PRESSAFRIQUE 18.09.05
Semaine du 10 au 17.09.05
Le malentendu colonial - Affaire Lumumba  - Affaire Ruben Um Nyobe et politique génocidaire française au Cameroun - Oléoduc Tchad : Cameroun. Des compagnies pétrolières mises en cause par Amnesty international - Katrina : Le procès de G.W. Bush ? - Réchauffement climatique : point de non retour - La retraite de Pinochet a-t-elle été subventionnée par l'industrie de l'armement? - Les autorités britanniques arrêtent des réfugiés politiques algériens et veulent les expulser en Algérie où ils risquent torture et peine de mort - Expulsions en masse, les enfants trinquent, Sarkozy soigne son image -  Qui est derrière Al-Zarkaoui?

 

 Le malentendu colonial
 

A l'heure où l'arrestation arbitraire (selon RSF 12.09.05 Le père Guy Theunis classé parmi les incitateurs et les planificateurs du génocide) du père blanc Guy Theunis (Survie 67)  relance la polémique autour de la responsabilité de l'Eglise catholique dans le génocide rwandais (Golias n°101, mars-avril 2005), un documentaire camerounais de Jean-Marie Theno intitulé "le malentendu colonial " revient sur la collusion d'intérêts entre les missionnaires et les impérialistes de la vieille Europe lors de la colonisation de l'Afrique.  Au travers d'interviews de missionnaires, d'historiens, de théologiens,  "le malentendu colonial" revient sur la partition de l'Afrique par les grandes puissances européennes, le génocide des Hereros de Namibie perpétré par les toupes coloniales allemandes du Kaiser entre 1904 et 1907,  et sur l'histoire des premiers missionnaires. Il aborde ce "malentendu" ou ce paradoxe qui sous prétexte de civilisaton et d'évangélisation s'accomode des pires crimes contre l'humanité pour faire triompher aveuglément son credo. Au nom d'une conception relativiste et raciologique des droits humains, ces pratiques ont légitimé une banalisation du mal au coeur de la coloniale et de la culture occidentale. Ainsi, nous signale Isabelle Régnier dans le Monde du 14.09.05 ( " Le Malentendu colonial" : questions africaines sur la présence européenne ) : "Selon les récits, un même protagoniste apparaît comme un généreux missionnaire ou comme un idéologue nazi, devenu après la guerre un des principaux planificateurs de l'apartheid". Et la journaliste de s'interroger : "Y a-t-il des liens entre l'Allemagne coloniale et l'Allemagne nazie ? Entre l'Allemagne nazie et l'apartheid? Pourquoi de telles questions surgissent-elles aujourd'hui ?  Pourquoi les Africains ont-ils si peu réagi? "

Affaire Lumumba

L'Assassinat de Lumumba
Ludo De Witte, Edition Karthala

 


Suite aux travaux de Ludo de Witte révélant la responsabilité de l'Américafrique et de la Belgique dans l'assassinat de Patrice Lumumba (Interview de Ludo de Witte : "Assassinat de Lumumba, un complot des gouvernements américain et belge et de l'extrême droite" )des historiens belges apportent de nouveaux éléments sur les responsabilités de hauts responsables gouvernementaux tout en essayant d'en euphémiser les résultats. L'enquête de Ludo de Witte avait secoué le monde politique et la société civile belges. Il avait été à l'origine d'une commission d'enquête parlementaire concluant à "la responsabilité morale" de la Belgique. Ce qui reste un vain euphémisme. Ludo de Witte n'avait pas seulement révélé les implications directes et indirectes du gouvernement belge et américain mais avait aussi sérieusement épinglé la maison royale en la personne du roi Baudoin accusé d'avoir couvert et encouragé l'assassinat. Le monarque avait été profondément humilié par le "nègre" Lumumba qui s'était permis lors du discours de l'indépendance d'évoquer la triste réalité coloniale :«Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres. () Nous qui avons souffert dans notre corps et dans notre coeur de l'oppression colonialiste, nous vous le disons tout haut: tout cela est désormais fini». (Lire le discours d'indépendance de Lumumba  30.06.1960).

Au travers d'un livre  "Les Secrets de l'affaire Lumumba", quatre historiens apportent des éléments supplémentaires sur l'implication de hauts responsables politiques d'Etats occidentaux dans l'assassinat en 1961 de l'ex-premier ministre congolais. Mais comme le signale l'Humanité (L'affaire Lumumba à lire entre les lignes), il s'agit d'un livre à double face : "D'une part, il apporte un certain nombre de pièces nouvelles au dossier dressé par Ludo de Witte, lequel demeure le document de référence. De l'autre, il s'efforce d'en contredire les conclusions en jetant le doute sur certains témoignages (voire en les ignorant) présentés par ce même chercheur, en particulier en ce qui concerne la responsabilité du roi Baudoin lui-même. D'où certaines acrobaties assez étonnantes..."

Affaire Ruben Um Nyobe et politique génocidaire française au Cameroun

Le 13 septembre 1958, Ruben Um Nyobe leader indépendantiste de l'UPC au Cameroun fut assassiné par les troupes coloniales françaises dans le maquis Camerounais de Boumnyébel. Afrikara ( 13 Septembre 1958 : La France assassine le leader nationaliste kamerunais Ruben Um Nyobe )
revient sur ce tragique évènement méconnu du public français. Le 1er janvier 1960 Foccart installe le gouvernement fantôche présidé par son ami Ahmadou Ahidjo à la tête de l'Etat camerounais. Une répression sévère commence à l'encontre des indépendantistes dont bon nombre se réfugie en pays bassa où ils disposent de nombreux soutien au sein de la population constituée en grande partie par la communauté des Bamilékés. Commence alors de 1960 à 1964, sous le Général de Gaulle en pleine guerre d'Algérie, la mise en place d'une véritable politique d'extermination des membres de l'UPC et de la population Bamiléké. Charles de Gaulle dépêche cinq bataillons, commandés par le général Max Briand. Entre février et mars 1960  cent cinquante-six villages bamilékés sont incendiés et rasés. Selon le Réseau Voltaire, Le haut-commissaire français Pierre Messmer a organisé l'assassinat de nombreux leaders de l'UPC, ainsi que des expéditions punitives. Le 2 octobre 1960 Félix Moumié leader indépendantiste est assassiné à Genève par les services secrets français toujours selon le Réseau Voltaire. Les massacres de masse auraient fait de 40.000 à 400.000 morts selon les différents témoins qui ont assisté à la campagne française en pays Bamiléké. De nombreux témoignages attestent de l'ampleur des massacres. Bombardements au napalm, camps de la mort, exterminations massives furent l'enfer que réservèrent les troupes coloniales supplétives de la France du Général à ceux qui souhaitaient accéder à une souveraineté nationale sans la France.  Max Bardet, un pilote d'hélicoptère présent au Cameroun de 1962 à 1964 témoigne «  En deux ans l'armée régulière a pris le pays Bamiléké du Sud jusqu'au Nord et l'a complètement ravagé. Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance. A la fin de la guerre, j'ai fait une prospection d'un mois avec un administrateur général du nom de Coudret. Il était indigné. Ce n'est pas possible tous ces villages morts, où sont les habitants ? Les villages avaient été rasés un peu comme Attila. Peu de français sont intervenus directement. J'en ai connu 3 ou 4. La presse n'en a pas parlé. On faisait plaisir au président Ahidjo parce qu'il fallait que le Cameroun garde ses liens avec la France.  » (Max Bardet, OK Cargo, Grasset). Charles Van de Lanoitte, qui fut de longues années correspondant de Reuter à Douala, parle de 40.000 morts en pays bassa, en 1960-1961 : 156 Oradour, autant de villages totalement détruits avec ceux qui n'avaient pu les fuir. Le journaliste décrit aussi "le régime effroyable des camps de torture et d'extermination" dont il a été "le témoin horrifié (cité par François-Xavier-Verschave dans la Françafrique. Massacres en pays Bamiléké, p. 102-104). La présence de camps de la mort est confirmée par des rescapés camerounais :
"...A son retour, papa n'était qu'un témoin renvoyé par Dieu, pour témoigner de ce qu'est l'horreur coloniale, l'hitlérisme version tropicale. Il parlait tout seul, il se défendait, ne sortait pas. Son corps était présent, mais sa personne, son esprit, sa personnalité étaient restés dans les camps de la mort. Certains, surtout l'occupant lui-même, ont osé avancer le chiffre de 400 000 morts. Sur quelle période ? Les gens morts dans la région du Mungo sont-ils comptés ? Beaucoup sont morts là-bas. D'autres ont été tatoués et renvoyés à l'Ouest où les massacres et les entassements dans les camps faisaient rage. A-t-on compté ceux qui mourraient dans les camps de concentration, ceux des camps d'extermination (BBm, Yoko, tous les camps militaires de l'Ouest ? Et Bangou, qui était si redoutable, et dont on parlait tant ? Après la guerre, la région était presque vide ; en 1992, ma mère m'a dit que l'Ouest est presque aussi peuplé qu'avant l'extermination. Ma belle-mère a perdu ses 8 frères. Quelle est la période retenue ? La période des bombardements et du déversement du napalm ou la période de Terreur ?..." ( Génocide Bamiléké : Témoignage (BDF)). 
Dans son livre "la mort était leur mission", Constantin Melnik conseiller des services secrets, reconnait que les crimes de la France sous le Géneral de Gaulle, ont inscrit le nom du Président Français en tête sur la tableau des horreurs (lire campagne militaire française en pays bamiléké).
" Après la décolonisation orchestrée par le Général de Gaulle, des troubles avaient éclaté au Cameroun. Ou se situait, a propos ce putain de pays et quelles étaient son histoire et sa singularité? Une fraction extrêmiste regroupant les BAMILEKE s'était soulevée. Selon une tradition africaine qui n'était pas encore relayée par la télévision, des massacres avaient eu lieu, suivis d'une répression ou les forces gouvernementales, épaulées par des Conseillers militaires francais, n'avaient fait preuve d'aucune réserve. Tentés par une aventure africaine, des camarades du Colonel Martineau étaient partis piloter des hélicoptères et ils étaient revenus lourds de récits de cadavres flottant au fil de l'eau ou pourrissant dans la forêt ". (p.195)

Oléoduc Tchad- Cameroun. Des compagnies pétrolières mises en cause par Amnesty international

Le rapport d'Amnesty International intitulé "le projet d'oléoduc Tchad-Cameroun, renonciation contractuelle aux droits humains" (Chad-Cameroon pipeline: New report accuses oil companies and governments of secretly contracting out of human rights) épingle sérieusement les compagnies pétrolières américaines Exon-Mobil, Chevron-Texaco et la compagnie malaisienne Petronas. Ces compagnies ont signé des accords commerciaux concernant l'oléoduc reliant le gisement pétrolier de Doba (Cameroun) au port de Kribi (Tchad), projet financé par la Banque Mondiale. Selon Amnesty International ces accords passés entre ces compagnies et les dictateurs françafricains Idriss Déby et Paul Biya font l'impasse sur les droits humains et fondamentaux des habitants  vivant sur le tracé de l'oléoduc. Compte tenu des antécédents des deux dictateurs françafricains, on est en droit légitime de s'attendre à des violations massives des droits de l'homme concernant les personnes qui ont le malheur de vivre sur le sol de la manne pétrolière : expulsions de force, assassinats, massacres sont à craindre. Les kleptocrates ne sont-ils pas habitués à piller les ressources  de leurs pays en les bradant auprès des grandes multinationales qui y trouvent amplement leur compte. Mais ces tyrans françafricains ne sont pas forcément à même de néogocier les conditions d'extractions favorables à leurs peuples pour cause de subordination néocoloniale. Ainsi selon Amnesty International, "les Etats se dégagent de leurs devoirs de protection des populations parce que le consortium d'exploitation leur impose "de lourdes indemnités en cas d'interruption de l'exploitation...même s'ils interviennent afin de protéger des droits" (RFI 08.09.05,  Oléoduc Tchad-Cameroun. Amnesty International accuse).

Amnesty International recommande que (Liberation Afrique 07.09.05 Un nouveau rapport accuse les compagnies pétrolières et les gouvernements de déroger secrètement et contractuellement aux droits humains ) :
-  les gouvernements du Tchad et du Cameroun, ainsi que le consortium pétrolier dirigé par ExxonMobil, ajoutent aux accords juridiques des garanties précises, stipulant qu'ils ne sauraient servir à amputer les responsabilités en matière de droits humains des États et des compagnies concernées ; 
-  aucun gouvernement ni aucune société n'élabore ni ne signe d'accords juridiques portant préjudice à la protection des droits humains ; 
-  les projets soutenus par la Banque mondiale, des organismes de crédit à l'exportation et d'autres bailleurs de fonds privés, ne se fondent pas sur des accords juridiques susceptibles de compromettre la capacité des États hôtes à s'acquitter de leurs obligations relatives aux droits humains.

Katrina - Le procès de G.W. Bush ?

L'Express du 16.09.05 évoque le procès de Bush pour incompétence concernant sa gestion de la catastrophe qui a frappé la Louisianne, l'Alabama et le Mississipi, il y a trois semaines. "Déjà outré par le ratage de l'occupation de l'Irak, l'idéologue enrage de voir qu'un incapable notoire comme Michael Brown, un copain de Bush, a pu obtenir la présidence de la Fema, l'agence fédérale chargée de répondre aux catastrophes naturelles. Cette aberration rappelle la nullité honteuse des premiers administrateurs civils, tous des protégés politiques, affectés en 2003 à Bagdad, et reflète le mépris désinvolte de Bush pour la puissance publique fédérale, hormis bien sûr celle du Pentagone, utilisée comme un réservoir de prébendes. Au moment où déjà, «vu l'urgence», des contrats de reconstruction de La Nouvelle-Orléans sont attribués sans appel d'offres aux entrepreneurs favoris de la Maison-Blanche, une colère monte qui pourrait transformer la stratégie républicaine, à quinze mois des élections au Congrès. Bush, pour faire oublier son apparente indifférence aux sinistrés noirs de la ville, se doit de relancer un plan de sauvetage économique et social digne du New Deal, qu'il honnit. Le coût de cette guerre contre Katrina et la pauvreté pourrait dépasser celui des interventions en Afghanistan et en Irak. C'est à ce prix, 300 milliards de dollars, que Bush peut espérer racheter sa présidence". 
De plus à l'instar de la catastrophe du 11 septembre, il semble que G.W. Bush n'ait pas forcément tenu compte des nombreux signes avant-coureur de la crise. Quelques jours après le passage de l'Ouragan Katrina, Bush n'hésitait pas à déclarer en substance que rien ne laissait prévoir "la rupture des digues". Seulement voilà le Canard Enchaîné du 14.09.05 relate dans "Bush innondé de prévisions" (p.8) que de nombreux experts avaient déja annoncé une telle catastrophe. Ainsi dès octobre 2004, le National Geographic avait annoncé la survenue d'un tel scénario catastrophe : "Comme le maelström tourbillonant approche de la côte, plus d'un million de personnes sont évacuées vers des terres plus hautes. Deux cents mille autres restent cependant : ceux qui n'ont pas de voiture ou pas de toit, des gens âgés, des infirmes et quelques vieux durs-à-cuire...Alors qu'un mur de liquide brun atteint jusqu'à 8 mètres sur des quartiers entiers de la ville, les gens montent sur les toits pour lui échapper". Toujours selon National Geographic : "L'agence fédérale pour la gestion des cas d'urgence (c'est à dire les propres services de Bush) "a classé (dès 2004 au moins, donc) un ouragan dévastateur sur La Nouvelle-Orléans au nombre des toutes premières menaces qui pèsent sur le pays, à égalité avec un grand tremblement de terre en Californie, ou une attaque terroriste sur New-York". Dans son numéro du 12-13mai 2002, le Wall street Journal avait déja évalué les risques d'une telle catastrophe : "Urbanistes et ingénieurs municipaux continuent de travailler sur le smoyens d'améliorer le plan d'évacuation d'un million trois cent mille habitants et d'atténuer les effets d'une énorme tempête...nous pourrions avoir (selon le directeur du centre d'Etudes des Ouragans ) jusqu'à 45.000 morts et jusqu'à 400.000 personnes bloqués sur les toits, sans compter 700.000 évacués qui resteraient alors sans domicile". Le Canard signale aussi qu'en 2003, des scientifiques ont mis au point "-avec le génie civil de l'armée américaine - un "projet radical un peu onéreux (14 milliards de dollars sur trente ans) de protection du littoral. "Mais l'administration Bush s'est effrayée du prix et a préféré soutenir un plan de 2 milliards de dollars sur dix ans".

Enfin en dépit des sanctions prises par Georges W. Bush à l'encontre de la FEMA (Bush sanctionne, Le Point 16.09.05), de sa volonté  d'indemniser les victimes et de son petit-méa-culpa (Libération 14.09.05, Katrina : Bush fait un petit mea-culpa ) les critiques sur la gestion de la crise et une éventuelle ségrégation raciale dans la distribution des secours ne sont pas retombées pour autant. Libération (17.09.05 Vent de desespoir chez les Noirs de Louisiane ) considère que Katrina a réveillé la fracture raciale entre les Blancs et les laissés-pour-compte du rêve américain : " «J'ai attendu trois jours sur le toit de ma baraque, à agiter les mains sous le tourbillon des hélicos. Ils évacuaient en priorité les Blancs du quartier d'à côté. Je me suis vu crever comme un chien. Mon fils m'a sauvé en barque, et conduit à l'hôpital. On m'a parqué dans un coin. J'ai dû voler pour survivre.» Révoltée, écoeurée, Dorian reprend : «Et cette police corrompue, qui a coursé les prétendus pillards au lieu d'évacuer les quartiers ? La propriété de Blancs vaut-elle plus que la vie des Noirs ?» Entre colère et amertume, beaucoup d'Afro-Américains déplacés veulent «mettre à nu» les «plaies de l'Amérique». «Vous avez vu ce qu'a dit ce salaud de Michael Brown (directeur démissionné de la Fema, la cellule d'urgence fédérale, ndlr), qu'il avait vu des gens dont il "ignorait l'existence" ? On était des zombies, peut-être ?» dit Dorian."

Réchauffement climatique : point de non retour

Selon The Independent, le réchauffement climatique serait entré dans une zone d'irréversibilité ( Global warming 'past the point of no return'). 
Des scientifiques craignent que l'Arctique soit entré dans une phase irréversible de réchauffement qui pourrait accélérer la disparition de la calotte glaciaire.  Des météorologues américains sont allés jusqu'à considérer que les cyclones de grande puissance du type de Katrina seraient liés au réchauffement climatique (Nouvel Obs. 
Katrina lié au réchauffement?). Même si rien ne prouve que l'Ouragan Katrina soit lié au réchauffement climatique, cela n'est pas sans rappeler les prévisions apocalyptiques d'un rapport commandé par le Pentagone il y a deux ans en octobre 2003.  En substance il y était écrit "des preuves substantielles qui indiquent qu'un réchauffement global significatif aura lieu au cours du 21e siècle. Cependant, de récentes recherches suggèrent qu'il est possible que ce réchauffement progressif entraîne un ralentissement abrupt de la circulation thermohaline océanique, ce qui pourrait entraîner des hivers beaucoup plus rudes, une réduction drastique de l'humidité au sol et l'apparition de vents plus violents dans certaines des régions qui fournissent actuellement une partie importante de la production mondiale de nourriture.La recherche indique qu'à partir du moment où la température dépasse un certain seuil, des conditions météorologiques défavorables pourraient brusquement se développer, entraînant des changements persistants dans la circulation atmosphérique,". Ce rapport prévoyait des innondations importantes dans le nord de l'Europe (Hollande, Angleterre), la sécheresse en Afrique décrivant dans le futur des guerres pour l'eau qui pourraient se régler à coup de bombes nucléaires, ni plus ni moins... lire.
En ce qui concerne l'Afrique, il semble, d'après les travaux récents d'experts scientifiques, que loin de s'assécher celle-ci pourrait, en certains endroits, recevoir des pluies abondantes. Selon The Guardian (16.09.05 Global warming could end Sahara droughts, says study), le réchauffement climatique pourrait générer des pluies abondantes au-dessus du Sahara dans quelques dizaines d'années lui faisant perdre son aridité. Enfin selon une équipe du National Soil Resources Institute en Grande-Bretagne les effets du réchauffement climatique pourraient survenir beaucoup plus tôt que prévu compte tenu de la présence de plus en plus de gaz carbonique sous terre qui rejoindrait l'atmosphère. L'effet de serre se nourrit jusqu'au sol (Libération 17.09.05).

La retraite de Pinochet a-t-elle été subventionnée par l'industrie de l'armement?

Selon Reuters ( Bellaciao 15.09.05), d'après l'instruction judiciaire ouverte au Chili contre l'ancien dictateur pour évasion fiscale et détournement de fonds, "des entreprises européennes de défense ont versé ces dernières années près de huit millions de dollars sur des comptes de sociétés écrans d'Augusto Pinochet... Le juge Sergio Munoz, qui enquête sur les comptes de Pinochet et de son ancien fondé de pouvoir Oscar Aitken, a mis au jour des versements de sociétés européennes de défense, notamment de la firme britannique BAE Systems. Des filiales de BAE ont déposé entre 1997 et 2004 près de deux millions de dollars sur des comptes appartenant à Pinochet."

Les autorités britanniques arrêtent des réfugiés politiques algériens et veulent les expulser en Algérie où ils risquent torture et peine de mort

Des associations de défense des droits de l'homme par l'intermédiaire des avocats Gareth et Birnberg Pierce ont dénoncé les pratiques sécuritaires du gouvernement Blair et ses dérives orwelliennes. La police britannique a arreté sept réfugiés politiques algériens jeudi matin avec l'intention de les expulser en Algérie où l'un d'entre eux a déja été torturé par la junte algérienne (Communiqué de presse en Anglais). En 2003, neuf Algériens avaient été arrêtés, soupçonnés d'avoir monté une «fabrique de ricine», un poison mortel, et de vouloir le disséminer dans le nord de Londres. Sept algériens avaient tous été innocentés avant même la tenue du procès tant les charges retenus contre eux étaient sans fondement (Le Quotidien d'Oran, 17.09.05, Vague d'arrestations en Grande-Bretagne
Les Algériens paient les frais). 
Pour Libération (Blair martèle son projet antiterroriste Les défenseurs des droits de l'homme craignent des actes arbitraires 17.09.05), ces arrestations, ajoutées à la nouvelle législation, font redouter au camp progressiste une pratique de l'«internement» arbitraire et de l'expulsion aveugle. Tony Blair vient de demander que la garde à vue soit prolonger à trois mois (En Grande-Bretagne, trois mois de garde à vue pour terrorisme, Libération 16.09.05).
Enfin en France comme en Grande-Bretagne, les procédures d'expulsions s'accélèrent. En l'espace de moins d'un an les centres de rétention britannique viennent de connaître leur sixième suicide. Il s'agit d'un Angolais qui se serait pendu dans un centre de rétention aors qu'il allait être expulsé vers l'Angola. Il aurait écrit une lettre poignante à son fils de 13 ans en lui écrivant qu'il faisait ce geste désespéré pour qu'il puisse rester en Angleterre (source journal RFI le 18.09.05, 09h30). Il semble bien qu'il y ait une directive européenne incitant à expulser massivement les immigrés et cela plus particulièrement envers les pays africains du pourtour méditéranéen. Au Maroc, la police a fait une rafle dans les quartiers défavorisés de Rabat et a arrêté 400 immigrés dont certains en situation régulière pour les expulser vers leur pays d'origine (Congo, Angola, Côte d'Ivoire, Niger...) (source journal RFI 09h00, 18.09.05). 

Expulsions en masse, les enfants trinquent, Sarkozy soigne son image

Selon l'Humanité, ( 17.09.05. sarkozy expulse les enfants trinquent ) "la liste des enfants et adolescents arrêtés, mis en rétention, menacés d'expulsion, expulsés, ne cesse de s'allonger. Les établissements scolaires contaminés par la frénésie du chiffre s'épinglent sur toute la carte de France. « Et nous ne voyons toujours que la partie émergée de l'iceberg », remarquait, hier, lors d'une conférence de presse avec d'autres associations, le réseau Éducation sans frontières". Un nouveau squat dans Paris a été évacué vendredi dernier. Les familles qui ont été expulsées devaient être relogées dans les jours qui suivent. Les écologistes crient à l'esbrouffe ( Le Monde 16.09.05 ; Nouvelle évacuation d'un squat à Paris, les Verts dénoncent une "esbroufe médiatique")
"Etait-ce bien nécessaire de déloger par la force les familles restant dans cet immeuble alors que toutes avaient reçu des propositions de relogement ?", s'est interrogé M. Dutrey, président de sverts au conseil de Paris dans un communiqué... tandis que Jean-Baptiste Eyraud du Droit au Logement déclare que «Le relogement des occupants restants était une affaire d'une quinzaine de jours. Pourquoi avoir fait subir aux enfants ce choc psychologique en les confrontant à des policiers équipés de casques et de boucliers ?» (Libération 17.09.05 ; Squat: expulsion sans alibi). Dans cette période de répression policière des mal logés et de multiplications intensives des reconduites à la frontière, d'internements abusifs d'enfants de parents immigrés en centre de rétention, l'Etat ne semble pas pressé de soutenir financièrement les organismes assurant le contrôle des dérapages des forces de police et de sécurité. Ainsi, selon l'Humanité (17.09.05, La déontologie paralysée) la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui présente une situation financière désastreuse ne recevra pas d'aides supplémentaires. Ce qui la contraindra à cesser ses activités d'ici la fin de l'année faute d'un budget suffisant. "Créée en juin 2000, la CNDS est chargée de « veiller au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité sur le territoire de la République ». Saisie par les parlementaires afin de faire la lumière sur des cas présumés de bavures et autres dérapages policiers, elle rend public, chaque année, un rapport sans concession." Allons nous vers un état policier sans garde-fou?

Qui est derrière Al-Zarkaoui?

En Irak, les attentats s'intensifient et le groupe Al-Zarkaoui appelle à la "guerre totale" contre la population civile chiite. Selon Cheikh Jawad Al-Khalessi, un imam chiite dont les propos ont été recueillis par le journal Le Monde (15.09.05), les attentats sanglants en Irak visent à diviser les Irakiens de manière à ce que la population chiite soutienne "l'occupant". Et Cheikh Jawad Al-Khalessi d'ajouter : Al-Zarkhaoui, "c'est seulement une invention des occupants pour diviser le peuple car il a été tué dans le nord de l'Irak au début de la guerre alors qu'il se trouvait avec le groupe d'Ansar Al-Islam, dans le Kurdistan. Sa famille, en Jordanie, a même procédé à une cérémonie après sa mort. Abou Moussab Al-Zarkaoui est donc un jouet utilisé par les Américains, une excuse pour poursuivre l'occupation. C'est un prétexte pour ne pas quitter l'Irak". (Le Monde 16.09.05 Cheikh Jawad Al-Khalessi, imam chiite de la grande mosquée Al-Kazemiya de Bagdad "Abou Moussab Al-Zarkaoui est mort. Son nom est utilisé par les occupants pour rester en Irak" ).