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 PRESSAFRIQUE 11.10.05
Semaine du 01.10 au 07.10.05

Déportation des immigrés africains dans le désert = un crime contre l'humanité hispano-marocain? - Génocide rwandais : l'étrange inertie de la justice française - Le régime de Déby va mal - Bob Denard mis en cause - Le Sénégal doit extrader Hissène Habré vers la Belgique - Le trucage des élections en Françafrique comment ça marche? - Marchiani balance - Polémique sur un virus mortel

Déportation des immigrés africains dans le désert = un crime contre l'humanité hispano-marocain?

Sans aucun doute, la déportation des immigrants noirs du Maroc, de l'enclave de Ceuta et Melilla par les forces armées marocaines avec l'aval des autorités marocaine et espagnole constitue une violation flagrante des droits de l'homme qui remet sérieusement en cause la politique de régulation de l'immigration de l'Union Européenne. Des centaines voir des milliers d'Africains ont été déportés en masse sans vivres dans le plus grand dénuement dans le désert par les autorités marocaines. A l'heure où l'Espagne et le Maroc se félicitent de leur coopération pour lutter contre l'immigration il y a sans doute des dizaines de morts liés à cette politique monstrueuse. Après les grillages en barbelé encerclant les enclaves de Ceuta et Melilla, après les tirs à balles réelles du côté marocain et en caoutchouc à bout portant côté espagnol pour arrêter les hordes d'immigrants (Six morts de plus à Melilla, L'Express 07.10.05, Controverse hispano-marocaine après la mort de cinq immigrants à Ceuta Africatime 06.10.05), après le racket, les blessures, les brimades, les vols exercés par des soldats marocains, les autorités espagnoles remettent les immigrants Africains aux autorités marocaines qui les déportent en masse dans le désert. Médecins sans frontières (MSF) a accusé le Maroc d'avoir abandonné dans le désert au moins 400 Africains capturés près de l'enclave espagnole de Melilla.(MSF accuse le Maroc d'abandonner des clandestins dans le désert AP 07.10.05). Sans provisions, souvent blessés, ces pauvres ères risquent de mourir dans le désert avec la bénédiction des autorités espagnoles. Or selon l'article 7 du statut de Rome concernant la Cour Pénale Internationale, onze actes sont constitutifs de crimes contre l'humanité, lorsqu'ils sont commis « dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile et en connaissance de l'attaque » :  meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement [.], torture, viol, esclavage sexuel [.], persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre racial, religieux [.], disparitions forcées de personnes , crime d'apartheid, autres actes inhumains [.]...".

La question est de savoir si la politique menée actuellement à l'encontre des immigrés africains du Maroc relève de crimes contre l'humanité.

Génocide rwandais : l'étrange inertie de la justice française

Onze ans après le génocide rwandais, la justice française tarde à se pencher sur la responsabilité de son armée dans ce génocide responsable de plus de 800.000 morts. Selon Le Monde, "la plainte contre X...avec constitution de partie civile déposée le 16 février au nom de six rescapés tutsis pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "complicité de génocide" auprès du doyen des juges d'instruction du tribunal aux armées de Paris (TAP) n'a toujours pas entraîné de réquisitoire introductif du parquet..." (La justice embarrassée par la plainte de six rescapés du génocide rwandais contre l'armée française, Le Monde 07.10.05). Les faits rapportés par les témoins sont pourtant particulièrement graves.

"Les six plaignants mettent en cause le rôle de l'armée française lors du génocide commis en 1994 au Rwanda. La France était la seule puissance étrangère présente dans le pays avec l'opération Turquoise, une opération humanitaire sous mandat de l'ONU. Certains accusent aujourd'hui d'avoir prêté main forte aux génocidaires plutôt que d'aider les victimes. Les plaignants assurent que les soldats français laissaient des membres des Forces armées rwandaises (FAR) ou de la milice interahamwe entrer dans ces camps pour y appréhender des Tutsis". (AP 29.06.05 Rwanda: les six plaignants contre l'armée française vont être entendus). De manière plus précise, "les plaignants accusent des soldats français d'avoir aidé les responsables du génocide à débusquer leurs victimes et d'avoir commis eux-mêmes des meurtres et des viols. Ils reprochent aussi aux militaires de l'opération Turquoise d'avoir persuadé le 27 juin 1994 des milliers de Tutsis de quitter leurs caches près de Bisesoro, dans le sud-ouest du pays, en leur promettant de revenir. Mais les miliciens hutus seraient arrivés avant leur retour, massacrant des milliers de personnes." (Des plaintes ont été déposées contre X, d'autres sont en cours de préparation.CEC 03.02.05). Le 16 février, des victimes rwandaises du génocide perpétré en 1994 ont saisi la justice française de plaintes contre X, visant en réalité des militaires français mais la justice française n'a toujours pas instruit l'affaire. Or l'inertie de la justice à juger les présumés génocidaires réfugiés sur le territoire français semble de mauvaise augure. Ainsi la Cour Européenne des droits de l'Homme, a condamné la France, le mardi 08.06.2004, pour la lenteur de sa justice saisie depuis plus de huit ans pour des actes de génocide commis au Rwanda dans l'ancienne paroisse d'un vicaire rwandais résidant en France (Pressafrique 13.06.04 Du génocide comme politique étrangère, de son impact sur la culture? ). 

L'Humanité (16.05.05) avait déja signalé la grande inertie de la justice française : "Faisant grise mine au Tribunal pénal international, minorant sa participation financière et refusant toute extradition, Paris s'entête à faire de notre pays une terre d'impunité pour les massacreurs rwandais de 1994."
Quant au Canard, il pointait le peu d'empressement de la justice de notre pays à faire aboutir des affaires en lien avec les génocidaires rwandais où la France a eu un rôle majeur dans le soutien constant apporté aux génocidaires.

CANARD ENCHAINE 05.07.05 
Le procès rwandais fait à la France

 ...La semaine dernière, l'ONU a demandé que soit jugé à Paris l'un de ses ex-employés, accusé par les autorités de Kigali (Rwanda) d'avoir participé aux massacres qui ont fait 800 000 morts en 1994. Limogé par l'organisation internationale, le suspect avait trouvé refuge en France en 2003. Où, pour le plus grand bonheur de tous les génocidaires présumés, les gouvernements successifs ont montré peu d'empressement à traiter ces affaires. Les chefs de la glorieuse armée française n'ont aucune envie qu'à l'occasion de tels procès puisse être établie une quelconque responsabilité de leurs troupes dans le génocide. En témoigne la longue marche entreprise depuis plusieurs mois par quelques Tutsis...


Le régime de Déby va mal

Après le relâchement de quatre journalistes le régime criminel d'Idriss Déby a de nouveau arrêté un journaliste (Arrestation de Tchanguis Vathanka, protestation Tchadiens.com 29.09.05)  tandis que des opposants accusés d'être des Djanjawids sont torturés (Alwihda Comment Moussa Alkhali a été torturé par le régime du président tchadien). Si les exactions continuent, le régime semble confronté de plus en plus à une opposition armée en provenance du Darfour qui fait à nouveau planer l'ombre d'un coup d'état. Toujours selon Alwihda (05.10.05), une nouvelle rébellion armée aurait éclaté au sein de l'armée de Déby : "Plus d'une quinzaine de véhicules militaires bourrées d'hommes dont 7 chargés d'armes lourdes se sont retirés, aujourd'hui, des villes de l'Est et du nord-Est tchadien (Abéché, Biltine, Ounianga.) dirigés par leur commandant Yahya Adoul vers une destination qui semble être provisoirement Bahai". (Alwihda)

Bob Denard mis en cause

Familier des missions clandestines et de la déstabilisation du continent africain (Congo, Biafra, Yemen, Comores,...), le mercenaire Bob Denard longtemps à la solde de la politique africaine de l'Elysée comme l'a révélé Maurice Robert ancien responsable de la DGSE (Maurice Robert. Ministre de l'Afrique: Entretiens avec André  Renault), a été renvoyé devant le tribunal correctionnel, en compagnie de 26 personnes, pour répondre du délit "d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime". En l'occurence, le crime reproché à Denard est constitué par l'arrestation et la séquestration arbitraires de Saïd Mohamed Djohar, président de l'ex-République fédérale islamique des Comores ( RFIC), lors d'une tentative de coup d'Etat qui s'était déroulé du 27 septembre au 4 octobre 1995. (Lire dans Le Soir du 03.10.05 : Coup d'Etat aux Comores: le mercenaire Bob Denard dans le filet de la justice 


Le Sénégal doit extrader Hissène Habré vers la Belgique

Sur la base d'une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne, la justice belge a lancé le 19 septembre un mandat d'arrêt international à l'encontre d'Hissène Habré, qui vit à Dakar depuis son renversement en 1990. Des violations graves des droits de l'homme durant sa présidence lui sont reprochées (1982 à 1990). Massacres de masse, arrestations collectives, systématisation de la torture.  La Commisson d'enquête sur ses crimes et exactions, présidée par le magistrat Mahamat Hassan Abakar, dénombrera 40 000 personnes tuées ou disparues de 1982 à 1990. Une grande partie des troupes d'Hissène Habré ayant participé au massacre furent dirigées personnellement par l'actuel Président Idriss Déby alors chef d'Etat major des armées avant qu'il ne tombe en disgrâce. (Dossier Noir de la politique africaine de la France N°13 éd. l'Harmattan, Paris, 1999). Hissène Habré, dénommé le "Pinochet africain" fut chassé le 1er décembre 1990 de son trône sanglant par la Françafrique. La raison officielle en était le refus de mettre en place un multipartisme préconisé par François Mitterrand au sommet de la Baule. Officieusement, Hissène Habré avait voulu renégocier les accords dits de coopération signés avec la France et fermer toutes les bases de l'armée coloniale française sur le sol national ( Alwihda).  Tandis qu'Hissène Habré s'enfuyait avec les liquidités publiques, Idriss Déby accompagné de l'officier de la DGSE Paul Fontbonne rentra à N'Djaména sans guère rencontrer de résistance. Idriss Déby perpétua avec le soutien de la Françafrique le règne sanglant de son prédecesseur avec à son actif 25.000 morts selon Alwihda. Cela n'a pas empêché les dirigeants français successifs de droite comme de gauche de soutenir un criminel contre l'humanité pour la raison néocoloniale . Quant à Hissène Habré il se réfugia au Sénégal en 1990, d'où il bénéficie encore aujourd'hui de la protection et de l'hospitalité des autorités sénégalaises.

Les membres de l'Association des victimes de crimes et répressions politiques au Tchad (AVCRP), une ONG tchadienne ont adressé vendredi à Dakar un "message vibrant au peuple sénégalais" pour demander l'extradition du tchadien Hissène Habré vers la Belgique ( Appel de Tchadiens aux Sénégalais pour l'extradition d'Hissène Habré AFP, Lettre ouverte des victimes de Hissène Habré à la nation sénégalaise,
Human Rights Watch 03.10.05 ). De même la FIDH dans une lettre ouverte au président Abdoulaye Wade demandait de prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher qu'Hissène Habré ne quitte le territoire sénégalais autrement qu'en vertu d'une procédure d'extradition et à répondre positivement à la demande d'extradition d'Hissène Habré par la Belgique (FIDH 03.10.05 Lettre ouverte à Monsieur Abdoulaye Wade ). Pour l'instant le Sénégal tarde à donner sa réponse. Il est vrai que si un gros bonnet françafricain comme Hissène Habré tombait dans les filets de la justice belge, certaines moeurs de la Françafrique pourraient être révélées

 Le trucage des élections en Françafrique comment ça marche?

  Le truquage des élections dans le pré-carré africain francophone reste une des grandes traditions françafricaines fondées en grande partie sur l'expérience française en matière de technologie informatique. Face à des peuples qui se sont vus imposer des "gouverneurs à peau noir" au service de la France dans une optique néocoloniale, la pérennisation de leur sacre s'est faite par la terreur (tortures, assassinats, massacres) et par le trucage des élections made in France.  Pendant ce temps là, certains médias et une partie du magistère intellectuel parlent hypocritement de post-colonialisme et célébrent la bouche en coeur les thèses négrologiques évoquant l'incapacité des Africains à se diriger et à accéder à la démocratie. Ces kleptocrates africains au service de la France pillent leur pays et leur peuple pour verser leur gabelle à l'Etat-mère et à leur clan dit "ethnique". Albert Bongo au Gabon, Idriss Déby au TchadEyadéma au TogoBokassa puis Patassé et Bozizé en Centrafrique furent imposés par l'ancienne puissance coloniale et leur règne pérénisé par le trucage des élections... Lire la suite cliquez ici    

Marchiani balance

L'ancien député européen Jean-Charles Marchiani, jugé à Paris pour avoir bénéficié de commissions présumées occultes en marge d'un contrat entre une société allemande et Giat Industrie en 1993, a mis en cause Jacques Chirac et Alain Juppé, mardi lors de son procès à Paris pour trafic d'influence.
"Il a affirmé que Jacques Chirac, après son échec à la présidentielle en mai 1988, lui avait demandé de maintenir en place une structure parallèle aux services secrets, créée pour négocier la libération des otages français au Liban. Il a par ailleurs estimé que les "maladresses" d'Alain Juppé, alors Premier ministre, étaient responsables de l'exécution par des islamistes des sept moines français de Tibéhirine, en Algérie, au printemps 1996. "M. Juppé a le sang de ces hommes de Dieu sur les mains", a-t-il lancé au tribunal..." (Libération 04.10.05,
Jean-Charles Marchiani met en cause le président et Alain Juppé ).

Polémique sur un virus mortel

Des chercheurs américains ont réussi à recréer le virus de la grippe espagnole qui avait fait de 20 à 50 millions de morts en 1918. Cette découverte a été considérée comme une aide précieuse pour comprendre comment ce virus a pu devenir léthal, pour comprendre comment se protéger de tels virus supposés aviaires et pour permettre de préparer au mieux la mise au point d'un vaccin efficace contre une souche mutée du virus de la grippe aviaire qui menace le monde. D'autres ont pointé le caractère particulièrement dangereux de cette résurrection, notamment le risque de diffusion dans de nombreux laboratoires du monde entier de la séquence génétique du virus avec un risque de bioterrorisme.

 RFI 06.10.05
Tirer les enseignements de la grippe espagnole

La grippe espagnole, qui a fait environ 20 millions de morts en 1918, avait vraisemblablement une origine aviaire. C'est la raison pour laquelle les chercheurs poursuivent leurs travaux sur le virus H1N1 responsable de cette terrible épidémie, dans l'espoir de mieux comprendre les mécanismes qui lui ont permis de devenir aussi meurtrier et surtout transmissible entre êtres humains. C'est donc pour faire avancer la recherche sur le vaccin contre une potentielle souche mutante de l'actuel H5N1, qu'une équipe américaine a recréé in vitro le virus de la grippe espagnole.Recréer un virus pour mieux en combattre un autre. C'est ce que les chercheurs de l'équipe de Jeffrey Taubenberger de l'Institut de pathologie des forces armées de Rockville aux Etats-Unis ont essayé de faire. Ils ont ainsi utilisé les tissus pulmonaires d'une victime de la grippe espagnole enterrée dans le pergisol (sol en permanence gelé) d'Alaska pour réaliser le séquençage des gènes du virus H1N1, responsable de l'épidémie de 1918...Car c'est là le deuxième enjeu de ces recherches : essayer de comprendre comment un virus aviaire est devenu un virus humain. Le H5N1 qui se propage en Asie depuis 2003 n'en est pas encore arrivé à ce stade. Les cas de contamination humaine enregistrés ont tous pour origine un contact rapproché avec des volatiles infectés. Pour le moment, aucune contamination entre deux personnes n'a été signalée. Mais selon les scientifiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce n'est qu'une question de temps. Un jour ou l'autre, ils en sont persuadés, le virus va muter. Et à partir de ce moment-là, il faudra réagir très vite pour éviter une propagation à l'échelle de la planète. C'est pourquoi l'étude du virus de la grippe espagnole peut faire gagner un temps précieux en permettant de préparer au mieux la mise au point d'un vaccin efficace contre une souche mutée. L'étude des trois derniers gènes du H1N1 (qui en compte huit au total) est de ce point de vue très importante. L'équipe de Jeffrey Taubenberger a mis en valeur l'existence sur ceux-ci d'«anomalies» qui pourraient avoir joué un rôle clef dans le processus d'humanisation puisqu'on ne les retrouve pas dans les gènes de tous les virus aviaires mais seulement dans ceux qui sont à l'origine de contaminations humaines, dont le H5N1 fait partie.  La découverte de similitudes entre le virus de la grippe espagnole et l'actuel virus de la grippe aviaire est à la fois rassurante parce qu'elle montre que la recherche avance, et inquiétante parce qu'elle semble confirmer le danger potentiel que représente l'épidémie qui frappe pour le moment les volatiles. De ce dernier point de vue, elle va dans le sens de l'OMS qui ne cesse de tirer la sonnette d'alarme. Il est vrai que depuis 2003, malgré les efforts pour limiter sa propagation dans les élevages, le virus continue sa progression et le nombre de victimes humaines augmente. On a comptabilisé à ce jour 66 décès de personnes contaminées par le H5N1.

THE GUARDIAN 06.10.05 
(traduction Pressafrique)

Fears as flu virus is recreated
Les scientifiques ont recréé le virus de la grippe espagnole, un des plus dangereux virus ayant jamais existé, en dépit des mises en garde de nombreux chercheurs qui craignent que ce virus présente une menace très importante pour la sécurité. Et cela en dépit des mesures de protection du virus enfermé dans un laboratoire du gouvernement de haute sécurité à Atlanta, en Georgie, après 9 année d'effort pour reconstruire l'agent infectieux qui balaya le monde en un temps record et fut responsable de la mort d'environ 50 millions de morts.

La séquence génétique est accessible aux scientifiques du monde par internet, une mesure qui fait craindre à certain qu'il pourrait être construit dans d'autres laboratoires. Sa reconstitution a été effectuée dans la perspective de comprendre ce qui a rendu l'épidémie de 1918 si dévastatrice. Dans le journal Science, une équipe menée par le dr Jeffery Taubenberger à l'Institut des Forces Armées de Pathologie du Maryland montre que le virus recréé est extrêmement puissant. Quand il est injecté à une souris, celle-ci perd 13% de son poids en deux jours et meurt en six jours...Des tests ont révélé que le virus de la grippe espagnole se multipliait si rapidement qu'après 4 jours les taux de la souris était 39 000 fois plus élevés que lorsque l'on utilise une souche commune de virus de la grippe. Les chercheurs du gouvernement et de l'armée qui ont reconstitué le virus ont déclaré que leur travail a fourni une compréhension inestimable sur sa structure génétique pouvant expliquer sa léthalité. Mais d'autres chercheurs ont prévenu hier que ce virus pourrait très bien échapper de ce laboratoire.

"Ceci pourrait soulever la question de savoir si ils n'ont pas créé une arme biologique de destruction" a dit le professeur Ronald Atlas du centre de disuasion des armes biologiques et du Bioterrorisme  à l'Université de Louisville au Kentucky. Un meeting tenu en urgence la semaine dernière par l'US National Science Advisory Board for Biosecurity a conclu que la publication des résultats et de la strucure génétique du virus sur une base de données internet apportait plus de bénéfices que de risques. Beaucoup de scientifiques restent sceptiques. "Une fois que la séquence génétique est accessible publiquement, il y a un risque théorique que n'importe quel biologiste moléculaire avec des connaissances suffisantes puisse recréer le virus" a déclaré le Dr JohnWood, un virologiste du National Institute for Biological Standards and Control in Potters Bar...