asistant parlementaire, journaliste-écrivain et documentariste, a largement contribué, à partir des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation, à faire connaître au grand public  le "project Coast" et l'expérimentation d'armes biologiques sur les noirs d'Afrique du Sud ainsi que les ramifications internationales de ce sinistre projet : "véritable incarnation nazie des temps modernes". Cela a donné lieu à un documentaire et à un livre. Lire le dossier de pressafrique


  Des méthodes de "nettoyage" à l'atavisme colonial ?
La codification culturelle de l'altérité exotique emprunte grandement aux schèmes de représentation coloniale. Ces derniers, impensés, continuent de surdéterminer l'imaginaire collectif et les comportements (alternant paternalisme et mépris) de nos concitoyens à l'égard des descendants des peuples colonisés. Le langage utilisé par le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, relève-t-il de manière subconsciente du stock lexical colonial indissociable de l'économie de la violence qu'il légitime? Le terme de "Nettoyage au karcher" pour stigmatiser les cités et leurs habitants ne fut-il pas utilisé, certes  dans un autre contexte, par les paras lors du "nettoyage" de la Casbah au moment de la guerre dAlgérie? Ne renvoie-t-il pas à la notion de "nettoyage ethnique", processus fréquemment utilisé lors des pacifications coloniales au travers des razzias et enfumades pratiquées en Algérie* passées dans les oubliettes de l'histoire? Le terme de "sauvageon" utilisé par Jean-Pierre Chevènement, un autre ministre de l'intérieur, n'est-il pas lui aussi emprunt de clichés coloniaux? L'éthymologie nous ferait aisément remonter à leurs ancêtres considérés comme des "sauvages" que la République s'est acharnée à "civiliser" soit-disant pour "leur plus grand bien" tout en exhibant certains "spécimens" dans les zoos coloniaux . Autre époque autre lieu mêmes moeurs, mêmes représentations? Cette fois-ci les squateurs (dont certains enfants sont français car nés sur le territoire français), les immigrés, les sans papiers sont traqués avec des méthodes qui pourraient rappeler les méthodes expéditives "africaines" de la coloniale : répression policière, internement abusif, expulsions sans sommation, discrimination et inéquités socio-politiques pouvant évoquer un apartheid officieux.... Même si on est encore loin de la barbarie coloniale, du système d'Etat d'exception, du code de lindigénat, de la "tyrannie militaire", des tortures systématisées et de la guerre antisubversive, le mépris avec lequel les autorités traitent les Africains en les présentant comme les boucs émissaires d'une société en crise n'est pas sans rappeler le mépris raciste avec lesquels on traîtait les indigènes dans les colonies. Enfourcher le cheval de bataille de l'extrême droite peut mener à perdre son humanité. Au lieu de capter l'électorat d'extrême droite en vue des élections présidentielles de 2007, le risque collatéral de cette politique en est la légitimation des dérives racistes et populistes au coeur de la République. Ainsi l'expulsion sans sommation de familles ivoiriennes du squat de la Fraternité sans discussion préalable avec les intéressés, avec les services sociaux, avec la mairie de Paris a contribué à plonger ces familles dans le plus grand dénuement le jour de la rentrée scolaire . Faut-il y voir comme le suggère Afrikara : "le spectacle hallucinant d'un zoo humain débordant de petits enfants désemparés, éparpillés dans un gymnase devant des parents impuissants"? (Afrikara 05.09.05, L'Etat français embrigade les Africains rescapés des incendies parisiens : Que cache t-il ?) De même les consignes données aux préfets de police pour toujours plus d'expulsions entraînent de nombreuses bavures et révèlent l'inhumanité avec laquelle on traite les immigrés dans le prétendu pays des droits de l'homme. Selon Libération du 10.09.05,  "Nicolas Sarkozy agite sa cravache au nez des préfets. Le ministre de l'Intérieur les a priés, vendredi, d'«accentuer l'effort» en matière d'expulsion, les invitant à «résister aux pressions de tels ou tels collectifs ou coordinations qui ne représentent qu'eux-mêmes». Exigeant une «obligation de résultat», il leur a précisé qu'à la fin août 12 849 étrangers en situation irrégulière avaient fait l'objet d'une mesure effective d'éloignement, alors même qu'il avait fixé l'objectif plancher à 23 000 reconduites à la frontière pour 2005". (France: 12849 étrangers expulsés et Sarkozy promet d'en faire plus). Le nombre d'enfants dans les centres de rétention est en constante augmentation selon la Cimade. Récemment un communiqué de presse de cet organisme dénonçait l'internement dans un centre de rétention d'une femme somalienne et de son nourrisson de 1 mois dans le plus grand dénuement.

Est on en train de revoir fleurir en toute impunité une économie étatique de la violence assortie d'une économie morale fondée sur des présupposés raciologiques? Multiplication des contrôles au faciès, des bavures, augmentation des actes discriminatoires au logement, à l'embauche sans que les pouvoirs publiques et les autorités politiques n'interviennent? Récemment un rapport commmandé par le ministère de l'emploi a montré l'importance du racisme dans le monde de travail (La lutte contre les discriminations ethniques dans le domaine de l'emploi). 
La Ligue des droits de l'homme (LDH) a jugé dans un communiqué que les propositions du gouvernement pour lutter contre la discrimination raciale n'étaient "pas nouvelles" et a estimé que c'était "la mise à l'index constante de l'étranger par les pouvoirs publics qui (conduisait) rapidement aux amalgames pervers". (Reuters 08.09.05, Un rapport dénonce le racisme dans le monde du travail). Pour la LDH, " ces situations évoquées de manière impropre et maladroite comme discriminations « ethniques » sont, en fait, des actes de racisme au quotidien envers les noirs et les maghrébins. Ceux-ci sont mis à l'écart des emplois comme étrangers d'apparence..." (LDH 07.09.05, Discriminations
Rapport Fauroux sur les discriminations racistes : une action gouvernementale globale plutôt que la chasse aux étrangers !
)

* En guise de nettoyage ethnique il s'agissait en fait de véritable nettoyage tribal où des tribus, des populations entières résistantes à l'envahisseur colonial furent exterminées, lors des pacifications coloniales, à l'aide d'enfumades ou de razzias planifiées initialement par les éminences grises des troupes coloniales, notamment le général Bugeaud... Lire Coloniser, exterminer de Olivier Le Cour Grandmaison.