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 PRESSAFRIQUE 09.10.06
Un préfet piégé par un humoriste tient des propos incongrus

 Le préfet du Val de Marne, Bernard Tomasini, a été piégé par l'humoriste Gerald Dahan qui s'est fait passer pour le député Philippe de Villiers. Nonobstant le fait que le pauvre préfet ait été piégé car il se devait de se montrer au diapason d'un député particulièrement réactionnaire, ce qui nous semble plus particulièrement intéressant d'un point de vue socio-culturel est les clichés auxquels il fait appel pour stigmatiser les Africains sans papiers montrant s'il en était besoin que les préfets comme le citoyen lambda sont soumis au même type de formatage de leur mode de représentation de l'altérité exotique. 

DAILY MOTION 03.10.06
Préfet piégé : hypocrisie démasquée
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Le préfet du Val-de-Marne, ancien chef de cabinet de Charles Pasqua, quand celui-ci était ministre de l'intérieur a tenu ces propos  : 

"...Mais malheureusement pour le moment on a pu qu'en expulser qu'une dizaine. C'était principalement des Maliens et des Ivoiriens qui nous donnent des leçons ces gens là, qui nous tuent des gens chez eux mais qui nous donnent des leçons...En réalité les squatteurs veulent reconstituer un village africain en plein Paris...".

Encore faudrait-il être un minimum informé de ce qui se passe en Afrique et ne pas gober la désinformation qui sévit dans certaines aires du P.A.F.

Premièrement, les Maliens ne sont pas en guerre civile et n'ont rien contre la France, ils n'ont pas tué à notre connaissance de Français. A moins que le préfet fasse allusion à la manière véhémente dont une partie de la classe politique malienne et de la population ait tancé son mentor Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Bamako au sujet de sa loi sur "l'immigration choisie". Mais encore une fois à notre connaissance il n'y a eu aucune violence dans ce pays démocratique, la contestation à l'égard de l'ancienne puissance coloniale s'est exprimée de manière démocratique ce qui il est vrai est rare dans les pays d'Afrique francophone. En général elle ne s'exprime pas du tout ou est sévèrement réprimée par les néogouverneurs en place. On remarquera donc l'amalgame et la méconnaissance totale de la situation politique dans ces pays. Ce sont tous des Africains, sont-ils donc tous à mettre dans le même lot ? Sont-ils tous en guerre parce qu'Africains? Nous réfutons l'association Africains = Violence !

Enfin concernant les Ivoiriens, comment peut-on tenir pour responsable l'ensemble des Ivoiriens dont un certain nombre ont fui les exactions dans leur pays ? D'où vient une telle stigmatisation et un tel amalgame ?

Cette rhétorique a un air de déja entendu. On se remémorera les propos du locataire de la place Beauvau cité par Le Gri-Gri : "ce sont curieusement les Noirs plutôt que les Arabes qui sont violents". Plus particulièrement "les Ivoiriens et les congolais", a précisé le ministre, toujours selon le Gri-Gri. Le journal ajoute que selon Nicolas Sarkozy, la violence serait "culturelle" dans ces pays d'Afrique (Nouvel Obs.com ).  A croire que bon nombre de responsables politiques ont tous été profondément marqués par les violences en Côte d'Ivoire de novembre 2004 où les médias français montraient avec moult détails les exactions du côté ivoirien (qui n'ont fait aucuns morts du côté civil français) tout  en traitant de manière liminaire le massacre de dizaines de manifestants ivoiriens par l'armée française. Et nous n'évoquerons pas les soupçons qui pèsent sur la Françafrique dans la tentative de coup d'Etat de 2002 à l'origine de la guerre civile en Côte d'Ivoire.

Le Préfet a déclaré ensuite au Monde : "dire la vérité cela fait du bien". Mais de quelle vérité s'agit-il ? Les clichés ont la vie dure !