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"Dans un sens, c'est sur les gens incapables de la
comprendre que la vision du monde qu'avait le Parti s'imposait avec le
plus de succès. On pouvait leur faire accepter les violations les plus
fragrantes de la réalité parce qu'ils ne saisissaient jamais
entièrement l'énormité de ce qui leur était demandé et n'étaient pas
suffisamment intéressés par les évènements publics pour remarquer ce qui
se passait" Georges Orwell. 1984.
Alors que les arrestations
sont préparées en secret, le ministre de l'intérieur a annoncé le 21
septembre, lors de l'enregistrement de « Pièces à conviction », sur France
3, que des interpellations sont en cours. Lesquelles ont eu lieu en fait
cinq jours plus tard, le matin de la diffusion de l'émission. "A la
minute où je vous parle, des arrestations ont lieu. Ce sont des
arrestations préventives mais ceux qu'on a été chercher ils savent
pourquoi on a été les chercher", avait-t-il déclaré.
Cette
émission fut diffusée le 26.09.05 sur France 3 soit quelques heures après
l'interpellation de présumés terroristes dans des cités de Trappes
et d'Evreux. La presse a évoqué un coup médiatique. Le
point évoque une petite bourde (Terrorisme La petite bourde de Sarkozy ), Le
Monde (26.09.05) considère que L'annonce par M.
Sarkozy d'arrestations antiterroristes suscite des
questions : "La polémique faisait rage, mardi 27
septembre.Le quotidien Le Parisien, et le Parti socialiste reprochent à
Nicolas Sarkozy d'avoir annoncé, lors de l'enregistrement d'une émission
télévisée, l'arrestation de neuf personnes proches des milieux islamistes,
cinq jours avant qu'elle ait effectivement lieu". Mais le ministère
de l'intérieur corrigeait le tir. Selon la com de Sarko, celui-ci aurait
en fait évoqué une autre affaire ayant eu lieu la semaine précédent son
intervention. Ainsi, six hommes arrêtés la semaine dernière dans le cadre
du dossier des « filières irakiennes » ont été relâchés à l'issue de leur
garde à vue alors que des « sources proches de l'enquête » avaient
clamé avoir démantelé un réseau (Terrorisme La petite bourde de Sarkozy, Le Point
30.09.05).
La question se pose. Y-a-til chez Sarkozy, à
l'instar de Bush et Blair une instrumentalisation politique du terrorisme
alors qu'à ce jour sur le plan géopolitique la position française ne
justifiait pas une telle inquiétude ? Si la presse française ne s'est
pas trop interrogée sur le bien fondé des arrestations du
26.09.05 et du prétendu réseau islamiste démantelé dans des cités, la
Libre Belgique 28.09.05 n'hésite pas à s'interroger ouvertement,
Réels projets d'attentats ou vile
tentative d'intoxication? : "Cette fois, c'est la réalité de la menace qui fait
débat. De source judiciaire, on a appris,
jeudi, qu'au moins un des suspects gardés à vue aurait confirmé aux juges
la réalité de ces projets d'attentats. Mais un autre suspect, emprisonné
en Algérie et sur les aveux desquels le raid policier a été bâti, n'aurait
avoué que sous la torture. Son avocat parle donc de «poudre aux yeux» et
d' «intoxication», et accuse Nicolas Sarkozy d'avoir «exploité ce dossier
pour muscler son discours»". Même si la prudence doit être de
rigueur, on doit s'interroger sur l'absence de preuves et l'absence de
recul critiques de la presse française. Les charges sont particulièrement
minces : "dans deux cités sensibles, et des ordinateurs ont été
saisis, mais ni arme ni explosif...Selon une source proche de l'enquête,
cette cellule est "soupçonnée d'avoir eu la volonté de commettre des
attentats en France". "Il y avait un mouvement
de conspiration, une activité logistique, mais pas de projet
identifié", ajoute-t-on. (AFP 26.09.05, Démantèlement d'une cellule soupçonnée de vouloir
commettre des attentats en France ). Et la Libre Belgique (Réels projets d'attentats ou vile
tentative d'intoxication?) de
poursuivre : "Néanmoins, ni armes, ni explosifs, ni composants
chimiques, ni même le moindre modus operandi d'une éventuelle action n'ont
pu être saisis. Et les suspects n'ont livré aucune indication sur le degré
de préparation des attentats ni sur les moyens mis en oeuvre.
Dans un passé récent, au demeurant, nombre d'opérations
antiterroristes très médiatisées n'ont ensuite, discrètement, accouché que
d'une souris. L'imam de Vénissieux arrêté en 2004 et détenu quinze mois
car soupçonné de financer les «filières tchétchènes» a été remis en
liberté il y a peu faute de preuves. Idem pour la centaine d'immigrés
iraniens arrêtés spectaculairement en banlieue parisienne en 2003 car
suspectés de financer les Moudjahidine du peuple. La même année, la
fameuse affaire de la ricine trouvée dans les consignes de la gare de Lyon
à Paris a été classée sans suite. Sans parler de ce bagagiste de Roissy
qu'un «dysfonctionnement» de la justice antiterroriste avait présenté
comme très dangereux fin 2002, puis qui dut être relâché avec les excuses
d'usage."
Or les enquêtes antiterroristes sont menées par
Jean-Louis Bruguière dont les méthodes ont été dénoncées non seulement par
les avocats des présumés accusés, mais aussi par la presse
indépendante et par des ONGs de défense des droits de
l'homme tel que la Fédération Internationale des Droits de l'Homme. Dans
son rapport publié en 1999, France. La porte ouverte à l'arbitraire - Rapport d'une
mission internationale d'enquête en France sur l'application de la
législation anti-terroriste, concernant particulièrement les conditions de
détention provisoire et l'exercice des droits de la
défense « menées de façon
irrégulière et très fréquemment décousue sur de longues périodes. Des
délais invraisemblables s'écoulent avant que les dossiers soient bouclés
et renvoyés devant le procureur ». La FIDH déplore « l'utilisation
dans les dossiers d'informations et d'allégations préjudiciables, mais
bien souvent sans fondement». Les précédentes
enquêtes du juge Bruguière semblaient avoir été mises plus au
service de la raison d'Etat qu'au service d'une justice
indépendante à en croire certaines sources (Affaire du
DC-10 UTA Les preuves trafiquées du terrorisme
libyen Le Monde
Diplomatique ; Lockerbie : doutes sur l'implication de la Libye, Le
Figaro 31.08.05 ; Affaire du réseau Chalabi et affaire de la boîte
noire du Falcon Habyarimana, Jean-Louis Bruguière, un juge d'exception, Réseau Voltaire ). Dans l'affaire du 26.09.05, il semble en effet que les
dénonciations viennent d'un homme arrêté en Algérie. C'est dans les
geôles de la junte militaire algérienne que celui-ci aurait livré
sous la torture les noms de personnes appartenant à un prétendu réseau
islamiste. Les enquêteurs franco-algériens évoquent leur appartenance
à un réseau terroriste du GSPC. Ces fameux réseaux du GSPC sont
infiltrés et instrumentalisés à souhait par les services secrets algériens
(Algeria-Watch 23.07.05 L'« ennemi algérien » de
la France : le GSPC ou les services secrets des
généraux ? ). Leur chef El-Para a réussi
miraculeusement à s'échapper des prisons algériennes avant d'être
condamné à mort par contumace. Qui plus est on sait à présent que les
attentats terroristes commis à Paris en 1995 furent couvert par les
services secrets algériens selon The Guardian 08.09.05 (Who
really bombed Paris? lire aussi la Françalgérie). La question est de savoir dans quelle
mesure les services algériens et français ont-ils intérêts à
collaborer en masquant les commanditaires de ces actes
terroristes? Pour Algeria-Watch (23.07.05, L'« ennemi algérien » de
la France : le GSPC ou les services secrets des
généraux ?), cela sert "de prétexte aux autorités
françaises pour durcir encore la politique sécuritaire dans les banlieues,
rendre toujours plus restrictive la politique d'asile et justifier les
pires entorses au droit des gens dans la lutte contre l'immigration
clandestine". S'agit-il pour la France de
construire un ennemi intérieur (l'ennemi intérieur : une construction discursive et
politique par Ayse Ceyhan et Gabriel Périès dans Cultures et
Conflits). Un ennemi intérieur qui aurait la figure du basané musulman
des cités ? A voir l'émission Pièces à Conviction sur France
3, il se dégage une vague impression d'amalgames entre habitants des
banlieues, musulmans, islamisme et terrorisme. A un tel point
que les habitants des cités où vivaient les présumés
terroristes ont refusé que les caméras de télévision
continuent de filmer leur cité tellement l'image qu'ils en donnaient
ne leur semblait pas conforme à la réalité de ce qu'ils vivent. Ils
ont aussi dénoncé "un coup médiatique" devant l'arrivée de la presse en
grand nombre avant même l'arrivée des forces de police. Une forme de
stigmatisation des banlieues, une certaine diabolisation d'une
population aux yeux du Français moyen. L'amalgame
banlieue-immigration-islam-islamisme-terrorisme est cultivée ici et là
dans de nombreux médias sans trop de discernement. Et l'on se
souvient d'un rapport commandé par les RGs qui ciblait les
minorités "d'origine immigrée" dans les cités comme des dangers
en puissance pour les Français de souche (le repli
communautaire : un concept policier Minorités.Org).
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Le
Monde (05/07/04) "Dans les "quartiers ghettoïsés ou en
voie de l'être", les RG notent une forte concentration de familles
d'origine immigrée, "parfois majoritaires, cumulant les handicaps
sociaux et culturels", qui peut entraîner des rapports antagonistes
avec les Français
d'origine". |
Allons-nous vers un Etat
policier sans contre-pouvoir avec des médias à la botte ? On annonce
déja la diminution des fonds en faveur d'un organisme de contrôle censé
veiller au respect de la déontologie par les forces de
l'ordre
(La déontologie
paralysée, L'Humanité
17.09.05 ). Certains policiers sont priés de se
taire sur les arrestations et internements abusifs en centre de rétention
Eloignement des étrangers, Faire taire même les policiers
? LDH 27.09.05). Ainsi un membre des forces de l'ordre n'a
pas hésité à déclarer au journal Libération « On
expulse à tour de bras... on
fait les fonds de tiroir. On va chercher tout ce qui peut traîner comme
étranger en situation irrégulière. » Ou plus
loin :« Jouer avec des familles pour faire du chiffre, c'est
inadmissible ». Depuis ce policier est menacé de sanctions et
son syndicat aurait renoncé à le défendre toujours selon la LDH.
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LDH 27.09.05 Eloignement des étrangers, Faire taire même les
policiers ? ... policier intègre que son syndicat n'a pas
trouvé le courage de défendre, est menacé de sanctions par son
ministre : il a dit tout haut ce que de plus en plus de
policiers pensent tout bas et commencent à se dire entre eux dans
leurs services. Même les plus endurcis supportent difficilement
d'exécuter des consignes de rafles de familles, d'enlever des
enfants dans les écoles et de les voir quitter la France pour la
misère et l'inconnu en emportant leurs livres et leurs cahiers comme
souvenirs de notre
hospitalité... |
Sarkozy a annoncé sur France 3 une série de
mesures à la Big Brother. (AP 26.09.05
Nicolas Sarkozy veut développer l'"arsenal" français de
vidéosurveillance ) Extrait de pièces à convictions du
26.09.05 : " - Elise Lucet : Quand vous dites augmenter les
capacités du renseignement. - Nicolas Sarkozy : Cela
veux dire augmenter les personels, augmenter la technique, trouver des
sources, être à l'écoute de tout et si possible savoir tout."
Il a aussi envisagé un retrait de nationalité française aux immigrés
naturalisés impliqués dans des attentats . Lorsque
l'on connaît le risque d'erreurs judiciaires, la politique de
jugement et de comparution immédiate a aussi ses limites. A Pau, par
exemple, les huit accusés du procès de l'incendie
qui avait ravagé le poste de police de l'Ousse-des-Bois le 27 septembre
2003 ont été acquittés pour absence de preuves tandis que leurs
avocats ont critiqué l'intervention de Nicolas Sarkozy peu après les faits
(AFP 01.10.05).
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AFP (Nouvel Obs.com
01.10.05) Incendie de Pau : les 8 accusés
acquittés
..."Nicolas Sarkozy est
venu deux fois à Pau après les faits. Il s'était engagé à faire
arrêter les coupables en moins de trois mois. Donc, les enquêteurs
sont allés trop vite et l'enquête a été sabotée", a ainsi
affirmé à l'Associated Press Me Pierre Blazy. Me Thierry
Sagardoytho, avocat de deux des accusés, a pour sa part dénoncé
l'amalgame effectué avec une affaire de stupéfiants antérieure à
l'incendie du poste de police, et pour laquelle la plupart des
accusés avaient été
condamnés... |
Dans le contexte actuel de répression
policière tous azimuths des sans-papiers, de déclarations à
l'emporte-pièce où l'on propose de "nettoyer au karcher" les cités, de
multiplication des arrestations de familles immigrés où des enfants en bas âge sont envoyés en centre
de rétention, de menace de remise en cause du droit du sol dans les
territoires d'Outre-Mer (Un
ministre remet en cause le «droit du sol», RFI 19.09.05), de
diminution des crédits budgétaires en faveur des instances
institutionnelles censées contrôler les dérapages policiers, on
est en droit légitime de s'inquiéter d'une politique qui n'est pas
sans rappeler les heures sombres de l'histoire française avec un risque
évident de tensions sociétales majeures. L'horreur des rafles de familles
entières dans les squats ou dans les écoles viennent hanter à nouveau
notre imaginaire. La société civile ne s'y est pas trompée. En
Seine-Saint-Denis des associations de lycéens, de parents
d'élèves et de professeurs se sont mobilisées contre l'expulsion d'un
élève de terminale originaire du Cameroun et âgé de 19 ans en
passe d'être renvoyé dans son pays d'origine. Craignant une nouvelle
mobilisation des lycéens, le préfet a dû battre en retraite renonçant à
appliquer les directives du ministère de l'intérieur pour des "raisons
humanitaires" ( «Combat gagné»
pour les camarades de Guy Effeye Libération, 20.09.05). Pour la
Ligue des Droits de l'Homme (27.09.05, Eloignement des étrangers, faire taire même les
policiers?), "les expulsions d'étrangers répondent essentiellement
à un objectif politique fixé par le ministère de l'Intérieur de 23 000
expulsions d'étrangers en 2005, c'est-à-dire 1/3 de plus qu'en 2004 :
il s'agit de se rapprocher du programme du Front national pour des raisons
dont l'intéressé ne fait pas mystère". Selon le Réseau
Education Sans Frontières des enfants se cachent pour échapper aux
expulsions. Certains membres de la société civile se mobilisent pour
empêcher les arrestations (RESF pétition : pour qui
nous prenez-vous?).
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RESEAU EDUCATION
SANS FRONTIERES 23.09.05 RESF pétition : pour qui nous
prenez-vous? "Le 9 août dernier, apprenant que
leurs deux jeunes soeurs (Naomie 10 ans et Grace 12 ans) avaient été
interpellées dans le centre aéré où elles étaient en vacances et que
leur mère (Congolaise, déboutée du droit d'asile) venait d'être
assignée à résidence à Migennes dans l'attente de l'expulsion de la
famille vers la RDC, les deux enfants aînés de Barbe Makombo, Rachel
15 ans, et Jonathan 14 ans, ont décidé de s'enfuir ...Rachel (15ans) et Jonathan
(14ans), deux des enfants de Barbe Makombo, se cachent depuis le 9
août pour échapper à l'expulsion. La police les recherche
activement...".
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LDH 29.09.05 Sans papiers à Roissy, "les enfants
aussi"
Un
sans-papiers est placé en rétention. Son épouse, venue avec une amie
et avec ses deux enfants, lui apporte son passeport. Piège :
elle est arrêtée à son tour, ses enfants repartent sans elle. Ils
ont 7 et 3 ans, ne peuvent plus aller à l'école et réclament sans
cesse leurs parents. « gestion humaine des reconduites à la
frontière », disait un ministre-candidat.
Quelques jours plus tard, un juge maintient la maman en
rétention, au motif que les enfants « ne font pas partie du
dossier des parents ». Vous avez dit « vie familiale
normale » ? La Convention européenne des droits de l'Homme
n'est-elle plus qu'un chiffon de papier ?
Depuis lors, on traque les deux bambins. Un enseignant a
même découvert des policiers des renseignements généraux dans
l'école de l'un d'eux, où ils s'étaient introduits en cachette. Une
« planque » en maternelle, la créativité de Monsieur
Sarkozy ne connaît plus de
bornes... |
En se
coupant de sa base électorale traditionnelle, Sarkozy à force de vouloir
récupérer les voix de l'extrême droite risque de voir diminuer le nombre
global de ses électeurs potentiels. Déja dans un sondage du TNS Sofrès paru dans le Figaro
magazine pour la première fois il se voit dépasser par Dominique
de Villepin parmi les électeurs de droite. Sarkozy, en chute dans les sondages, s'interroge sur sa
stratégie (Les Echos 30.09.05). Il serait
temps de revenir à une politique plus humaniste. En
attendant un boulevard a été ouvert pour l'extrême droite.
Philippe de Villiers appelle "à stopper l'islamisation
progressive de la société française, qui est en train de basculer dans le
communautarisme" (Le Monde 13.09.05,Philippe de Villiers vient sur le terrain du
FN ). Propos qui ne sont pas sans rappeler
une certaine "lepénisation des esprits". Cette stratégie loin
d'affaiblir l'extrême droite la renforce et la légitime dans ses
prérogatives. Les apprentis sorciers devraient savoir que jouer avec
l'extrême droite en France c'est aussi jouer avec le feu. Celle-là même
qui semble être un moteur moral, idéologique et humain de la politique
africaine de la France fondée sur des pratiques qui sont l'envers des
droits de l'homme (soutien à des dictatures,
assassinat d'opposants politiques, complicité de génocide au Rwanda, entraînement des
milices, truquage des élections), pourrait revenir
en force là où elle a été exportée. Les frontières sont poreuses et
l'absence de dénonciation par le magistère politique et intellectuel dans
son ensemble d'une politique criminelle instaurée là-bas constitue un
blanc seing pour l'extrême droite ici. Le recyclage des idéaux de
l'extrême droite dans la politique étrangère de la France en Afrique et
maintenant ici lui donne désormais une légitimité républicaine et
un poids de plus en plus conséquent sur la gestion des affaires
du pays. Ceux qui voulaient affaiblir l'extrême droite en empruntant
ses méthodes et son programme, loin de la marginaliser la renforcent,
condamnés qu'ils sont à aller vers toujours plus de populisme. Un
créneau qui confine à l'impasse
?
Jusqu'à ce jour une élection
présidentielle en France se gagnait au centre ce qui n'est pas toujours
compatible avec le renforcement de méthodes répressives
et réactionnaires. Populisme, arbitraire, obsession
sécuritaire et répression semblent être la ligne politique
dessinée. Or cette stratégie ne peut se justifier aux yeux de
l'opinion public dans une démocratie en temps de paix et de
croissance que si une menace intérieure ou extérieure et pressante
apparaît. Face au mécontentement croissant d'une partie de la
population liée à la montée de la précarité et des inégalités,
l'instrumentalisation du terrorisme et la stratégie du bouc
émissaire aux caractéristiques psychoethniques bien identifiables
constituent-elles une réponse fédératrice permettant de justifier les
atteintes aux libertés fondamentales chèrement acquises? Allons-nous
vers un monde à la Georges Orwell
? |