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PRESSAFRIQUE
03.05.07 | |
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Tu ne perquisitioneras point
à l'Elysée Hier,
les deux juges d'instruction Fabienne Pous et Michèle Ganascia qui
enquêtaient sur le décès du juge Borrel à Djibouti impliquant des
réseaux françafricains ont voulu perquisitionné à l'Elysée. Après
avoir perquisitionné au Quai d'Orsay puis à la Chancellerie
, les deux juges s'attendaient à
pouvoir perquisitionner "la cellule africaine" du Château. Et cela
d'autant plus qu'ils avaient obtenu un mandat en bonne et due
forme. Mais, de façon incroyable,
ils n'ont même pas pu perquisitionner. Ils ont tout simplement été refoulés
du Château, une des juges auraient même
été mollestées par un gendarme. Pourquoi cette obstruction à la justice
? Les motifs avancés étaient que le Président de la République
serait couvert par une immunité empêchant toute investigation
le concernant de près ou de loin et que
la bâtisse élyséenne étant une demeure sous l'égide militaire aurait un
statut la protégeant des perquisitions émanant des juges. Faut-il croire que
l'immunité du Président s'est transmise subitement, par on
ne sait quel miracle ubuesque, à l'ensemble des murs du Palais ? Les
juges ont touché une zone sensible de l'enquête. La réaction de l'Elysée refusant
toute perquisition dans "la cellule africaine" de l'Elysée semble
montrer que l'on ne se tient pas très tranquille à la Présidence. Or
cette disposition entravant toute procédure de perquisition dans
l'enceinte du Château semble confirmer que nous ne sommes pas
en démocratie et que la loi de l'omerta trouve sa raison d'être dans la protection
des méthodes françafricaines. Si des juges n'ont pas même le
droit de perquisitionner dans le palais de Nôtre bon Président, comment peut-on penser
que des journalistes, à moins d'être inconscients, puissent enquêter sereinement
sur les affaires françafricaines ? L'Elysée est il un
Etat dans l'Etat français ? L'Elysée est il hors-la-loi ? Quant
aux parlementaires français, ils n'ont pas le droit au chapitre en matière
de politique étrangère et d'exécutif depuis l'avènement de la Vème République.
Plus inquiétant, un présidentiable aurait même dans l'idée de
renforcer les pouvoirs présidentiels au détriment du premier
ministre. Sommes-nous dans une République bananière ?
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