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PRESSAFRIQUE
20.05.06 Le Sarko tour en Afrique - Sarko veut rompre avec la
Françafrique
"la France n'a pas économiquement besoin de
l'Afrique". La salle réagit avec hostilité.
"Attendez, attendez", tempère Sarkozy. "Les relations entre
la France et l'Afrique ne sont pas conditionnées par des intérêts
économiques. Ceux qui pensent cela commettent une grave erreur. C'était
vrai du temps de la colonisation. Ce n'est plus vrai du temps de la
démocratie" AFP 19.05.06 Débat très houleux entre Sarkozy et des Maliens à
Bamako
Le voyage du ministre de l'intérieur de la France
en Afrique est à présent terminé et le moins que l'on puisse dire
c'est que ce ne fut pas un grand succès et qu'il suscita la controverse et
les remous. Le locataire de la place Beauvau et futur présidentiable y
était allé pour faire valoir sa loi controversée sur l'immigration
"choisie". Son voyage fut considéré comme une provocation par bon
nombre d'Africains. Au Mali, le ministre fut soigneusement
protégé des manifestations qui eurent lieu pour dénoncer sa politique
d'immigration. Aussi bien au Mali qu'au Bénin il fut accueilli avec des
noms d'oiseaux par des dizaines à des centaines de manifestants criant
"Sarkozy raciste", "Sarkozy xénophobe" et autres propos
désobligeants. Quant aux journaux maliens, ils reflétaient ce
climat d'hostilité. Le Républicain titrait «Colère à Bamako»,
Info-matin «La fracture», un autre quotidien évoquait un Sarkozy
«détesté sous nos cieux» : «Les Maliens ne peuvent pas entrer en France
comme ils veulent mais Sarkozy, lui, vient comme cela lui chante, même si
nous ne voulons pas [de sa présence] » (LIBERATION 19.05.06 Au Mali, Sarkozy n'est pas un hôte de choix)
. Tandis que le locataire de la place Beauvau échangea de vifs
propos dans un hôtel à Bamako avec l'assistance. Des propos
qui semblaient plus montrer que Sarkozy s'adressait à ses électeurs
français potentiels qu'aux Maliens (AFP 19.05.06 Débat très houleux entre Sarkozy et des Maliens à
Bamako). Une vingtaine de députés maliens ont évoqué la visite du
ministre dans leur pays comme une provocation ce que n'a pas désavoué
le président malien ATT sur RFI (le 20.05.06 ) expliquant qu'il comprenait
leur ressentiment et qu'il s'inquiétait suite au vote de cette loi du
devenir des Africains en France notamment quant à la régularisation
de leur situation. La visite de Sarkozy au Bénin, un autre pays
démocratique d'Afrique francophone, a suscité autant si ce n'est plus de
remous. Des centaines d'étudiants béninois l'ont attendu de pied ferme à
l'aéroport de Cotonou avec des banderolles particulièrement acides :
"Les étudiants du Bénin condamnent la loi Sarkozy comme raciste et
néo-esclavagiste", "Sarko verbiage creux, raciste, va-t-en"
(AP 19.05.06 Manifestation
contre Sarkozy à Cotonou). Quant au conseiller du nouveau
président du Bénin, il vient d'adresser une lettre ouverte à Sarkozy dans laquelle il dénonce la loi sur «l'immigration
choisie» qui, selon lui, stigmatise les immigrés d'origine africaine en
France. Pour Albert Tévoedjré , cette loi est une loi inique et
raciste : "Voulez-vous dire que cette loi aurait
une connotation raciale, voire raciste? Absolument.
Elle suggère que le maçon noir ne peut pas s'intégrer aussi bien que le
plombier polonais. C'est inacceptable. On veut éliminer l'immigration
africaine. Car sinon pourquoi la loi ne s'appliquerait-elle pas aux
immigrés polonais?" (LIBERATION 19.05.06 «On veut éliminer l'immigration africaine»). Après 350
ans de traite négrière, 100 ans de colonisation et cinquante
ans de néocolonisation avec son lot de crimes contre l'humanité, l'Afrique
n'a droit de la part de l'ancienne puissance coloniale qu'au mépris
et à l'ingratitude. Après le pillage des ressources économiques voici
le temps de l'accélération du pillage de la matière grise. L'arrière-cour
des pays d'Afrique francophone, encore sous une tutelle qui ne
dit pas son nom, qui sert de promontoir à la France au niveau international
notamment à l'ONU est sans doute une quantité négligeable. Sans
l'Afrique la France redeviendrait une puissance très moyenne tant sur
le plan international qu'économique. Quant aux tirailleurs sénégalais qui
ont servi de chair à canon en 14-18, en 40-45 constituant
jusqu'à 40 à 60% des bataillons des forces françaises libre,
ils n'ont droit qu'au mépris et à l'ingratitude. D'ailleurs ils
reçoivent ou ont reçus des pensions nettement inférieures à
celles de leurs comparses de France. Mais il est vrai que si
Nicolas Sarkozy considère que la colonisation fut conditionnée par une
sorte de prédation économique ce ne serait plus le cas actuellement :
"Les relations entre
la France et l'Afrique ne sont pas conditionnées par des intérêts
économiques. Ceux qui pensent cela commettent une grave erreur. C'était
vrai du temps de la colonisation. Ce n'est plus vrai du temps de la
démocratie". Il est vrai que Elf-Total, Bouygues, Bolloré, Vivendi
ont toujours fait jouer la loi du marché dans le pré-carré français et ne
se sont jamais appuyés sur les dictateurs à la solde
de l'ancienne
puissance coloniale. Le néocolonialisme et son discours de
légitimation raciste à l'échelle de la Culture n'existent
pas, nous sommes entrés de plein pied dans l'ère du postcolonialisme
c'est bien connu. D'ailleurs il n'est pas bon d'écouter ceux qui
exonèrent les Africains de toute responsabilité sur le non développement
de l'Afrique. Comme de bien entendu les Africains sont les seuls
responsables de leur malheur. Quand la France porte au
pouvoir un criminel contre l'humanité au Tchad puis le maintien à son
poste contre vents et marées ce n'est bien sûr que pour assurer la
stabilité du pays et parce que les Africains sont incapables de pouvoir
s'entendre pour des raisons ethniques qui leur sont intrinsèques. Un peu
comme au Rwanda, en RDC, au
Congo, au Togo...?
Sarko veut rompre avec la
Françafrique Sarkozy lors de son tour en Afrique en tant que
futur présidentiable a promis de mettre un terme à la Françafrique. Une
rhétorique qui néanmoins n'abuse personne. Car si il est vrai que le
locataire de la place Beauvau ne souhaite pas être vu en compagnie des
criminels françafricains notoires il envoie souvent ses bras
droits le représenter. Néanmoins son tour dans des pays de l'Afrique
francophone démocratique (Mali, Bénin,...) peut être perçu par certains
comme un geste fort. Il aurait très bien pu se rendre dans
une dépendance néocoloniale françafricaine (Togo, Congo, Burkina Faso, Tchad, Gabon, Cameroun..) avec toute une cour d'hommes politiques locaux
pour encenser sa loi anti-immigration et une opinion publique terriblement
muselée. Certes le ministre de l'intérieur fait tout pour se
démarquer de la politique criminogène de Jacques Chirac et de ses réseaux
notamment au Congo, au Togo, mais il ne peut faire l'impasse sur l'héritage
Pasqua et ses réseaux (LIBERATION 18.05.06 Les
réseaux Pasqua en service discret) ni sur sa proximité avec les
patrons des grandes multinationales qui ont pris racine en Françafrique
notamment Bouygues et autres. Il est probable que le ministre de
l'intérieur veuille rompre avec les pratiques antidémocratiques de son
chef en Afrique qui considère certains criminels contre l'humanité en
Afrique comme ses "amis personnels" mais il est aussi fort probable qu'il
s'en serve comme un enjeu électoral pour enfoncer un peu plus celui qui
fut jadis son idole.
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AP
19.05.06 Sarkozy prône la rupture avec la
"Françafrique" " Dans une critique en règle de la politique africaine de
Jacques Chirac, il a
prononcé un vibrant plaidoyer en faveur de la démocratisation du
continent.
"Il nous faut construire une
relation nouvelle, assainie, décomplexée, équilibrée, débarrassée
des scories du passé et de ses obsolescences", a lancé le
ministre de l'Intérieur et candidat quasi-déclaré à la
présidentielle dans ce discours-programme devant la classe politique
béninoise. Désireux de rompre définitivement avec la
"Françafrique", Nicolas Sarkozy a notamment appelé de ses voeux
"une relation plus transparente" entre la France et ses
anciennes colonies pour "tourner la page des complaisances, des
officines, des secrets et des ambiguïtés".
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Commentaires : Paroles et paroles et
paroles, toujours des mots encore des mots les mêmes mots ? A noter que ce serait bien la première fois qu'un candidat à
l'élection présidentielle oserait aborder ouvertement le sujet de la
Françafrique dans le cadre de sa campagne.
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AP
19.05.06 Sarkozy prône la rupture avec la
"Françafrique" " Il nous faut débarrasser notre relation des réseaux d'un
autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que
celui qu'ils s'inventent", a-t-il dit dans une allusion aux réseaux
de Jacques Foccart, le "M. Afrique" du général de Gaulle, en
activité jusqu'au début du premier mandat de Jacques Chirac."
Prenant ses distances avec la "personnalisation" des relations
franco-africaines, il a prôné un "dialogue franc et objectif" et
"sur un pied d'égalité, entre partenaires responsables". Une
critique implicite des relations personnelles nouées par Jacques
Chirac avec plusieurs présidents africains, comme le Gabonais Omar
Bongo. Nicolas Sarkozy a cependant prévenu qu'il refusera de
"transiger" sur les valeurs démocratiques. "Ces principes ne
s'arrêtent pas aux portes de votre continent", a remarqué le
ministre de l'Intérieur dans une autre critique de Jacques Chirac.
Avant d'être élu à l'Elysée, celui qui était alors président du RPR
avait laissé entendre au début des années 90 que les Africains
n'étaient pas mûrs pour la
démocratie |
Commentaires : Il
est vrai que les réseaux françafricains du sieur Pasqua (issu du même
SAC foccarto-gaulliste) dont Sarkozy est
l'héritier, sont exemptes de tout reproche. Un bon
point tout de même pour la dénonce du culturalisme chiraquien méprisant à
l'égard des Africains et dont on connaît les dégâts sur les mentalités
françaises. Mais si c'est pour leur pondre une loi entraînant le pillage
des cerveaux après avoir exploité à bon compte les richesses
naturelles des pays du pré-carré africain à quoi bon ?
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AP
19.05.06 Sarkozy prône la rupture avec la
"Françafrique" "Prenant ses distances avec la "personnalisation" des
relations franco-africaines, il a prôné un "dialogue franc et
objectif" et "sur un pied d'égalité, entre partenaires
responsables". Une critique implicite des relations personnelles
nouées par Jacques Chirac avec plusieurs présidents africains, comme
le Gabonais Omar Bongo. Nicolas Sarkozy a cependant prévenu qu'il
refusera de "transiger" sur les valeurs démocratiques. "Ces
principes ne s'arrêtent pas aux portes de votre continent", a
remarqué le ministre de l'Intérieur dans une autre critique de
Jacques Chirac. Avant d'être élu à l'Elysée, celui qui était alors
président du RPR avait laissé entendre au début des années 90 que
les Africains n'étaient pas mûrs pour la
démocratie..." |
Commentaires
: A voir, à voir, à
voir, on sait comment a fini la méthode Mitterrand, l'ancien ministre des
colonies. Cela a commencé à la Baule et cela a fini au
Rwanda. Réserve de rigueur donc...
Commentaires : En clair, les
choses ne sont pas prêtes de changer.
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21.05.06 |