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PRESSAFRIQUE
22.09.06 |
| A la veille de la sortie du
film "Indigènes", primé au festival de Cannes 2006, nôtre bon Président a
chargé le ministre de l'économie de se pencher sur
une rééxamination des pensions des anciens combattants des
colonies enrôlés dans les guerres de l'empire (Nouvel
obs.com
20.09.06). La chair à canon coloniale, effet positif des colonies nous
dit-on depuis notre plus tendre enfance, a servi à libérer la France
en 1944-45, à faire des guerres coloniales à Madagascar, en Indochine et
en Algérie sans oublier la grande guerre de 1914-18. Ces
tirailleurs sénégalais, marocains, algériens, tunisiens, maliens,
congolais, cambodgiens... virent leur pension cristallisée en 1959 en
guise de reconnaissance de la dette de sang contractée par la France envers
ses bons sauvages quand ils ne furent pas tout simplement fusillés comme
au Sénégal à Thiaroye en 1944. En 1959, le gouvernement français avait décidé de geler les retraites et pensions d'invalidité des anciens soldats de l'Empire colonial, tandis qu'en Grande-Bretagne pays du mépris libéraliste les anciens colonisés ayant servi l'empire britanique reçurent 10 livres sterlings pour tout dédommagement. La "Cristallisation" ne fut réexaminée en France qu'en 2001 par le Conseil d'Etat qui avait jugé la mesure contraire à la Convention Européenne des Droits de l'Homme, décision à l'origine d'une "décristallisation" de ces pensions en 2003. Le conseil d'Etat pris cette décision suite aux plaintes d'un ancien tirailleur sénégalais Amadou Diop (L'arrêt du Conseil d'Etat "Ministre de la Défense c/ M.Diop" ). A l'époque nôtre bon président et son porte-parole du ministère de la défense avaient opté pour un paiement calculé sur la base du niveau de vie du pays dans lequel vit son bénéficiaire, système engendrant de grandes inégalités dans les versements. En clair on allait payer les anciens combattants en fonction du coût de la vie dans leur pays. On nous expliquait à la télévision que de trop grandes pensions pour ces anciens combattants pourraient entraîner de criardes inégalités dans ces pays et qu'il valait mieux pour une plus grande équité l'indexer sur le coût de la vie. On nous donna l'exemple du coût du kilo de sucre pour mieux nous faire comprendre l'intérêt de cette nouvelle "décristallisation" des plus intéressantes économiquement pour l'ancienne puissance coloniale. Aujourd'hui, l'injustice est à son comble puisque les étrangers reçoivent de 3 % à 30 % de la somme versée à leurs anciens collègues français, suivant leur nationalité. « Quand la retraite du combattant s'élève à environ 430 euros par an pour un Français, elle est de 175 euros pour un Centrafricain, 85 euros pour un Malien, 57 euros pour un Algérien et 16 euros pour un Cambodgien. » (Le Point 21.09.06 « Quel prix peut avoir le sang versé ? ») Mais voilà ti pa qu'à la veille de la diffusion du film dans les grandes salles et à l'avant-veille des élections, nôtre bon président pourrait en l'état des choses si tant est que l'affaire mousse, revoir les indemnisations de ces anciens combattants de moins en moins nombreux. En attendant une éventuelle reconnaissance de notre Président, décidée en son âme et conscience, à l'adresse des manants des colonies qui se sont battus pour la grandeur de la France, on pourra toujours signer la pétition pour l'égalité des droits entre les anciens combattants coloniaux et français. Et si le miracle s'effectue de s'écrier ! - merci mon bon roi, vous êtes trop bon. Et de s'entendre répondre : - mais versez donc votre obole dans mon urne aux prochaines élections . |