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A force de
vouloir récupérer les voix frontistes en reprenant le discours
ouvertement populiste et réactionnaire du Front national, le futur
présidentiable de l'UMP a créé une dynamique de vase communicant entre la
droite traditionnelle et l'extrême droite. Les portes sont donc ouvertes
et le flux électoral peut aller dans un sens comme dans l'autre. Un jeu
dangereux car on ne distingue plus clairement la frontière entre la
politique réactionnaire de la droite dure et celle de l'extrême
droite. Tout devient de l'ordre du possible. Et une crise au sein du
gouvernement, un faux pas du locataire de la place Beauvau pourrait
voir une dynamique qui lui était favorable se retourner contre
lui pour atterir chez le Front national. Sa marge de manoeuvre est
donc très étroite même s'il dispose d'une cour médiatico-industrielle
impressionnante.
Nous avions déja signalé que Sarkozy pouvait par
son discours devenir malgré lui le cheval de troie ou le bout en train de l'extrême droite à force de
légitimer son programme et de l'avoir introduit dans l'arène
républicaine. Des ordres donnés au préfet pour leur imposer
de faire du chiffre pour reconduire les sans papiers à la frontière
jusqu'aux rafles pour chasser les sans papiers jusque dans les écoles
maternelles, de la stigmatisation de la communauté
musulmane et africaine, du programme envisagé de fichage
ethnique, de la suppression de la police de proximité pour en venir
au tout répressif jusqu'au durcissement de l'ordonnance de 1945
sur la justice des mineurs, une grande partie du
programme politique frontiste a été avalisé par Nicolas Sarkozy. Certains
élus communistes vont jusqu'à considérer que
le programme du tout répressif Sarko a pour " but de casser la
solidarité républicaine et de criminaliser la
misère". Pour autant il ne semble pas que l'opinion
publique en soit choquée outre-mesure puisque jusqu'à maintenant le
chouchou du libéralisme caracolait en tête dans les
sondages. Et l'on a toujours pas pu observer les bienfaits da sa
politique de lutte contre la délinquance puisque les statistiques ne
sont guère favorables à l'actuel ministre de l'intérieur avec une augmentation
des actes de violence gratuite. Dans ce contexte de
normalisation du programme frontiste, la multiplication des faux
pas pourrait être fatale à sarkozy et par là même envoyer Le
Pen au second tour car à n'en pas douter la bombe
Le Pen comme se plait à l'appeler
L'Express constitue un candidat sérieux pour le second tour. Les
sondages actuels peu répercutés par les médias donnent au
présidentiable du Front national entre 15 à 25
% des
intentions de vote soit jusqu'à plus de 10% de son score
dans les sondages à la même période de l'année en 2002.
Le risque est grand de voir le flux électoral drainé par Sarkozy retourner à la
source idéologique et politique dont l'actuel ministre de l'intérieur s'est pour partie inspiré.
Quant à la boulimie
médiatique de Sarko, il semble bien qu'elle l'ait amené à faire ses
premiers faux pas aux USA. En allant saluer ostensiblement
Georges Bush et les faucons américains lors de la commémoration du 11
septembre et en ayant remis en cause la politique étrangère
française, le locataire de la place Beauvau s'est attiré les
foudres de l'opposition et celles de certains membres de son parti et
du gouvernement. Selon Les Echos (14.09.06. Les
relations s'enveniment entre Villepin et Sarkozy), le ministre de
l'intérieur français aurait épinglé lors de sa visite aux states mardi
dernier : "la grandiloquence stérile" de la France pendant la
guerre d'Irak, jugeant "non convenable de mettre ses alliés dans
l'embarras". Les petites phrases ont fusé à gauche comme à
droite. D'abord à l'extrême gauche où Marie-Georges Buffet le dénomme
"le Bush français", au centre gauche où il fut qualifié par
Laurent Fabius de "zélateur de Bush", de
"pro-américain", de "futur caniche des USA" tandis
qu'Henri Emmanuelli comparait l'attitude de Sarkozy lorsqu'il va
aux USA à celle d'un caniche "qui retourne à la niche".
Ensuite à droite au sein même de son propre camp où certains membres du
gouvernement n'ont pas hésité à critiquer Sarkozy qui "parle de l'Iran
comme on parle des racailles". Celui qui semble manier
allègrement la dialectique de l'antifrance pour en viser certaines
communautés dans la droite ligne du borgne et de l'agité
du bocage pourrait voir cette rhétorique se retourner contre lui. Il
est vrai que l'on a rarement vu, sous la Vème République, un
ministre d'Etat se permettre de critiquer la politique étrangère de
son propre gouvernement et de son pays à l'étranger. Cela fait désordre et
n'a pas manqué d'inquitéter tout le microcosme politique si chèrement
attaché à l'apparente indépendance gaulliste de la politique étrangère
française vis à vis des USA. Il n'est un secret pour personne que le
brave Nicolas était favorable à l'intervention des troupes françaises en
Irak tout comme son actuel conseiller de la défense, Pierre Lelouche, très
proche des faucons américains. L'élection 2007 a donc des enjeux qui
dépassent le simple cadre national et leur portée sur l'échiquier de
la géopolitique internationale se fait déja ressentir. Jamais la
question de la politique étrangère n'avait autant été au coeur des débats
de la campagne électorale. L'arrivée du locataire de la
place Beauvau à l'Elysée entraînerait à coup sûr l'allégeance
totale de la France à la politique états-unienne et donc une modification
considérable de la dynamique européenne. Déja certains envisagent un
front Angleterre-France-Allemagne-Pologne renforçant les forces de l'OTAN
et en phase avec la politique impérialiste américaine au proche-orient. La
France jusqu'à ce jour était le dernier verrou. Si celui-ci venait à céder il
est fort à parier que l'Europe toute entière se rallierait sans
réserves par un effet de domino à la politique néolibérale
et prédatrice bushienne. Elle donnerait ainsi une
homogénéité à l'axe du bien et insufflerait de l'air frais au ballon
Bush qui est en train de se dégonfler à l'avant-veille des élections
US.
Mais en montrant aussi ouvertement son
allégeance au pouvoir Bush, le brave Nicolas joue avec le feu et
risque de perdre de sa crédibilité aux yeux des gaullistes, dont il se
réclame, attachés à l'indépendance de la France et à son rang dans le
monde dont on ne dira pas soit dit en passant qu'il s'est fait sur le dos
des Africains à coup de massacres et de pillage à bon compte (cf. La
Françafrique). Toujours est-il que cet engagement ferme envers Bush risque
de se répercuter sur les sondages en dépit de tous les efforts que font
les médias liés aux milieux d'affaires dans la mouvance libérale pour assurer
sa promotion aux yeux des Français. Les militaires quant à
eux font la fine bouche depuis que le ministre
de l'intérieur du temps où il était à l'Economie leur avait imposé des
restrictions budgétaires. Depuis, la rebelle
MAM a promis de sanctuariser le budget alloué aux militaires. En somme
le lièvre qui gesticule dans tous les sens et rayonne sur
presque tous les bons médias grands publiques hexagonaux risque de laisser
sa place sur la ligne d'arrivée du premier tour à la tortue
Le Pen.
Il
apparaît malheureusement peu probable que
le candidat "pro-américain" soit élu dans un contexte de
campagne électorale démocratique classique et paisible. Le contexte géopolitique international notamment au
proche-orient, les présumés menaces d'attentat, les communautarismes
risquent de s'inviter au débat de
manière brutale. Il est fort à craindre que l'instrumentalisation de la peur
et du terrorisme ou de sa menace s'amplifie pour
justifier de mesures répressives et d'atteinte aux libertés
individuelles et collectives voire à un accroissement du contrôle de
nos bons médias du style Patriot act à la française. Il
faut se rappeler que les violences urbaines ont bénéficié au
locataire de la
place Beauvau qui a gagné 10 points dans les sondages alors qu'il avait été
en partie à l'origine du démarrage de la crise par ses propos injurieux
adressés à certains jeunes des banlieues difficiles stigmatisés sous
les sobriquets de "racailles" qu'il faut "nettoyer
au karcher" quand il ne s'agissait pas tout simplement "d'éradiquer" comme dirait
son mentor spirituel frontiste. Rappelons nous que juste
avant le déclenchement des violences, le ministre de l'intérieur et
le premier ministre avaient eu l'outrecuidance de déclarer que les
jeunes qui étaient poursuivis et qui avaient trouvé la mort dans le transformateur
d'EDF étaient des "cambrioleurs". Ce qui s'appelle
mettre le feu aux poudres. On ose espérer qu'il n'y
aura pas d'instrumentalisation de la peur et du terrorisme à la
Georges W. Bush ou à la Tony Blair en France. Car loin d'être fédératrice cette politique peut
aussi mener au divisionnisme ethnique et se retourner contre leurs instigateurs.
Il suffit de prendre l'exemple d'un Zapatero instrumentalisant les attentats du
11.03.04 ayant eu lieu en Espagne en espérant faire
porter la culotte à l'ETA ou d'un Tony Blair qualifié de "caniche
de Bush" pour se convaincre du caractère hautement délétère de ce genre
de pratique manipulatoire. Le seul à être resté indéboulonnable avec
une telle politique est Georges W. Bush, les
autres ont du ou vont plier bagage (Berlusconi, Zapatero, Blair...). L'opinion publique ne leur
a pas pardonné leur suivisme en Irak,
ni leur tendance à l'intoxication médiatique, ni l'instrumentalisation
du terrorisme ou de sa menace pour masquer la
vacuité du programme social sacrifié sur l'autel du
néolibéralisme.
Quant à la bombe Le Pen elle n'a pas été déminée par Sarko
et l'on ne peut pas escompter sur sa disqualification du débat faute de
parrainages car cela sonnerait le glas de la démocratie
française.
L'année 2007 est l'année de tous les
dangers et de toutes les manipulations. On espère se tromper
!
A lire chez Pressafrique
:
02.10.05 The populisme
Horror Sarko show
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