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PRESSAFRIQUE
22.09.06 | |||
Ce n'est un secret
pour personne Sassou le dictateur est revenu au pouvoir en 1997 à l'issu
d'une guerre civile terrible sponsorisée par les 3 E (Elysée, Etat-Major et
Elf) ayant fait des dizaines de milliers de morts.
Pour cause de pétrole le gouvernement démocratique fut balayé par une guerre civile et on assista à la venue au pouvoir d'un dictateur criminel devant l'Humanité devenu l'ami de notre bon Président. A un tel point que ce dernier n'hésite pas pour protéger son poulain à soustraire devant la justice française les présumés criminels de la clique à Sasou III. Ce fut le cas de Jean-François Ndengué qui protégé par son mentor françafricain échappa à la justice française pour retourner tranquillement dans son pays. Qui a parlé d'indépendance de la justice française en matière de Françafrique ? Tout cela sent malheureusement une furieuse odeur de pétrole. Et les magouilles, la mauvaise gouvernance, la corruption semblent le lot quotidien des amis dictateurs du président. Ainsi Brice Mackosso et Christian Mounzeo membres de la coalition internationale «Publiez ce que vous payez» interviewés sur RFI ont dénoncé à la suite d'un célèbre cabinet d'audit, la disparition de 234 millions de dollars sur les comptes congolais entre 2003 et 2004. Peu importe la corruption et la mauvaise gouvernance, nôtre bon président décidait avec sa générosité qui nous va droit au portefeuille d'annuler unilatéralement 780 millions d'euros de dette congolaise le 09.07.06. Selon Le Canard , dans les jours qui suivirent une exploitation de gisement pétrolier aurait été attribuée à Soco International apartenant à un autre grand ami de notre bon président.
Mwinda évoque même le soutien du gouvernement français au criminel congolais ( 21.01.06 ; Les devoirs de l'amitié française ), « le Premier Ministre français, De Villepin a passé jeudi dernier une demi-heure avec le Président congolais. Il a promis à ce dernier l'assistance d'un haut fonctionnaire français dans ses négociations avec le FMI qui vont s'annoncer rudes sur les secrets du pétrole ! ». Mieux dans le même intervalle, les amis du Président soutenaient la candidature de Sassou III à la tête de la présidence de l'Union africaine qu'il occuppe actuellement. Encore plus fort, on a appris selon Le Canard, que le pétrole du peuple congolais est vendu en cachette clandestinement par les services du néogouverneur dans la plus grande opacité dans une officine parisienne.
Avec cet éclairage, on saisit mieux la portée des déclarations du ministre français de la Coopération suite à la volonté du directeur de la Banque mondiale de subordinner l'aide aux pays en développement aux pratiques de bonne gouvernance : « la suppression d'un financement de la banque sur l'unique base de la corruption d'un Etat aurait été désastreuse pour la population du pays. Le comité de développement a donc rappelé que la lutte contre la corruption n'est qu'un des aspects de la politique de la banque. On ne peut pas résumer son action à la seule mise en oeuvre de la bonne gouvernance des Etats et à la lutte contre la corruption. Sa mission principale est d'abord de réduire la pauvreté.» (Les Echos 19.09.06 Banque mondiale : la stratégie anticorruption de Wolfowitz recadrée). La Françafrique, c'est un système. Sassou III pourra donc recevoir, à l'instar de ses confrères néogouverneurs françafricains , toutes les finances que nôtre bon président décidera. Il faut voir ce geste du généreux donateur comme un investissement pour nos bonnes multinationales. Quant au peuple Congolais dont les deux tiers sont sous le seuil de pauvreté, qui a subi une guerre civile d'une violence inouïe (supérieure à celle de la Yougoslavie en nombre de morts) il aura la bienséance de la fermer afin que notre bon Président puisse faire ses tirades humanistes à la tribune de l'ONU dont lui seul a le secret et la duplicité : « Il est temps que l'Afrique, cet immense continent, riche de ses peuples et de sa vibrante jeunesse, engagé sur la voie de la croissance et des réformes, trouve enfin un destin digne d'elle » (Signé Nôtre bon Président à la tribune de l'ONU le 19.09.06). A en regarder les actes et la politique françafricaine du Président, on n'ose à peine penser à quel destin notre bon président destine l'Afrique et les Africains. Et on préférera ne pas être là ce jour là. A lire : |