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PRESSAFRIQUE 27.09.06 | ||
Si cette société n'existait pas la Françafrique l'aurait
certainement inventée. Une société fruit de la mondialisation sauvage qui
est des plus opaques et fait des bénéfices records sur le dos des
Africains. Trafigura Beheer BV est une multinationale basée aux
Pays-bas qui a affrété le navire Probo-Koala propriété d'une
entreprise grecque battant pavillon panaméen avec à son bord un équipage
russe. Selon le Monde (13.09.06) il s'agit de « l'un
des principaux courtiers indépendants sur le marché des pétroles et des
métaux ». Il s'agit d'un géant du pétole dont le chiffre
d'affaires a atteint 28 milliards d'euros en 2005 (Le Canard 20.09.06
Petites mains françaises dans le désastre écologique d'Abidjan). Selon
Bakchich,(Gbagbo y voit rien à la pollution) "Trafigura s'est
largement fait pincer les doigts dans le baril en Irak, dans l'affaire
pétrole contre nourriture. Et surprise, quelques noms bien français
apparaissent dans les cercles de la société de trading, notamment celui de
Patrick Maugein. Ancien proche de Jacques Chirac, dont il fut longtemps le
missi dominici en Afrique et dont il se recommande toujours,
« l'aventurier des affaires » est toujours soupçonné d'avoir
travaillé avec Trafigura en Irak, où il a de nombreuses amitiés. Et
l'affréteur du Probo a été créé par deux anciens poulains de Marc Rich,
l'un des premiers associés de Maugein". Marc Rich trader
américain condamné à 325 ans de prison puis amnistié par Bill Clinton,
quelques jours avant la fin de son mandat présidentiel. Le Canard va encore plus loin
en citant le rapport de la PJ parisienne remis l'an dernier au juge
Courroye et cité par L'Express (juin 2005) : "Maugein a reçu du régime
Saddam Hussein, via la société Trafigura, 13 millions de tonnes de
brut ". Une entreprise qui selon le Canard est en contrat
avec des gouvernements criminels mais amis de la Françafrique
tels que le Soudan et le Congo.
Un sac de noeud difficile à démêler. En tous les cas le propriétaire de la société Soco qui reçoit des champs de pétrole grâce aux amis personnels de Chirac notamment au Congo doit s'étonner de tant de microdéchaînement médiatique autour de lui. Car à priori il n'est pas propriétaire de Trafigura mais plutôt de Soco International enregistrée à Londres.
Deux responsables français de la société Trafigura ont
été arrêtés à Abidjan par les autorités ivoiriennes. D'après un
communiqué de Trafigura Beheer BV, ces deux cadres seraient le directeur et
cofondateur du groupe, et le responsable de la zone
Afrique de l'ouest, en mission en Côte d'Ivoire (Nouvel Obs 19.09.06). Selon Le Canard (20.09.06
Petites mains françaises dans le désastre écologique d'Abidjan
) citant l'association Robin des Bois Trafigura aurait
racheté la société Ecore appartenant au directeur de Trafigura
arrêté à Abidjan. Ecore était une entreprise spécialisée dans le courtage
des produits et de déchets pétroliers. Enfin du côté ivoirien, l'entourage
de Gbagbo aurait été directement mis en cause quant au stockage très
juteux des déchets toxiques dans les décharges d'Abidjan. Toute
cette nébuleuse a un étrange relent françafricain. Heureusement la
justice hollandaise a été saisie de l'affaire et pourrait faire des
révélations pour le moins fracassante sur les méthodes de
cette société enregistrée en Hollande en s'occupant de près du cas du
navire qu'elle a affrété. (24 Heures 27.09.06 Scandale du Probo Koala :voici les vraies origies des déchets toxiques). Quant à Trafigura, si cette société reconnaissait sa responsabilité partielle jusqu'alors elle vient d'entamer un virage à 180 degré depuis dimanche. A présent elle déclare depuis deux jours qu'il n'y avait aucune présence d'hydrogène sulfuré dans les résidus chimiques du Probo-Koala selon les analyses effectuées par Trafigura et une équipe française (Nouvel Obs 25.09.06 La compagnie Trafigura nie la présence d'hydrogène sulfuré dans les déchets d'Abidjan). La situation se complique depuis que Greenpeace vient de bloquer le navire en Estonie pour demander une enquête européenne : "Le bateau doit être examiné, on doit vérifier s'il renferme encore des substances toxiques et il doit être bloqué jusqu'à ce que les responsabilités, dans cette catastrophe mortelle, soient établies, et les coupables traduits en justice", a déclaré Jacob Hartman, de Greenpeace, à Paldiski (Reuters 26.09.06). Quant aux autorités de l'Estonie, elles se refusent à bloquer le Probo-Koala. Affaire à suivre... |