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 PRESSAFRIQUE 12.12.05
L'indécente francophonie s'exhibe au Niger
( ou le scandale moral des Vème jeux de la francophonie )

 Surprenante organisation de la francophonie qui, dans le pays le plus pauvre du monde (selon l'indice de Développement Humain du PNUD) miné par une crise alimentaire aigüe qui confine à la famine, n'hésite pas à organiser les cinquièmes jeux de la francophonie qui vont s'avérer ruineux pour le pays organisateur. Si l'on a beau dire que le choix du pays d'accueil avait été fait en 1999, ce déballage de luxe et de frivolité sportive aurait nécessité d'être réévalué à la faveur de la grave crise alimentaire que traverse le Niger. Près de 3 millions de personnes sur 12 millions d'habitants (RFI 12.12.05) soit un quart de la population sont menacés par la famine et vivent dans une précarité extrême tandis que des épidémies de choléra sévissent. Selon Médecins Sans Frontières, des dizaines de milliers d'enfants souffrent de malnutrition sévère au Niger et la situation pour 2006 s'annonce encore dramatique. Et c'est dans ce déballage de misère que l'opulente francophonie s'exhibera du 7 au 15 décembre en aggravant au frais du contribuable nigérien le trou budgétaire du Niger. Le budget global des jeux pourrait s'élever à 11 millions d'euros et le Niger devrait à lui seul combler plus des trois quarts du budget soit 8 millions d'euros (source Juan Gomez, appels sur l'Acualité, RFI 11.12.05), l'équivalent de l'aide française annuelle au Niger. C'est à croire que l'empire n'a ni foi ni moral et abuse de ses dépendances africaines pour organiser ses jeux fédérateurs au frais des plus pauvres. Le peuple a besoin de pains et de jeux disait-on à l'époque de l'empire romain dans les arènes où combattaient les gladiateurs. Cette année, dans l'espace de l'Afrique francophone, il n'y aura que très peu de pains mais beaucoup de jeux. Il n'est pas sûr que cela nourrise son homme. 

Comme exemple de réussite pour la francophonie on aurait pu faire mieux. A défaut les pays riches de cette organisation (France, Canada et Monaco) auraient pu assurer sans contre-partie la totalité des dépenses budgétaires et des frais inhérents à l'organisation des jeux au Niger. Un geste charitable qui n'aurait pas manqué de revaloriser cette organisation en perte de crédibilité et qui semble plus encline à aggraver les déficits budgétaires des pays africains les plus pauvres plutôt que de contribuer à leur prospérité.