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POLEMIQUE AUTOUR DU PRIX FRANCE TELEVISIONS ET DU LIVRE DE SERGE BILE |
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REPONSE DE SERGE BILE A L'ARTICLE DU MONDE
Autre lien pour accéder aux deux articles (Collectif DOM) Réponse de Serge Bilé : "J'ai lu avec intérêt les critiques que vous avez publiées dans Le Monde, daté du Dimanche 20 - Lundi 21 Mars 2005, sur mon livre Noirs dans les camps nazis. Je constate que vous avez écrit à trois mains pour en traquer les moindres erreurs, c'est dire l'importance que revêt implicitement à vos yeux cet ouvrage dont vous cherchez, par des raccourcis tendancieux, à minimiser, en vain, la portée. Je n'ai pas la prétention d'être un historien. Je ne suis qu'un modeste journaliste, attaché à une écriture simple, claire et précise, susceptible d'être comprise par tous. Un journaliste qui n'a, d'ailleurs, pour seule ambition que de rappeler, justement, aux grands historiens que vous êtes, qu'ils ont « étrangement » oublié de mentionner, au cours de ces soixante dernières années, que des Noirs ont été, eux aussi, déportés dans les camps de concentration ! Vous dites que mon ouvrage fait une large place au génocide des Hereros, aux crimes coloniaux et aux violences nazies, et n'aborde la question des Noirs dans les camps nazis que dans son dernier tiers. C'est oublier que le drame vécu par les Noirs, dans ces camps de concentration, a une histoire bien différente de celle des juifs. Il importait donc d'en retracer la chronologie en rappelant le précédent namibien et tout ce qui s'est passé ensuite jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Vous savez pertinemment, comme moi, que les horreurs infligées aux Noirs, tout au long de l'Histoire, ont participé à ce qu'il est convenu d'appeler la « banalisation du mal ». D'ailleurs, l'un d'entre vous, en l'occurrence Joël Kotek, a lui-même écrit, en conclusion d'un article fort instructif sur le génocide des Hereros, consultable sur internet ( http://www.lautresite.com/new/edition/explo/hereros ), cette phrase qui rejoint pleinement ma démarche : « La Shoah, c'est l'enseignement qui pourrait être tiré des lignes qui précèdent, semble s'expliquer autant par une tradition antisémite proprement européenne que par l'expérience corruptrice née du colonialisme. En renforçant le mythe de la supériorité de l'Homme blanc et, par là, légitimé l'usage de la violence extrême contre tout ce qui n'était pas lui, l'expérience coloniale a préparé les pires catastrophes du XXème siècle. La brousse annonce les horreurs de la Guerre de 14-18 et du génocide nazi. » Vous dites encore, à propos justement des Hereros, que j'affirme que l'expression « camp de concentration » a été créée en Namibie, alors qu'elle existait, déjà, à Cuba, six ans plus tôt. Mais ce n'est pas ce que j'ai écrit ! J'ai écrit, précisément, que le terme, en allemand, « Konzentrationslager » a été utilisé, pour la première fois, dans un télégramme de la chancellerie daté du 14 janvier 1905. Et, naturellement, pour ceux qui ne comprennent pas l'allemand, j'ai donné la traduction de ce terme, à savoir . camp de concentration. Vous dites que les Hereros ne furent pas tatoués, mais seulement obligés de porter autour du cou un collier immatriculé. Etonnant, quand on sait que vous même, Joël Kotek, vous avez, dans ce fameux article sur les Hereros, paru sur internet, écrit ceci : « Dorénavant, tout Herero qui se rend aux autorités ne doit plus être abattu mais considéré comme astreint aux travaux forcés. Il sera marqué des lettres GH pour "Herero capturé" (gefangene Herero) ». Vous me faîtes également dire que Heinrich Goering était encore gouverneur de la colonie lors du génocide des Hereros. C'est absolument faux ! J'ai écrit que Heinrich Goering a été le premier gouverneur de la Namibie en 1884, qu'il a démarré la répression mais que le massacre en lui-même des Hereros a été conduit, vingt ans plus tard, par le général Lothar von Trotha. Mieux, je souligne, plus loin, au chapitre « Neg Doubout » consacré à Haïti, que Heinrich Goering, qui « avait » précédemment « servi et surtout sévi en Namibie, est consul d'Allemagne à Port-au-Prince » en. 1890. Si avec ça, vous n'avez pas compris qu'il n'était plus là, au moment du génocide, c'est à désespérer ! Vous dites, par ailleurs, que le chapitre sur le « kapo noir » d'Auschwitz, parle peu de ce dernier, au profit de généralités sur le fonctionnement du camp et la révolte du Sonderkommando. C'est oublier, une fois de plus, que ce livre s'adresse à un grand public et que certains lecteurs ne sont pas vraiment au fait de l'histoire des camps de concentration. Beaucoup d'entre eux m'écrivent et m'avouent, sincèrement, que c'est la première fois, parce qu'ils se sentent directement concernés, en tant que Noir, qu'ils achètent un livre sur ce thème. Je m'honore d'avoir fait, à leur intention, ce qu'on appelle de la pédagogie. Vous me reprochez, dans ce même chapitre, d'avoir rédigé, à la première personne, le témoignage d'un rescapé d'Auschwitz sur ce fameux « kapo noir », alors que j'indique, moi-même, en fin d'ouvrage que ces propos m'ont été confiés par le fils de ce déporté. Ce fils, Alain Kahn a, en fait, écrit, il y a quelques années, un livre où il raconte, à la première personne, la déportation de son père, à partir de conversations précises qu'il a eues avec lui. J'ai trouvé le procédé original et j'ai demandé à Alain Kahn le droit de reproduire, de la même façon, ces extraits, qu'il a enrichis à partir de ses notes et souvenirs. Vous dites, enfin, que les lois de Nuremberg visaient exclusivement les juifs. Mais c'est inexact, puisque, comme vous le savez, il y avait plusieurs textes et que ce sont, en fait, les décrets d'application qu'il faut prendre en compte. Tenez, par exemple, la loi sur la citoyenneté du Reich, qui protège le sang et l'honneur allemand et qui interdit les mariages mixtes. L'additif à cette loi, du 26 novembre 1935, stipule que « ces personnes devront aussi prouver leur origine allemande, soit par un acte de naissance, soit par un acte de mariage des parents, ou tout autre document. Cela s'applique particulièrement à ceux qui, même s'ils sont allemands, ont à l'évidence, une fraction de sang étranger, comme par exemple du sang nègre, même si cela n'est pas mentionné dans leurs papiers. C'est le cas, en l'occurrence, des bâtards nègres du temps de l'occupation de la Rhénanie ». (1) Dois-je, par ailleurs, vous rappeler ce que vous connaissez déjà, à savoir que même si les Noirs n'avaient pas d'étoile dans les camps, ils n'étaient pas moins pour Hitler et les nazis que de vulgaires « animaux », comme l'a, si justement, indiqué, sur toutes les chaînes de télévision, le rescapé franco-ivoirien, John William, en parlant de sa propre expérience, au camp de Neuengamme, où il se trouvait. Il y a, cependant, dans les remarques que vous me faîtes, une erreur que je me dois de vous concéder. Il s'agit, en fait, d'une erreur. typographique : Rudolf Hoess au lieu de Rudolf Hess. Vous me permettrez, en retour, de vous indiquer, qu'il n'est écrit nulle part, dans mon livre, que les nazis avaient un plan de déportation pour les Noirs d'Europe. Inutile donc de le laisser croire ! Vous me permettrez, également, de m'étonner du titre même, à l'emporte-pièce, de votre tribune : les nazis n'ont pas déporté les Noirs. Titre, pour le moins, tendancieux, puisque, vous finissez par reconnaître, vous-même, plus loin, qu'« il y eut bien des Noirs dans les camps nazis ». Or, pour autant que je sache, c'est bien par le mot « déporté », qu'on qualifie aujourd'hui toute personne, quelle qu'elle soit, qui a été envoyée dans ces camps ? Je n'avais jamais pensé, en rappelant que des Noirs avaient été déportés dans les camps de concentration, que cela déclencherait une telle charge ! Je n'avais pas imaginé que ce travail, entrepris il y a dix ans, allait devenir objet de polémique. Lorsque j'ai réalisé en 1995 un documentaire sur le même sujet, je n'ai essuyé aucune critique. Et dire que ma seule intention était de redonner à ces hommes et ces femmes, depuis trop longtemps oubliés, leur juste place, si minime soit-elle, dans cette tragédie ! Enfin, puisque vous évoquez, aussi, l'esclavage, en pointant habilement la traite « orientale » pour dédouaner un peu plus la traite occidentale, comme c'est la mode en ce moment, que devrais-je dire, moi qui suis Français et noir, lorsque je vois qu'on organise, ici et là, des débats sur ce thème, sans que ne soit convié aucun historien antillais ou africain ? Non, il faut en finir avec cette désastreuse « concurrence des victimes ». L'esclavage n'appartient pas aux Noirs, pas plus que la Shoah aux juifs, ou le génocide de 1915 aux Arméniens. Nous sommes tous, de près ou de loin, dépositaires de ces crimes contre l'Humanité ! Je crois, sincèrement, qu'on ne pourra vivre, ensemble, réconciliés, demain, que si chacun d'entre nous, se sent concerné par la mémoire et l'histoire de l'autre. Il nous faut, plus que jamais, faire de toutes ces fraternités de douleur, une fraternité de couleur." Serge Bilé (1) Theodor Michaël, dans le documentaire Noirs dans les camps nazis (1995). |
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PRESSAFRIQUE 20.03.05
Ajout du
20.03.05 : La polémique autour du livre "Noirs dans les camps nazis" ne
fait que débuter. Un article publié dans Le Monde conteste que les Noirs
aient été déportés dans les camps nazis en raison de leurs
caractéristiques mélanodermiques. Cet article a été publié dans Le Monde
du 20.03.05 par une équipe d'historiens : Joël Kotek, Tal
Brutman et Odile Morisseau
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PRESSAFRIQUE
19.03.05
Cette intervention, qui par certains aspects détournés ressemble à de la censure, est pour le moins étonnante concernant un livre qui faisait état des brimades et crimes subis par les Noirs durant la seconde guerre mondiale et durant la colonisation. Il est somme toute assez sidérant de constater qu'un auteur évoquant les crimes contre l'humanité et les mauvais traitements subis par les Noirs se voit gentiment éconduit au prétexte semble-t-il falacieux qu'il y aurait des erreurs de date et que le livre nécessiterait d'être validé par un collège d'historiens allemands. Toute proportion gardée, fallait-il qu'un essai de Primo Lévi soit validé par les historiens allemands avant de recevoir un prix honorifique? Pourquoi avoir accepté que celui-ci concoure pour le prix s'il y avait des doutes historiques sur les faits rapportés? Certes " Noirs dans les camps nazis" évoquait de manière lapidaire la déportation et les crimes subis par les Noirs durant la seconde guerre mondiale mais aussi d'autres sujets tels que l'amnésie républicaine [3] à l'égard des tirailleurs sénégalais qui ont libéré la France (50% des FFL étaient d'origine africaine), le massacre de Thiaroye [4] et le génocide des Hereros . En aucun cas, le sort des Noirs dans les camps nazis durant la seconde guerre mondiale ne fut comparable à celui des Juifs. L'auteur, Sergé Bilé, s'étant bien gardé de faire toute forme de comparaison déplacée, il n'a fait que recueillir les témoignages de Noirs déportés dans les camps. On y apprend que les fameuses lois de Nuremberg réprimant les "non-aryens" dès 1935, ne visaient pas que les Juifs mais concernaient aussi les Noirs installés à l'époque en Allemagne. C'est sans doute sur l'estimation du nombre de victimes noires que les responsables du prix France Télévisions ont du ergoter. Serge Bilé estimant de 10.00 à 30.000 le nombre de Noirs déportés dans les camps nazis. Cependant ce livre avait le mérite de montrer une certaine continuité idéologique de la pensée occidentale colonialiste dans ses mythologies anthropologiques, politiques et scientifiques du début du siècle (eugéniste, raciale...) sur l'infériorité des Noirs et les mythologies aryennes des nazies sur l'infériorité des Juifs durant la seconde guerre mondiale [5]. A ce titre le génocide des Herero fut la matrice de la shoah selon Tristan Mendès-France [6]: premiers camps de concentration, recours à la solution finale et expérimentation médicale sur les rescapés Herero considérés comme des êtres inférieurs par les troupes coloniales allemandes de 1904 à 1907. L'idéologie coloniale contient en elle le ferment de l'idéologie exterminatrice et de l'idéologie aryenne (cf. des non-Blancs aux non-Aryens, à lire dans livres à lire ), on ne le répètera jamais assez. Nous sommes choqués de l'éthique à deux vitesses de France Télévision concernant ce fameux prix. Nous avions déja crié au scandale quand le livre de Stephen Smith "Négrologie"[7] avait reçu le prix de la chaîne l'année dernière. On nous rétorquait à l'époque qu'il s'agissait du prix des télespectateurs. En dépit de la teneur de certains propos très méprisants de l'auteur à l'égard des peuples africains, les responsables du prix n'étaient pas intervenus entre les tours de vote du jury de télespectateurs pour évoquer le caractère tendancieux de certains propos, pas plus qu'ils n'avaient demandé validation par des historiens sur la façon dont Stephen Smith falsifiait la réalité africaine pour exempter l'Occident et la France de toute responsabilité dans le sort actuel de l'Afrique, dans la droite ligne de la pensée absolutrice d'un Pascal Brückner dans son livre "le sanglot de l'homme blanc". En comparant la manière de procéder des responsables du prix littéraire entre 2004 et 2005 on peut parler de pratique discriminatoire au sens où elle tend à opérer un traitement différent d'un individu par rapport à un autre sans aucunes justifications pertinentes. Le livre de Serge Bilé constituant à bien des égards une anti-Négrologie. En portant au pinacle le livre de Stephen Smith en 2004, faut-il penser que la chaîne a fait sienne les propos de l'auteur où l'idéologie de comparaison et de hiérarchisation des cultures revient de manière rémanente? Idéologie fondée sur une véritable régression mentale digne de l'anthropologie physico-raciale du début du siècle et tendant à falsifier la réalité en la plaçant hors contexte géopolitique. Nous en citons quelques extraits * : "...Le clash des civilisations, celle des Africains étant d'un niveau matériel nettement inférieur,..." (p.32-33) "L'échec collectif des Africains est en effet indéniable : depuis une génération, l'Afrique au sud du Sahara est la seule partie du monde qui ait reculé dans sa marche vers le mieux-être, quelle qu'en soit la définiton." (p.48) " Si six millions d'Israëliens pouvaient, par un échange standard démographique,prendre la place des Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et uneMésopopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entrer Logone et le Chari. Qu'est ce à dire ? Que « les » Africains sont des incapables pauvres d'esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement[.]" (p.49) "Enfin, sur un continent qui n'a inventé ni la roue, ni la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec leurs "homologues" africains, ils ont eu le malheur d'évoquer le "retard" de l'Afrique?" (p.25) Faut-il voir dans cette collusion idéologique une explication de la sous-représentation des minorités françaises dites "visibles" sur cette chaîne et plus généralement dans les médias compte tenu de l'idéologie ambiante d'infériorité des cultures africaines sur les occidentales? Ou bien s'agit-il de la posture de mépris et d'ingratitude salutaire pour éviter l'effondrement moral et le retour d'un sentiment de culpabilité face à la "dette imprescriptible" de l'Occident et notamment de la France à l'égard de ses "anciennes" colonies et de ses aires d'influence néocoloniale (du Biafra, au Rwanda en passant par l'Algérie, le Cameroun , la Centrafrique , le Tchad et le Congo-Brazzaville)? Les responsables du prix France-Télévision ne s'étaient pas non plus donnés la peine à l'époque de vérifier si les faits, les chiffres, les dates rapportés par le "Négrologue" de service étaient exacts. Ainsi Stephen Smith prétend que : "Les 3,3 millions de morts au Congo-Kinshasa viennent après quelque 800 000 suppliciés à la machette, lors du génocide au Rwanda en 1994 ; après 200 00 Hutu qui ont trouvé la mort, entre octobre 1996 et mai 1997, dans la jungle de l'ex-Zaïre...". (p.24) Or les chiffres de l'ONU concernant les victimes Hutu durant cette période varient entre 30.000 et 60.000. Ce chiffre de 200 000 morts hutus, le journaliste Stephen Smith l'avait déja repris dans un article de Libération du 11.03.2000 [8] sans citer de sources. De plus, dans Négrologie la plupart des chiffres avancés le sont sans aucun référencement, comme travail approximatif aux conclusions hâtives on ne peut faire mieux. Faut-il y voir une façon très spéciale de revisiter l'histoire? Elle n'est pas sans évoquer les propos d'un ministre des affaires étrangères parlant sur RFI "des génocides au Rwanda". Propos qui avaient susciter en son temps les hydres d'un journaliste du Figaro, auréolé du prix Albert-Londres, dans une réponse sous la forme d'un livre intitulé " L'Inavouable" [9]. Qui plus est le Négrologue patenté de la Françafrique prend bien soin de masquer dans son "mythe éthiologique " d'une "Afrique à l'agonie" les responsabilités de premier ordre de la France dans la crise de la région des grands Lacs. Faut-il rappeler aux responsables de la chaîne que sans la France le génocide au Rwanda n'aurait pas eu lieu tout simplement parce que sans l'appui logistique français le régime Habyarimana (qui avait théorisé et allait perpétrer le génocide) n'aurait pas tenu face à l'opposition démocratique (laminée par la Françafrique) ou face à la menace représentée par l'armée des exilés rwandais (FPR) comme le stipule la Mission d'information parlementaire française** sur le rôle de la France dans le génocide au Rwanda ? Faut-il aussi rappeler que sans l'opération militaro-humanitaire Turquoise il n'y aurait pas eu de guerre civile en RDC tout simplement parce que l'objectif, selon la Mission d'Information Parlementaire[10], n'était pas d'arrêter le génocide mais de protéger les génocidaires dans un "Hutuland" pour préserver leur capacité de négociation à la fin du génocide***? De fait les génocidaires seront exfiltrés vers l'ex-zaïre par l'armée française créant ainsi un facteur de déstabilisation énorme dans la région. Visiblement le prix France-Télévision applique le tarif discriminatoire du deux poids deux mesures en fonction de paramètres plus que discutables. A vrai dire on a laissé couronner, sans trop y regarder de près, un livre tenant des propos méprisants à l'égard des peuples africains et qui par certains aspects (notamment sur le génocide au Rwanda) adopte une posture négationniste quant aux responsabiliés françaises dans ce génocide, plutôt qu'un livre mettant en lumière le statut victimaire des peuples noirs pouvant susciter la compassion au sein de la société française et dans une certaine mesure une sensibilisation du public à la souffrance des peuples afro-antillais encore victimes de nombreuses discriminations dans notre société. 1. Serge Bilé. Noirs dans les camps nazis . Edition du Serpents à plume. |