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PRESSAFRIQUE 03.10.05
Semaine du 24.09 au 01.10.05
Algérie : le triomphe des assassins - Darfour : la politique génocidaire de Khartoum se poursuit, quid duTchad? - TOGO, l'ONU impute au régime de Faure cinq cent morts - Menace sur la RDC : Arrêtons le carnage et l'exploitation économique! - Les manuscrits de Tombouctou exposés pour la première fois - La nazi attitude du Namibian Weekly - Injure raciste sur France 3 condamnée par un tribunal correctionnel

Algérie : le triomphe des assassins et l'anathème sur les familles des disparus

 Toute honte bue, Bouteflika le 15 septembre 1999 répondait, à  des familles qui lui réclamaient des informations sur les disparus, « Les Disparus ne sont pas dans mes poches ! » (FIDH 22.09.05, Non à l'oubli, non a l'impunité : oui à la vérité, oui à la justice).  Six ans plus tard lors de la campagne référendaire à sens unique pour la charte de la paix, des familles qui se rendaient à un meeting de Bouteflika pour demander des explications sur la disparition de leurs proches furent violentées et refoulées par la police (Les membres de SOS Disparu(e)s harcelés ! Algeria-Watch 18.09.05). Voila comment la junte traîte les familles des disparus. Des disparus dont bon nombre l'ont été du fait de l'armée algérienne. Des témoins racontent comment l'armée a sécurisé les villages pendant que de prétendus islamistes armés jusqu'aux dents égorgeaint, violaient, massacraient sous l'oeil complaisant de la Françalgérie. Selon J.B. Rivoire (Almanach critique des médias, p.295), le 24 octobre 1993, sous couvert de terrorisme islamiste, la junte militaire avec l'aval des services secrets français a enlevé les époux Thévenot et Alain Fressier, trois fonctionnaires français à Alger : "Quelques années plus tard, Jean-Charles Marchiani reconnaîtra que le rapt des Thévenot était un "vrai-faux  enlèvement" monté par les services pour conditionner les opinions publiques" (90 minutes, Canal +, 10/2003 cité par J.B. Rivoire,Ibid). Il s'agissait d'instrumentaliser l'opinion publique française pour justifier l'arrestation puis le renvoi en Algérie, vers une mort certaine, des membres du FIS qui étaient réfugiés en France.

Concernant le massacre de Bentalha, un témoin raconte : "Nous étions pourtant un certain nombre à être de vrais témoins, s'insurge aujourd'hui Nessroullah Youss, survivant de la tuerie de Bentalha. Mais les autorités nous menaçaient. Un jour, un jeune voisin a raconté à l atélévision MBC que l'armée avait assisté au massacre et qu'elle n'était pas intervenue. Un policier qui l'écoutait est alors venu et lui a dit en arabe : "si tu ajoutes un mot, je te liquide, là, devant tout le monde" (La Françalgérie, p. 532). Bernard Henri-Lévy déclarera dans Libération (24.04.04, Almanach critique des médias p.294) : "J'ai tendance, avec le recul, à penser que j'ai peut-être sous-estimé la possible instrumentalisation de ces islamistes par le pouvoir militaire". Ainsi s'il y a eu un terrorisme islamiste en Algérie, il fut en partie sciemment entretenu par la junte au pouvoir pour justifier le maintien d'un régime totalitaire en Algérie et la prédation des richesses pétrolières bien plus protégées que la population. GIA, GSPC (lire aussi : Monde diplomatique mars 2005, Petites manoeuvres algéro-américaines Enquête sur l'étrange « Ben Laden du Sahara ») sont les leviers de la junte militaire. On aura bien compris que plutôt que de se voir juger dans dix, vingt, trente, quarante, cinquante ans...pour des crimes imprescriptibles, les assassins ont organisé leur amnistie tandis qu'ils ont relégué au banc des accusés les revendications légitimes des familles des disparus.

La campagne fut menée au pas de charge par un Bouteflika ne supportant pas les contradictoires. Cette amnistie acquise, Bouteflika se voit le chef tout puissant d'une junte qui ne lui a pas toujours été favorable et obtient auprès des Algériens un plébiscite pour un troisième mandat. Et qui dit élections ou référendum en Françalgérie dit forcément trucage comme l'avait révélé Mohammed Benchicou qui croupit actuellement dans les geôles algériennes. Ainsi lors des élections présidentielles d'avril 1999, Bouteflika demanda à l'armée de lui assurer un score supérieur à celui de Zeroual en 1995.

 Bouteflika : une imposture algérienne
par  Mohamed Benchicou.
Edition Le Matin-Jean Picollec, p.17-19

"Jeudi 5 avril 1999, 14h. Abdelaziz Bouteflika pique une grosse colère. La scène se passe, en ce jour d'élection présidentielle, dans la sompteuse villa Aziza qui abrite la fondation Boudiaf, à El Biar. Le "candidat du consensus", à quelques heures d'être sacré président de la République, fulminantde rage, informe Mme Boudiaf qu'il pliait bagage pour partir le soir même pour Genève et qu'il ne voulait plus du fauteuil de chef de l'Etat. Motif de son chagrin : les "décideurs", venait-il d'apprendre, n'allaient le créditer que de 53% des voix, et ce score, peu flatteur pour un postulant seul en course, allait être annoncé dans la soirée aux Algériens. "Pas question que j'accepte un chiffre inférieur à celui de Zeroual! Si c'est ainsi, qu'ils trouvent un autre président!" s'étouffe le candidat Bouteflika... Abdelaziz Bouteflika tenait à son chiffre, "supérieur à celui de Zeroual". Quitte à faire truquer, autant truquer complètement pour ma petite personne, semblait dire Bouteflika! Devant l'obstination du futur président, les généraux décident, à 17h, de changer le score de Bouteflika, en concertation avec l'homme qui allait devenir "démocratiquement", trois heures plus tard, le président de la République : il sera "élu" avec 73,79% des suffrages exprimés. Liamine Zeroual avait bénéficié des voix de 7 088 618 d'Algériens en novembre 1995? Qu'à cela ne tienne : Abdelaziz Bouteflika aura 7 442 139 bulletins en sa faveur, soit 353 521 de plus!" 


Cette fois-ci Bouteflika pour son scrutin référendaire s'est vu gratifier d'un oui à plus de 97,36% ("Un chiffre hallucinant", Nouvel Obs.com 30.09.05). S'agit-il d'une mauvaise farce que l'on aurait fait à Bouteflika? Un score digne des plus grandes dictatures bananières avec l'aval de la Françafrique.

Libération relate que «Même les grands-pères décédés ont voté»  : ..."«Record», un militant des droits de l'homme, s'en amuse : «Normal : "on" se retrouve à avoir tous voté, alors que les bureaux de vote de l'Algérois étaient quasi déserts et que, parfois, les gens ne savaient pas où ils se trouvaient. Même les grands-pères décédés ont voté !» Avec son fils, il a passé la journée à «tourner» dans la capitale et sa périphérie. Ils ont fait le même constat que la plupart des observateurs présents à Alger : une affluence bien faible pour une participation si importante".  Cela n'a pas empêché la France de constater que ce srutin avait été démocratique. Référendum en Algérie: la France salue "cette consultation démocratique" (AFP 30.09.05). As usual en Françafrique. Peu importe pourvu que ça passe telle est l'invariable loi d'airin françafricaine.

Darfour : la politique génocidaire de Khartoum se poursuit.  Massacres au Tchad qui?

La violence semble à nouveau se déchainer dans le Darfour et déborder dans la région limitrophe du Tchad. De nombreux nettoyages ethniques dans des villages du Darfour sont perpétrés par les Janjawids. Ces milices sont armées par le gouvernement soudanais selon Human Rights Watch (02.03.05 Le leader des milices au Darfour implique Khartoum). Pour Gérard Prunier, chercheur au CNRS, «Le but [de ce génocide] étant de chasser les négro-africains d'une partie du territoire pour récompenser des tribus arabes dans l'idée qu'elles vont être pro-Khartoum.» (RFI 09.09.05 "Darfour : un génocide ambigu"). "L'Union africaine a accusé samedi les forces soudanaises et les milices arabes Janjawid d'avoir tué au moins 44 civils dans la région du Darfour au cours des deux dernières semaines. Baba Gana Kingibe, chef de la Mission de l'Union Africaine au Soudan, a cité quatre exemples "d'opérations offensives" menées par le gouvernement et les Janjawids depuis le 18 septembre au Darfour" (L'Union africaine accuse le gouvernement soudanais d'attaques contre des civils , AFP 01.10.05). Ces dernières violences coïncideraient avec les attaques menées depuis fin août par l'Armée de libération du Soudan (SLA).  Ce conflit a débordé sur le Tchad voisin où selon le dictateur Idriss Déby les Janjawids auraient massacré une cinquantaine de villageois (Près de 50 morts dans l'attaque d'une ville de l'est du Tchad, AFP 27.09.05). Néanmoins, des témoins affirment avoir vu des militaires tchadiens roder dans les parages (entendu sur RFI). Difficile de savoir si le pouvoir tchadien instrumentalise ses massacres pour contrer l'offensive de Khartoum qui soutiendrait plus de 3000 opposants au pouvoir en place. Les milices de Déby sont aussi habituées à faire des razzias parmi les villages tchadiens. 

Selon un article du Monde (01.10.05),
au
Soudan: "Le Tchad ne peut pas espérer sortir indemne de la crise". Roland Marchal, chercheur au CNRS et rédacteur en chef de la revue "Politique africaine", déclare que les Janjawids portaient des uniformes de l'armée soudanaise au moment de l'attaque. Conscient de la menace que fait peser Khartoum sur son régime le dictateur Idriss Déby en appelle à la France qui a déja déployé ses troupes pour sécuriser la frontière depuis bientôt un an. Et il confirme dans le Figaro  Le Tchad a "toujours besoin" des forces françaises estime le président Déby. Gouverneur kleptocrate à peau noir mis en place par la France , Déby ne doit son règne qu'au soutien de la France. Le risque d'embrasement de la sous-région est d'autant plus grand que Déby arma un temps soit peu les Zaghawas (communauté dont il vient et qui l'a porté au pouvoir) pour déstabiliser le Darfour. Par la suite Déby adopta une attitude de neutralité qui failli lui couter sa place suite au coup d'état du printemps dernier par une partie des caciques Zaghawas de l'armée qui viennent grossir les rangs des deux mouvements rebelles au Dafour (Mouvement pour la Justice et l'Egalité, le MJE et l'Armée de Libération du Soudan, l'ALS). Pour faire court, Khartoum arme les Janjawids et mène une politique génocidaire d'épuration ethnique pour faire fuir les habitants d'une région que l'on dit pleine de promesses pétrolières.  Déby avait su garder une apparence de neutralité envers Khartoum mais selon Roland Marchal, le régime de Khartoum ne pardonnerait pas à Déby de s'être rapproché des deux mouvements rebelles (Le Monde 01.10.05 Soudan: "Le Tchad ne peut pas espérer sortir indemne de la crise").

Qui est à l'origine des massacres au Tchad? La question demeure...  

TOGO, l'ONU impute au régime de Faure cinq cent morts 

Un rapport du haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme affirme que les forces de sécurité togolaises sont largement responsables des violences dans lesquelles 400 à 500 personnes ont péri durant l'élection présidentielle. "Exécutions sommaires perpétrées par les forces armées" , "actes de torture atroces et aveugles commis à grande échelle" , "arrestations arbitraires" d'opposants... Le document dresse une liste implacable d'exactions, établie en juin, lors d'une "mission d'établissement des faits" sur place.  Une mission d'Amnesty International avait évoqué le rôle de soutien logistique de la France à l'armée Togolaise, la plupart des munitions utilisées par l'armée togolaise ont été fabriquées en France tandis que l'ONU signale "le rôle douteux (...) d'experts étrangers" dont le juriste français Charles Debbasch aurait contribué à modifier la constitution togolaise.Pressafrique avait dénoncé en temps réel ces crimes contre le peuple Togolais ainsi que le trucage des élections qui ont permis à Faure de venir au pouvoir et de mâter l'insurrection populaire avec l'aval de la France et de la CEDEAO. On ose espérer que la Cour Pénale Internationale osera se prononcer sur ce que l'on peut bien appeler un crime contre l'humanité passé sous silence par l'Union Européenne au nom de la raison françafricaine.

Menace sur la RDC : Arrêtons le carnage et l'exploitation économique!

Après le Rwanda, c'est au tour de l'Ouganda de menacer d'intervenir militairement dans l'Est de la RDC en raison de la présence de plusieurs rebelles de l'Armée de résistance du seigneur. Pourtant le lieutenant général Aronda Nyakairima, dans le quotidien New Vision, a déclaré que "L'Armée du seigneur est seulement un groupe défait et je suis certain qu'ils sont seulement en train de fuir pour leur survie" (RFI 01.10.05 Les rebelles de l'Armée de résistance du seigneur entrent en RDC ). Or depuis la mi-septembre, selon RFI, des milliers de militaires ougandais, soutenus par des blindés, se sont déployés dans le nord-ouest de l'Ouganda et dans le sud-ouest du Soudan à la frontière avec la RDC. Une situation précaire où les deux voisins Ouganda et Rwanda craignent de perdre la main-mise sur les richesses de leur voisin agonisant. Selon Amnesty International (28.09.05 Democratic Republic of Congo: Peace process at risk if political and military rivalries in North-Kivu province are not addressed), des tensions croissantes dans l'Est de la RDC menacent de relancer de vastes combats. L'organisation de défense des droits de l'Homme accuse l'Ouganda et le Rwanda, qui avaient précédemment envahi l'Est du Congo, de jouer un rôle prépondérant dans la déstabilisation de cette région. De nombreux rapports d'ONGs ont montré que le Rwanda et l'Ouganda ainsi que d'autres pays limitrophes participaient au pillage économique de la RDC (Pressafrique, 12.08.05 le pillage économique ) Les autorités de transition congolaise loin d'avoir contribué à l'appaisement sur le terrain ont renforcé les tensions ethniques en fonction de leur appartenance politique et de leurs intérêts économiques. Selon le rapport "le Nord-Kivu est actuellement le lieu où se déroulent des antagonismes politiques et militaires nationaux...Plutôt que d'améliorer le climat sécuritaire dans le Nord-Kivu les autorités de transition de la RDC aux niveaux gouvernemental et provincial ont permis une détérioration de la situation, y compris une inflammation des tensions ethniques".  Dans l'indifférence de la communauté internationale "quelque 31.000 Congolais meurent chaque mois des suites de la violence directe ou de maladies évitables ainsi que de la famine ocasionnée par l'insécurité, le déplacement et le manque d'accès aux soins" (Amnesty International28.09.05). Amnesty accuse également le Rwanda et l'Ouganda de continuer de s'ingérer dans les affaires de la RDC en apportant du soutien aux groupes armées dans l'est du Congo et - dans le cas du Rwanda - en déployant des troupes dans l'Etat voisin. "Plusieurs fois de suite l'affirmation des gouvernements rwandais et ougandais, selon laquelle ils étaient simplement en train d'exercer un droit à l'autodéfense, a été affaiblie par les violations systématiques des droits de l'Homme commises par leurs forces ou par des groupes armées congolais à leur solde" (cité par IPS 29.09, Amnesty International sonne l'alarme sur la RDC).

Si l'Ouganda et le Rwanda intervenaient militairement on pourrait s'attendre à une véritable hécatombe en RDC. Déja 3,5 millions d'individus auraient perdu la vie depuis la guerre qui a ravagé ce pays et qui touche essentiellement la population civile. Le Rwanda étranglé par la dette odieuse du génocide se rattrape sur la manne financière que constitue les richesses congolaises (Coltan, Or,...).  De plus selon Damien Millet, Le Rwanda "n'est plus maître de son économie, il est complètement sous contrôle. Une part importante de sa souveraineté est perdue, car les décisions ne sont plus prises à Kigali, mais à Washington, Paris, Londres ou Bruxelles. Si un gouvernement rwandais souhaitait, par hypothèse, augmenter les salaires de ses fonctionnaires de 10 %, il se heurterait aussitôt au veto du FMI". (L'Humanité 29.09.05, Dette. « Un cadeau qui n'en est pas un » ).
On ne rappellera jamais assez le rôle des bailleurs de fonds occidentaux dans la crise qui mine actuellement la RDC. De la Françafrique qui a armé les génocidaires du Hutu power et instrumentalisé les FDLR sans oublier l'Américafrique qui arme et soutient politiquement le Rwanda et l'Ouganda ni l'Israëlafrique qui au travers de compagnies israeliennes vend des armes à de nombreux partis en conflit dans la région notamment à l'Ouganda, à la RDC et au Rwanda (Amnesty International 05.07.05 RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO. Les exportations illégales d'armes exacerbent les meurtres, les viols en masse et les actes de torture). Dans ce rapport Amnesty International avait dévoilé le rôle joué par les fournisseurs, les négociants et les transporteurs qui exportent des armes depuis de nombreux pays, notamment l'Afrique du Sud, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, les États-Unis, Israël, la République tchèque, le Royaume-Uni, la Russie et la Serbie en oubliant la Françafrique.

Les manuscrits de Tombouctou exposés pour la première fois

A Johannesburg, des manuscrits de Tombouctou exposés pour la première fois
"...Seize des quelque 25.000 manuscrits conservés dans ce centre de recherche ont fait le voyage de Tombouctou, dans le nord du Mali, jusqu'à la pointe sud de l'Afrique. Certains de ces textes, parfois enluminés à l'or fin, datent du XIIIe siècle.  "Il y a là une biographie du prophète Mahomet, mais aussi des traités de musique, d'astronomie, de physique, de pharmacopée traditionnelle. Nous avons voulu montrer que, contrairement à ce que les gens pensent souvent, les manuscrits ne traitent pas que de l'islamisme", a expliqué M. Dicko..."(AFP 01.10.05 A Johannesburg, des manuscrits de Tombouctou exposés pour la première fois)

La nazi attitude du Namibian Weekly

Le journal germanophone namibien "Namibian Weekly" a du faire ses excuses à son lectorat suite à la parution dans ses colonnes d'un encart faisant part de la "joie et de la satisfation" d'un groupe d'Allemands suite au décès de Simon Wiesenthal. Ce grand homme survivant de l'Holocauste avait traqué toute sa vie durant les anciens nazis protégés par des états complices. Il fut celui qui permis l'arrestation d'Adolf Eichmann et de nombreux autres nazis en fuite. La justification du journal pour avoir accepté cet encart publicitaire fut d'avoir "reçu beaucoup d'argent et que c'était une grosse somme d'argent". En somme le mercantilisme peut justifier le cautionnement d'une propagande haineuse de néonazi. C'est l'ambassadeur d'Allemagne en Namibie qui a dû demander à ce que ce journal se "distancie de cet encart honteux" tandis que  la société de défense des droits de l'Homme en Namibie a condamné cette publication comme "une propagande nazie honteuse". Ancienne colonie allemande, la Namibie avait déja expérimenté à son dépend en avant-première les méthodes génocidaires des troupes du Reich (colonial) en 1904. Certains aliénés feraient bien d'accéder à leur passé pour comprendre ce que représente l'Horreur et en condamner l'ignominie. Quoiqu'il en soit des médias respectables ne doivent pas servir de plateforme pour promouvoir le racisme, l'intolérance et les idéologies de néoazis en quête de revanche. Il est bon de le rappeler.

Injure raciste sur France 3 condamnée par un tribunal correctionnel

Suite aux propos choquants de Dieudonné dans l'émission de Marc-Olivier Fogiel sur France 3 ("On ne peut pas plaire à tout le monde"), on avait vu défiler à l'écran lors de l'émission suivante diffusée en décembre 2003, un texto raciste : "Dieudo, ça te ferait rire si on faisait des sketches sur les odeurs des blacks? Té tellement bête que ça me choque même plus". Pourtant le texto ne venait pas de la propagande de la Chiraquie coachée par Pasqua en quête des électeurs d'extrême droite (Afrik.com 30.09.05, Affaire Dieudonné : Fogiel condamné pour « injure à caractère raciste » ). Il ne s'agissait pas des propos injurieux d'un président en campagne française au sujet du "bruit et de l'odeur" des immigrés mais bel et bien des responsables de l'émission de France 3 qui ont sciemment diffusé un texto à caractère raciste. "Censé être un condensé des réactions des téléspectateurs, il a été rédigé par un assistant, Alexandre Gamelin, sur demande de son supérieur, le journaliste Laurent Bon."Afrik.com 30.09.05).  Ainsi le tribunal correctionnel de Montpellier vient de condamner, le 29.09.05, l'émission de France 3 pour "injure à caractère racial".  

 "Marc-Olivier Fogiel, animateur de l'émission "On ne peut pas plaire à tout le monde" sur France 3, a été condamné à 5.000 euros d'amende, M. Tessier à 4.000 euros, Laurent Bon, journaliste, à 2.000 euros et Alexandre Gamelin, assistant de production, à 1.000 euros.

Le tribunal a ordonné en outre la diffusion de la condamnation dans la prochaine émission de Marc-Olivier Fogiel et sa publication dans plusieurs journaux." (AFP, 29.09.05 Plainte de Dieudonné pour "injure raciale": Fogiel et Tessier condamnés )

Pour l'instant l'affaire n'a pas eu le retentissement médiatique que souhaitait lui donner le tribunal correctionnel de  Montpellier.